Sur les articles de foi et les sacrements de l’Église · Saint Thomas d'Aquin
Chapitre III : Des articles de foi
Mais, pour ce qui est des autres quatre articles touchant la divinité, ils appartiennent aux effets de la puissance divine, et le premier d’entre eux, qui est le troisième article de foi, appartient à la création des choses dans l’être de leur nature, selon ces paroles : « Il a dit, et elles ont été faites. » Démocrite et Epicure furent les premiers qui errèrent sur cet article, posant en principe que ni la matière du monde, ni son organisation ne sont l’œuvre de Dieu, mais qu’il est l’effet du hasard, créé par le concours de corps invisibles qu’ils estimant être le principe de toutes choses. Il est dit contre eux, au Psaume XXXII : « Les deux ont été affermis par la parole de Dieu, » c’est-à-dire, suivant la raison éternelle, et non par l’effet du hasard.
La deuxième, c’est celle de Platon et d’Anaxagore, qui posèrent en principe que le monde est l’œuvre de Dieu, mais qu’il a été fait avec une matière antérieure. Il est écrit contre eux, Psaume CXLVIII : « Il a commandé, et toutes choses ont été créées, » c’est-à-dire qu’elles ont été faites de rien.
La troisième, c’est celle d’Aristote, qui a dit que le monde n'est pas l’œuvre de Dieu, mais qu’il a été dès l’éternité. Il est écrit contre lui et ses partisans au livre de la Genèse, ch. I : « Au commencement Dieu créa le ciel et la terre. »
La quatrième est celle des Manichéens, qui avancèrent que Dieu est le créateur des choses invisibles, mais que le diable est l’auteur de celles qui sont visibles. Il est écrit contre eux dans l’Epître aux Hébreux, ch. XI : « Nous comprenons, par la foi, que les siècles ont été disposés par le Verbe de Dieu, afin que d’invisibles ils devinssent visibles. »
La cinquième est celle de Simon le Magicien et de Ménandre, son disciple, et de plusieurs autres hérétiques qui marchèrent sur leurs traces ; ils attribuent la création du monde, non pas à Dieu, mais aux anges. Saint Paul dit contre eux au dix-septième chapitre des Actes : « C’est Dieu qui a créé le monde et tout ce qu’il contient. »
La sixième est l’erreur de ceux qui dirent que Dieu ne gouverne pas le monde par lui-même, mais par des agents qui lui sont soumis. Job dit contre eux, ch. XXXIV : « Quel autre a-t-il établi sur la terre? ou qui a-t-il préposé au gouvernement de l’univers, qui est l’œuvre de ses mains ? » Il est dit, dans le Symbole, contre ces erreurs : « Auteur ou créateur du ciel et de la terre, des choses visibles et invisibles. »
Source du texte : Bibliothèque Saint Libère
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