Léon XIV, pape augustinien · Lire saint Augustin →

    Pratique de l'amour de Jésus-Christ · Alphonse de Liguori

    Chapitre II : Combien Jésus-Christ mérite d'être aimé de nous, pour l'amour qu'il nous a fait voir en instituant le Saint-Sacrement de l'autel

    T. Sciens t / i m t, quia venit hora ejus, ut iranseat ex hoc mundo ad Pairem^ cain dilexissei sucs, in finemditcœit eos. ( J o. x m. 1. ) Quand Notre-Sauveur connut que l'heure était près d'arriver pour lui de quitter cette terre, il voulut, tout plein de son amour et avant de mourir pour nous, nous laisser de cet amour la plus grande marque qu'il lui lut possible de nous donner : ce fut le St.-Sacrement de l'autel. Les signes d'amour qui se donnent en mourant, dit St. - Bernardin de Sienne, restent plus fermement gravés dans la mémoire* et ils sont plus précieux que tous les autres : Quæ in fine in signum amicitic* celebrantur, firmids memoriœ imprimuntur, et cariora tenentur. C'est pour cela sans doute que les amis, au moment de leur mort, sont dans l'usage de léguer, aux personnes qu'ils ont aimées de leur vivant, un objet quelconque, un bijou, un anneau en témoignage de leur affection. Mais vous, mon Jésus, en partant de ce monde, que nous avez-vous laissé en mémoire de votre amour? Ce n'est point un vêtement, un, anneau: mais c'est votre corps, votre sang, votre âme, votre divinité, tout votre être, sans la moindre réserve. Totum tibi dédit, dit St.-Jean Chrysostôme, ni/ni sibi reliqniL

    IL Dans ce don de l'Eucharistie, dit le Concile de Trente, Jésus-Christ a voulu, pour ainsi dire, mettre hors de lui toutes les richesses de l'amour qu'il gardait pour les hommes. Divitias suas erga homines amoris velut effudit ( Sess. x m. ) Et l'apôtre remarque que Jésus voulut faire ce don aux hommes ta même nuit que celle où les hommes préparaient sa mort. In quâ nocte tradebnlur accepit panem, et gratias agens, fregit, et dixit: Accipite, et manducate, hoc est corpus meum. ( Cor. xi, 23 et 2/|. ) St.-Bernardin de Sienne ajoute que Jésus-Christ, brûlant pour, nous d'amour, et non content de se préparer à nous sacrifier sa vie, fut contraint, par l'excès même de son amour, de faire avant de mourir plus qu'il n'avait fait encore pour les hommes, ce fut de leur donner son propre corps, en guise de nourriture : In illo fervoris excessu, quando paratus erat pro nobis mort, ab excessu amorts majus opus agere coactus est, quam unquam operatus fuerat, dare nobis corpus in cibum, ( St - Bern, Serm. tom. u. serm. 5£. 1. 1. )

    I. ? l. Ce fut donc avec raison que ce sacrement fut appelé, par St.-Thomas, Sacramentum charitatis, pignus charitatis. Sacrement d'amour, parce que c'est l'amour seul qui a porté Jésus-Christ à se donner lui-même tout entier; gage de charité, parce que, si nous avions douté de son amour, nous en aurions reçu la preuve m anifeste dans ce sacrement; tout comme si le Rédempteur avait dit, en nous faisant ce don : Ames des hommes, si vous doutez de mon amour, voyez ce qui se passe dans ce sacrement; il me contient tout entier; avec ce gage dans \os mains, douterez-vous encore que je vous aime et que je vous aime avec tendresse? Ce sacrement a été appelé en outre, par St.-Bernard, amor amorum, amour des amours, parce que ce don renferme tous les autres dons que le Seigneur a faits aux hommes : Lu création, la rédemption, la prédestin a! ion à la gloire. Ainsi l'Eucharistie n'est pas seulement un gage de l'amour de Jésus-Christ, mais c'est encore le gage de la possession du paradis qu'il nous a promis. In quo, dit l'Église, futuræ gloriæ nobis pignus datur. De là venait que St.-Philippe de Néri ne savait donnera Jésus-Christ, dans le Sacrement, d'autre nom que celui d'amour. On l'entendit s'écrier quand on lui apporta le St.-Viatique : Voici mon amour : donnez-moi mon amour.

    IV. Le prophète Isaïe voulait que tous les moyens que Dieu a pris pour se faire aimer des hommes leur fussent manifestés. Et qui jamais aurait pu penser, si lui-même ne l'avait lait, que le Verbe incarné se fût placé sous l'espèce du pain, pour devenir notre nourriture ? Ne croirait-on pas, dit St.-Augustin, entendre le langage d'un insensé : Mangez ma chair buvez mon sang ? Nonne insania videtur, dicere : Manducate meam carnem, bilite meum sanguine?n? Quand Jésus-Christ expliqua à ses disciples ce sacrement qu'il voulait leur laisser, ceux-ci ne pouvaient le croire; quelques-uns même allèrent jusqu'à lui dire : Quomodo potest hic carnes suas dare ad manducandum? Duras est hic sermo, et quis potest eum audire? ( Jo. vi. 61. ) Mais ce que les hommes ne pouvaient ni penser ni croire, l'amour de Jésus-Christ Fa consommé. Accipite, et manducate, dit-il à ses disciples, et, par ses disciples, il le dit à tous les hommes : Recevez et mangez. Mais quel sera, ô Sauveur du monde, cet aliment qu'avant de mourir vous voulez nous donner? Accipite et manducate; hoc est corpus meum. Ce n'est point un aliment terrestre que je vous offre ; c'est moi-même qui me donne à vous tout entier.

    V. Oh ! comme Jésus-Christ désire ardemment s'unir à nos ames dans la sainte Communion! Desiderio desideravi hoc pascha manducare vobiscum. (Luc. xxii. 15.) Ce fut en ces termes que Jésus s'exprima la nuit où il institua ce Sacrement d'amour. Dcsiderio desideravi, ces paroles, dit St.-Laurent Justinien, indiquent l'amour immense qu'il nous portait : Fiagrnntissimm charitatis est vox hœc. Et afin que chacun pût le recevoir facilement, il voulut s'enfermer sous l'espèce du pain ; car s'il avait choisi l'espèce d'un aliment rare et d'un grand prix, les pauvres en eussent été privés. Mais non; Jésus-Christ a voulu se placer sous l'espèce du pain qui se trouve partout et coûte fort peu, afin que par tout pays chacun pût le trouver et le recevoir.

    VI. Afin qu'ensuite nous eussions le désir de le recevoir dans la sainte Communion, non seulement il nous y exhorte avec beaucoup d'instance : Venite comedite panem meum» et bibite vinum quod miscui vobis* (Prov. ix. 5. ) Comedite, amici, et bibiie; (Cant. V. 1.) mais encore il en fait un précepte formel : Accipite et manducate hoc est corpus meum. A co précepte * pour que nous ne cherchions pas à nous y soustraire, il joint la promesse du paradis : Qui manducat meam carnem, habet vitam œternam. ( Jo. vi. 55.) Qui manducat hunc panem, vivit in œternum. ( Ib. v. 5 8. ) Il y a plus, il nous menace de l'exclusion du séjour céleste et des peines de l'enfer si nous refusons le bienfait de la communion : Nisi manducaveritis carnem filii hominis, non hahebitis vitam in vobis. (Ibid. 5A-) Ces invitations, ces promesses, ces menaces, naissent toutes du désir extrême qu'il a de se communiquer A nous dans ce Sacrement.

    VII. Mais pourquoi Jésus-Christ peut-il désirer avec tant d'ardeur que nous le recevions dans la sainte communion? L'amour, dit St. - Denis, aspire toujours, et il tend à l'union. Âmantes desiderant ex ambohus fieri unum, dit St.-Thomas. (i. 2. q. xxvm. a. 1- ad. 2.) Les amis qui s'aiment de cœur voudraient être tellement unis qu'ils ne fissent ensemble, qu'un seul corps. Or c'est là ce que veut faire l'amour immense de Dieu pour le.; hommes. Non-seulement il se donne à eux tout entier dans le royaume éternel, mais encore sur cette terre il se laisse posséder par les hommes dans l'union la plus intime, puisqu'il se donne à eux tout entier dans le Sacrement, sous l'espèce du pain. Là il se tient comme derrière un mur ; de là il nous regarde comme à travers d'étroits barreaux : En ipse stat post parietem nostrum, respiciens per fene$tras prospiciens per cancettos. (Cant. n. 9.) L à, il est réellement présent quoiqu'il se cache à nos yeux. Il est présent, pour que nous puissions le posséder; il se cache pour que nous le désirions ; et jusqu'à ce que nous soyons parvenus à la céleste patrie, Jésus-Christ veut se donner à nous tout entier et rester tout entier uni avec nous.

    VIII. Il ne lui suffit pas, pour satisfaire son amour, de se donner tout entier au genre humain, en s'incarnant et en mourant pour tous les hommes, il voulait encore trouver le moyen de se donner tout entier à chacun d'eux. Ce fut pour cela qu'il institua le sacrement de l'Eucharistie, afin que son union avec chacun de nous fût complète. Qui manducat meam carnem inme m an et ^ et ego in eo. («Ici. vi.) Dans la sainte communion, Jésus s'unit à l'âme, et l'âme s'unit à Jésus; et cette union n'est pas seulement un sentiment d'affection, mais elle est véritable et réelle. C'est ce qui fait dire à St.-François de Sales : Dans aucun de ses actes, le Sauveur ne se montre ni plus tendre ni plus aimant que dans ce mystère, où, pour ainsi dire, il s'anéantit et se réduit pour nous en nourriture, afin de pénétrer dans notre âme, et de s'unir au cœur de ceux qui lui sont fidèles. Et St.-Jean Chrysostôme ajoute que Jésus-Christ nous aimait d'un si ardent amour, qu'il voulut, en s'unissant à nous, que nous devinssions avec lui une seule et même chose : Semetipsum nobis immiscuit, ut unum quid simus; ardenter enim amaniium hoc est. (Chrisost. hom. 6 1. ad Pop. Ant. J

    IX. O mon Dieu, s'écrie encore St.-Laurent Justinien, épris de nos âmes, tu voulus par ce Sacrement que ton cœur et le nôtre ne fissent qu'un seul cœur, que rien ne pût séparer. O mirabilis dilectio tua Domine Jesu, qui tuo corpori taliter nos m* corporari voluisti ut tecum unum cor et animant unam haberemus inseparabililer colligatam ! Suivant St.-Bernardin de Sienne, l'acte par lequel Jésus-Christ se donna à nous en forme d'aliment, prouve en lui le plus haut degré d'amour, puisqu'il a voulu, en se donnant à nous, s'unir avec nous aussi étroitement que les aliments s'unissent à celui qui s'en nourrit: VLiimas gradus amoris est, cum se dédit nobis in cibum? quia se dédit nobis ad omnimodam unionem, sicut cibus et cibans inticem uniunUv\ ( St.-Bern. Sou. tom. 2. serm. 5 4. ) Oh ! combien Jésus-Christ se plaît à s'unir à nos âmes ! Un jour, après la communion, il dit lui-même à Marguerite d'Ypres, sa servante chérie : Foi* ma fille, C admirable union qui existe entre toi et moi; courage donc, aime-moi que C amour nous tienne toujours unis y et ne nous séparons plus.

    X. De là, nous devons tirer la conviction que l'âme ne peut rien faire de plus agréable à Jésus-Christ que de se communiquer à lui avec les dispositions convenables pour recevoir en elle un tel hôte et pour s'unir à Jésus-Christ, comme il le demande lui-même* J'ai dit les dispositions convenables non les dispositions dignes de lui; car s'il fallait des dispositions dignes de Jésus-Christ, qui pourrait jamais se communiquer à lui ? Un Dieu seul serait digne de recevoir Dieu. J'entends par dispositions convenables, celles qui conviennent à une créature mortelle, revêtue de la chair d'Adam. Il suffit que la personne, généralement parlant, se trouve en état de grâce, et qu'elle éprouve le vif désir d'accroître son amour pour Jésus-Christ. C'est avec de l'amour que nous devons recevoir Jésus-Christ, disait St.-François de Sales, puisque c'est par amour qu'il se donne à nous. Au reste, c'est avec son directeur que chacun doit régler le nombre plus ou moins grand des époques de la communion. Qu'on sache bien qu'il n'est point d'état dans la vie, qu'on soit employé, époux ou négociant, qui puisse empêcher la communion fréquente, si le directeur le juge nécessaire, comme l'a déclaré le pape Innocent XI, dans son décret de l'an 1679, où il est dit : Frequens accessus ( ad eucharistiam ) confistnriornm judicio eut relinquendus qui,... laids negodatoribus, et conjugatis quod prospidunt eorum saluti profutnrum, id Mis prœscribere debebu.nl.

    XI - Nous devons donc nous persuader qu'il n'est rien dont nous puissions tirer autant de profit que de la communion; car le Père éternel a rendu Jésus-Christ dépositaire de tous les trésors de sa bonté divine. Omnia dédit ei pater in manus. ( J o. xiu. S. ) Ainsi, quand Jésus pénètre dans une d m e, par la sainte communion, il y porte avec lui d'abondantes grâces ; de sorte que celui qui a reçu ce sacrement peut dire avec raison : Vénérant autem mihi omnia bona pariter cum Ma. ( Sap. vii. 11. ) Le sacrement de l'Eucharistie, dit St. - Denis, a plus de vertu pour purifier l'Ame que tous les moyens spirituels : Eucharistia maàimam vim habet, perfidendœ sanctiiatis. Et St.- Vincent Ferrier ajoute qu'une communion apporte à l'ame plus de profit qu'un jeûne d'une semaine, au pain et à l'eau.

    XII. En premier lieu comme nous l'enseigne le concile de Trente, la communion est ce grand remède qui nous délivre des péchés véniels et nous préserve des péchés mortels. Antidotum quo a culpis quoiidianis liberemur, et d mortalibus perseveremur. ( Trid. sess. XIII. 2. ) On dit, d culpis quotidianis, parce que, selon St.-Thomas ( m. p. q. 7 9. a. l\. ) c'est par le moyen de ce sacrement que l'homme s'excite à faire des actes d'amour, et que ces actes ont la vertu d'effacer les péchés véniels. On dit, d mortalilms pmservemttr, parce que la communion augmente en nous les effets de la grâce, qui nous préserve des péchés graves. C'est là ce qui a fait dire à Innocent III que Jésus-Christ nous a délivrés par sa Passion de la puissance du péché, et, par l'Eucharistie, du pouvoir ou de la volonté de pécher. Per crucis mysterium lilcraxit nos à pot es taie peccati, per Eucharistiae sacramentum libérât nos a potestate peccandi

    XIII. Il y a plus ; le principal effet de ce Sacrement c'est d'enflammer l'âme de l'amour divin. Dieu est tout amour : Deus charitas est. ( 1. Jo. iv. 8. ) Dieu est un feu qui consume dans nos cœurs toutes les affections terrestres : Ignis consumens est. (Deut. iv. 2 4. ) Ce feu d'amour, le Fils de Dieu est venu exprès sur la terre pour l'allumer : Ignem veni mittere in terram. Tout ce que je désirais ajoute-t-il, c'était de voir ce feu sacré allumé dans vos âmes : Et quod volo, nisi ut accendatur? (Luc. x n. 4 9. ) Quelle flamme en effet d'amour divin Jésus-Christ n'allume-t-il pas dans le cœur de quiconque le reçoit dévotement dans ce Sacrement. Ste.-Catherine de Sienne vit un jour, sur la main d'un prêtre qui venait de communier, Jésus sous la forme d'un globe de feu, et la sainte fille ne pouvait concevoir comment une flamme aussi vive ne brûlait pas tous les cœurs et ne les réduisait pas en cendres. Après que Ste.-Rose de Lima avait communié, il sortait de son visage des rayons de lumière qui éblouissaient, et il s'exhalait de sa bouche tant de chaleur que, lorsqu'on voulait en approcher la main, on se sentait brûler. On raconte de Sl.-Venccslas que, s'il allait seulement visiter les Églises où le Saint-Sacrement était exposé, il s'enflammait de tant d'ardeur, que le serviteur qui l'accompagnait, à travers la neige, garantissait ses pieds du froid en les plaçant sur les vestiges des pas de son maître. Aussi St.-Jean-Chrysostôme disait-il que l'Eucharistie est un feu qui nous enflamme de telle manière que, lorsque nous nous éloignons de la Sainte-Table après la Communion, les flammes d'amour qui s'exhalent de notre corps nous font triompher de renier : Carbo est Eucharistia, quae nos inflammat, ul tanquam leones ignem tpiranUs ab illa mensâ reudamiu facti diabolo terribites. ( Hom. 61. ad Pop.)

    XIV. Le Roi m'a introduite dans son cellier, etc., disait l'épouse des Cantiques : Irdroduaiit me rex in cellam ùnariam^ordinavit in me charitaiem. (Cant. ii, La communion, dit à ce sujet St.-Grégoire de Nice, est précisément ce cellier où l'âme s'enivre tellement d'amour divin, qu'elle s'oublie elle-même et qu'elle perd de vue tous les objets créés ; et c'est là cette langueur d'amour dont il parle ensuite en disant : &ulçiU me floribus, stipate me malis, quia amore langueo. (Ibid. ii. 5. ) Quelqu'un me dira peut-être : Je ne communie pas souvent, parce que je me sens peu épris d'amour divin. Voici la réponse de Gerson : Tu te trouves froid, et c'est pour cela que tu veux t'éloigner du feu ? plus au contraire tu te sens froid, plus tu dois l'approcher fréquemment de ce Sacrement, pourvu que tu éprouves un désir sincère d'aimer Jésus-Christ. Licet Upide, dit Sl.-Bonavcnture, ia.mn confîdcns de misericordiâ Dei accédas; tantà magis eget medicoy quanta quis senscril se œgrotam. (De Prof. Rel. c. 78.) St.-François de Sales dit pareillement, dans sa Philothée, chap. 21 : Deux sortes de personnes doivent communier souvent; celles qui sont parfaites, pour se conserver dans la perfection; les autres, pour y arriver. Toutefois, pour pouvoir communier souvent, il est nécessaire d'avoir au moins un vif désir de se sanctifier, et de croître en amour pour Jésus-Christ. Le Seigneur a dit un jour à St.-Méthilde : Quand tu dois communier, désire tout l'amour qu'il est possible qu'un cœur ait jamais eu pour moi, et je recevrai cet amour comme s'il était loi que tu voudrais qu'il fût. (Ap. Bios, in Conc. A. J. fidel. c 6. n. 6.)

    O Dieu d'amour! source d'amour infini, digne d'un amour sans partage, que pouviez-vous faire de plus pour vous faire aimer de nous! 11 i;e vous a pas suffi de vous faire homme et de vous assujettir à toutes nos misères; il ne vous a pas suffi de répandre pour nous tout votre sang au milieu des tourments, et de mourir enfin consumé de douleur, sur une croix infime, supplice destiné aux plus vils scélérats : Vous vous êtes abaissé jusqu'à vous mettre sous l'espèce du pain, afin de nous servir de nourriture, et de vous unir ainsi tout entier à chacun de nous. Ah! je le répète : Que pouviez-vous faire encore pour vous faire aimer. Oh ! malheur à nous, si dans cette vie nous ne vous aimons point. Quels remords n'éprouverons-nous par, quand nous entrerons dans r é l c r n i l é, si nous ne vous avons point aimé ? O mon Jésus, ji? ne v c i x point mourir sans vous aimer, sans vous aimer tendrement. Je n'ai déjà que trop de peine et de regret de vous avoir donné tant de déplaisir, je m'en repens, et je voudrais mourir de douleur. Maintenant je vous aime au-dessus de tout, je vous aime plus que moi-même, je vous consacre Toutes mes affections. Vous qui me donnez ce désir, donnez-moi aussi la force de faire ce que je désire. O mon Jésus, je ne veux de vous rien que vous-même. Maintenant que vous m'avez rempli de votre amour, je renonce à tout, j'abandonne tout, je m'attache à vous seul, car vous seul vous me suffisez. O Marie, mère de Dieu ! priez Jésus pour moi, et aidez-moi à me sanctifier. Ajoutez ce miracle à tant de miracles que vous avez déjà opérés, et par lesquels vous avez changés en saints de grands pécheurs.

    Source du texte : Bibliothèque Saint Libère

    Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.

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