Léon XIV, pape augustinien · Lire saint Augustin →

    Réponse à trente-six articles du lecteur de Venise · Saint Thomas d'Aquin

    Articles II à IV

    Quelques auteurs ont-ils pensé que cette opinion étoit solidement prouvée? Je réponds que les écrits des philosophes sont pleins d’arguments, qu’ils tiennent pour concluants. Et il me semble à moi-même qu’on peut parfaitement établir que les corps célestes sont mûs par quelque intelligence, soit par Dieu immédiatement, soit par l’intermédiaire des anges. Cette opinion me paroît la plus convenable à l’ordre général, que saint Denis appelle infaillible, que les corps inférieurs soient gouvernés par Dieu, comme en commun, d’après l’harmonie universelle.

    ARTICLE III.

    Les astres obéissent-ils aux ordres des anges, en vertu du pouvoir que Dieu a donné à ces intelligences célestes? Je ne vois pas clairement comment on peut établir un doute sur cette question. Personne, je pense, ne doutera que tout ce que font les anges, ils le font en vertu du pouvoir que Dieu leur a donné ; et si on révoque en doute que les corps célestes obéissent à leurs ordres, ce doute est déraisonnable. Car étant des substances incorporelles, ils ne peuvent faire mouvoir un corps, par l’opposition d’une force dynamique, mais par la puissance de leur seule volonté. Or il n’y a rien de plus élevé dans les anges que leur intelligence, puisque saint Denis les appelle intelligences ou esprits, donc leurs mouvements procèdent de la puissance de leur intelligence. Or l’idée de l’intelligence, en tant que puissance capable de transformer une chose quelconque, se nomme empire ; donc, s’ils meuvent les astres, ils ne le peuvent faire que par leur puissance.

    ARTICLE IV.

    Les anges, qui gouvernent le ciel, sont-ils de l’ordre des vertus? Ceci me paroît probable, surtout si on entend par l’ordre des vertus le moyen ordre de la seconde hiérarchie, comme le veut saint Denis. Car cet ordre tient le premier rang parmi les messagers célestes chargés d’exécuter les ordres extérieurs. Saint Denis écrit, en effet, dans le chapitre huitième de la Hiérarchie céleste, que « le nom même de vertu signifie une puissance céleste et invincible pour toutes les œuvres divines. » Or rien ne paroît plus élevé dans le ministère extérieur, que la disposition des causes générales, d’où il me semble qu’on doit conclure que l’administration des corps célestes appartient à l’ordre des vertus. Aussi, Origène, en Commentant ces paroles du chapitre XXIV de l'Evangile selon saint Matthieu, « et les vertus des cieux seront ébranlées, » dit : « Il est convenable que les vertus des cieux, douées de raisons, soient frappées de stupeur en se voyant écartées de leurs premières fonctions. » Ce qui me semble cependant avoir besoin de preuves.

    Source du texte : Bibliothèque Saint Libère

    Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.

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