Léon XIV, pape augustinien · Lire saint Augustin →

    De l'amour de Jésus-Christ et du prochain · Saint Thomas d'Aquin

    Chapitre I

    « Maître, quel est le plus grand commandement de la loi? Jésus répondit : Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur, de toute votre ame, de tout votre esprit. Voilà le premier et le grand commandement : ce commandement est très-grand dirai-je. » U est grand, parce que la loi naturelle que Dieu a gravée d’une manière ineffaçable dans l’esprit de toute créature raisonnable nous l’impose. U est plus grand, parce que la loi de Moïse qui vient de Dieu, qui a été coordonnée par les anges, Deut., chap. VI, nous l’ordonne aussi, le répétant de nouveau. « Il y est écrit : Ecoute, ô Israël : Le Seigneur ton Dieu est un. Vous aimerez le Seigneur votrq Dieu, etc...,» (depuis les portes de votre maison. ) Il est très-grand, parce que la loi évangélique que nous a donnée Jésus-Christ le confirme. On lit dans saint Matthieu, chap. XXII : «Vous aimerez le Seigneur votre Dieu. » On lit aussi dans saint Marc, chap. XII, et dans saint Luc, chap. X : a C’est là le premier commandement. » Il est triplement le premier, il est le premier dans l’intention de celui qui ordonne. La fin précède dans l’intention de chaque individu, les choses qui y conduisent. On lit, I. Tim., chap. J : « La fin du précepte c’est la charité. » Fin non pas terminalive, ou consumalive, mais consommante que tout précepte a pour but. Il est écrit en effet, Rom., XIII : « La plénitude de la

    OPÜSCIJLUM LX.

    loi, c’est l’amour ; » on lit encore, Psaume CXVIII : « J’ai vu la fin de toute consommation. » Il est aussi le premier par l’obligation où l’on est de l’observer. Il y a en effet, comme le veulent les docteurs, des préceptes de première, de seconde, de troisième, de quatrième nécessité. Les préceptes de première nécessité sont ceux sans lesquels on cesse de ressembler à Dieu ; ces préceptes obligent dès le principe naturellement, en général, et en particulier, tel est le précepte tl’aimer Dieu. Les préceptes de seconde nécessité sont ceux qui dès le principe et naturellement obligent en général, mais qui n’obligent pas en parliculicr, tel par exemple que satisfaire pour les péchés. Les préceptes de troisième nécessité sont ceux qui obligent en vertu d’un acte humain, tel qu’un vœu, ou qui obligent certaines personnes, mais qui n’obligent pas tout le monde, ou encore qui n ’obligent tout le monde que dans un cas donné, comme les conseils. Les.préceptes de quatrième nécessité sont ceux que porteut les évêques qui sont à la tête des Eglises; à savoir les préceptes que porte le pape, ou l’archevêque pour sa province, ou l’évêque pour son diocèse, ou l’abbé pour son abbaye. Le précepte de première nécessité est celui duquel ni Dieu, ni les hommes ne peuvent dispenser. Ce précepte est aussi le premier dans l’ordre de la dignité. Il y a en effet ici un acte d’une dignité infinie; trois choses nous font connoître cette dignité. Ce qui nous la fait connoître d’abord, c’est le sujet ou la puissance d’où procède cet acte; il vient de la volonté souveraine, et delà puissance la plus noble de l’ame. Il est aussi le premier par l’état, ou le don qui dirige cette puissance et qui l’élève au-dessus d’elle ; et c’est la charité qui est le bien par excellence; ce qui le prouve, c’est que l’ordre le plus élevé tire son nom d’elle. Cet ordre c’est celui des Séraphins, c’est-à-dire, qui sont enflammés. 11 est encore le premier par son objet, qui est le souverain bien, c’est-à-dire Dieu.

    Source du texte : Bibliothèque Saint Libère

    Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.

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