Opuscules relatifs au Saint-Sacrement · Alphonse de Liguori
II. Actes pour la Communion : Pour se préparer à la Communion
I. a s ^. - c o m m i t o o m.
Pour se préparer à la Communion.
Le Sauveur, «lisait St.-François, de Sales ne se montre dans aucune circonstance ni plus aimant ni plus tendre que dans celle de la communion, où, pour ainsi dire, il s'anéantit et se réduit en aliment, pour s'unir au cœur et au corps de ses fidèles. Il n'est pas de moyen plus efficace que In communion, ajoutait le docteur (Jcryon, pour faire naître la dévotion dans les âmes et les cnunmmcr de l'amour de Dieu.
Et en vérité, s'il s'agit de faire une chose agréable à Dieu, que peut faire une âme qui lui plaira davantage que de communier souvent. L'amour, dit St. - Denis, tend principalement à l'union parfaite ; or comment l'âme pourrait-elle s'unir plus étroitement à Jésus-Christ qui a dit : qui manducat meam carnem et hibit mrtmx aart gain tm in me manet et ego in iU:tm?(Jo. vi. 26.) Si vous receviez chaque jour, ce Sacrement, a dit St.- Augustin,.!<'sus ocrait toujours avec vous, et vous iriez toujours croissant en amour divin.
Ne s'agit-il que d'un remède à nos maux spirituels? où en trouver un meilleur que la communion, que le concile de Trente appelle : Antidotum quo liberemur a culpa quotidianis et a peccatis mortalibus prœserxemur?
D'où vient, demande le cardinal Bona, que malgré tant de communions on voit si peu de bons résultats, et que les mêmes défauts subsistent toujours. Defectus, répond-il lui-même, non in cibo est sed in edentis dispos'Aione. Est-ce qu'il est possible, dit Salomon, d'avoir du feu dans son sein et de ne point brûler ses habits? Numqu'*d homo potest abscondere ignem in nnu sun, t,i xesiimenla illius non ardeanl. (Prov. vi. 27.) Dieu est un feu qui consume, ignis consument est. Il veut lui-même dans la communion allumer ce feu divin ; et comment après cela, dit Guillaume de Paris, peut-on voir ce prodige diabolique d'âmes qui restent froides au milieu de ce feu ardent?
Tout cela vient de la mauvaise disposition, ou plutôt du défaut de préparation. Le bois sec s'embrase aisément : il n'en est pas de même du bois v e i t, parce que celui-ci n'est pas disposé à brûler. Les saints ont tiré de la communion un grand avantage, parce qu'ils mettaient beaucoup de soin à s'y préparer. St.-Louis de Gonzagne passait trois jours à se disposer à ce Sacrement, et trois jours ensuite à rendre grâce au Seigneur.
Pour se bien préparer à la communion, deux choses sont nécessaires : un grand détachement des créatures, et un grand désir de s'avancer dans l'amour divin.
Il faut donc que l'âme commence par rompre tout attachement à ce qui n'est point Dieu. Qui talus est dit Jésus, non indiget nisi ut pedes lavet. ( Jo. 13. ) Ce qui signifie, selon St.-Bernard, que pour recevoir avec fruit ce Sacrement, il ne suffit pas d'être lavé des péchés graves, mais qu'il faut encore avoir les pieds nets, c'est-à-dire, être libre de toute affection terrestre; car ces sortes d'affections sont désagréables à Dieu parce qu'en souillant l'âme, elles s'opposent aux effets de la communion.
Ste.-Gertrude demanda au Seigneur quelle préparation il exigeait d'elle pour pouvoir communier dignement, et le Seigneur lui répondit : La seule chose que je te demande, c'est que lorsque tu t'approcheras pour me recevoir, tu viennes vide de toi-même.
En second lieu, il est nécessaire pour la sainte communion, d'avoir un grand désir de recevoir Jésus-Christ et son saint amour. Dans ce banquet sacré, dit Gerson, non saturantur nisi l'ame liai. La Sainte Vierge l'avait dit d'abord elle-même : Esurientes implevit bonis. Jésus n'est venu au monde, dit le Vén. P. Avila, que lorsqu'il a été vivement désiré; de même il ne vient dans l'âme, que lorsqu'il y voit le vif désir qu'il y arrive ; car il ne serait pas raisonnable qu'il se donnât en aliment à celui qui aurait du dégoût pour cette nourriture. Le Seigneur dit un jour àSte.-Mathiide : «L'abeille ne se jette pas avec plus d'avidité sur les fleurs, pour en pomper les sucs que, poussé par l'a inouï, je ne mets d'empressement à pénétrer dans les âmes dans la communion. » Si Jésus-Christ a tant de désir de s'introduire dans nos âmes, n'est-il pas bien juste que nous éprouvions un égal désir de le recevoir et de nous enivrer de ?on amour ? La principale intention d'une âme, dans la communion, nous dit St.-François de Sales, doit être de faire des progrès dans l'amour de Dieu ; il faut bien recevoir avec amour celui qui par amour s'est donné à nous.
Source du texte : Bibliothèque Saint Libère
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