Léon XIV, pape augustinien · Lire saint Augustin →

    La Voie du salut · Alphonse de Liguori

    Chapitre II : Le péché déshonore Dieu

    I. Le pécheur, quand il délibère s'il donnera ou s'il refusera son consentement au péché, prend, pour ainsi dire, en main la balance, et examine froidement lequel vaut le mieux de la grâce de son Dieu, ou d'un vil intérêt, d'un coupable plaisir, d'une aveugle vengeance. S'il consent à la tentation, que fait-il ? Il déclare que ce misérable plaisir vaut plus que la grâce de son Dieu. C'est ainsi, ô mon Dieu ! que je vous ai tant de fois déshonoré en préférant à vous mes honteux penchants.

    II. Si le pécheur écliangeait son Dieu pour un amas de pierreries, pour la possession d'un royaume, ce serait certes le plus grand des maux, puisque Dieu vaut infiniment plus que tous les trésors et les royaumes de la terre ; mais il le perd pour bien moins que tout cela ; il le donne pour une fumée, pour un peu de terre, pour un plaisir empoisonné qui s'évanouit tout aussitôt qu'on le possède. O mon Dieu ! comment ai-je pu tant de fois vous préférer des choses aussi viles, à vous qui m'avez tant aimé? Mais voyez aussi, o mon Rédempteur ! que maintenant je vous aime par-dessus tout, et que, parce que je vous aime, j'éprouve plus de regret de vous avoir perdu que si j'avais perdu tous mes biens, et même la vie. Par pitié, pardonnez-moi; je ne veux plus me voir en votre disgrâce. Faites-moi plutôt mourir que de permettre que je puisse de nouveau vous offenser.

    III. O Dieu J qui est semblable à vous? (Psalm. xxxiv. i o. ) Quel bien peut-on vous comparer, à vous, bien infini? Comment ai-je pu vous abandonner pour me jeter à de vils objets que m'offrait le péché? Toute mon espérance, ô mon Jésus! est dans votre sang précieux! Vous avez promis d'exaucer quiconque s'adresse à vous. Je ne vous demande pas les biens de la terre, j'implore seulement: le pardon de toutes mes offenses, que je déteste plus que tous les maux. Je vous demande la persévérance dans votre grâce jusqu'à la mort. Je désire votre saint amour, que mon âme devienne tout embrasée de la reconnaissance de vos bontés. Exauce/ ces vœux, ô Seigneur! Que je vous aime toujours en cette vie et en l'autre ; après cela, faites de moi ce qu'il vous plaira. Mon Dieu, mon unique bien, que je ne vous perde plus ! Marie, mère de mon Dieu, exaucez-moi encore, obtenez que je sois toujours à mon Dieu, et mon Dieu toujours à moi*

    Source du texte : Bibliothèque Saint Libère

    Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.

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