Abrégé de théologie · Saint Thomas d'Aquin
Chapitre II : Ordre des questions que nous allons traiter sur la foi
La foi est un certain avant-goût de cette connoissance qui nous rend heureux dans l’avenir. Ce qui fait dire à l’Apôtre qu’elle est la substance des objets de nos espérances, comme opérant déjà en nous un commencement de réalisation de ces espérances, c’est-à-dire la future béatitude. Or, Notre-Seigneur Jésus-Christ nous a appris que cette connoissance génératrice du bonheur corisistoit dans la perception de deux vérités, l’unité de Dieu et l’humanité du Christ, d’où ce dernier, s’adressant à son Père, lui dit : « La vie éternelle consiste à vous connoître, etc » Toute la foi roule donc sur ces deux vérités, l’unité de Dieu et l’humanité du Christ. Il n’y a en cela rien qui doive étonner, parce que l’humanité du Christ est la voie par laquelle on va à Dieu. Il est donc nécessaire à l’homme, dans son terrestre pèlerinage, de connoître la voie par laquelle on peut atteindre le but du voyage; et, dans la patrie, le sentiment de la reconnoissance des élus envers Dieu n’auroit pas une intensité suffisante, s’ils ne connoissoient la voie, principe et cause de leur salut. C’est pour cette raison que le Sauveur dit à ses disciples : « Vous savez où je vais, aussi bien que le chemin qui y conduit. » Or, il est nécessaire de connoître toutes choses relativement à la divinité ; 1° l’unité d’essence ; 2° la trinité des personnes; 3° les effets de la divinité.
Source du texte : Bibliothèque Saint Libère
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