Léon XIV, pape augustinien · Lire saint Augustin →

    Opuscules relatifs au Saint-Sacrement · Alphonse de Liguori

    I. Actes de dévotion à faire dans la visite au Saint-Sacrement et à la bienheureuse Vierge Marie

    Dans la visite qu'on fera faire au peuple, le prêtre lira ces actes d'une voix fort basse, mais lentement ; le peuple répétera après lui.

    Mon âme, ranime ta foi et ta confiance. Tu es en présence de la majesté infinie de ton Dieu, qui pour l'amour de toi descendit un jour du ciel sur la terre pour le faire homme, et voulut mourir sur la croix pour nous sauver; il est maintenant dans le Saint-Sacrement, tout rempli d'amour pour l'entendre et t'accorder les grâces que tu lui demanderas. Parle-lui donc et dis-lui :

    Mon Dieu, je crois tout ce que la sainte Eglise nous dit do croire, parce que c'est vous, la vérité infaillible, qui l'avez révélé. Je crois que vous êtes le créateur et le maître du ciel et de la terre, que vous récompensez les justes dans le paradis et que vous châtiez les méchants dans l'enfer. Je crois que vous êtes trois personnes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit, mais que ces trois personnes ne sont qu'un seul Dieu en essence. Je crois, auguste fils de Dieu, que vous vous êtes incarné et fait homme dans le sein de Marie, et que vous êtes mort crucifié pour notre salut, et que maintenant vous êtes dans le très-Saint-Sacrement, pour nous alimenter de votre chair, dans la sainte communion, et pour exaucer nos vœux et nos prières, quand nous allons vous visiter sur l'autel. Prosterné à vos pieds, moi, misérable pécheur, indigne de paraître devant vous, digne seulement de l'enfer que j'ai tant de fois mérité, je vous adore, à majesté infinie, cl je m'unis aux adorations que vous rendent en ce moment dans le ciel les Anges, les Saints et Marie.

    Mon cher Rédempteur, j'ai eu confiance en vos promesses, et comme vous êtes fidèle, puissant et miséricordieux, j'espère, par les mérites de votre passion, obtenir le pardon de mes péchés, la persévérance dans votre grâce jusqu'à ma mort, et la faveur d'aller un jour, par l'effet de votre miséricorde vous voir et vous aimer éternellement dans le paradis.

    O Dieu que je chéris, bien infini, digne d'amour éternel, je vous aime de tout mon cœur et par-dessus tout ; je voudrais vous voir sur la terre aimé de tous les hommes autant que vous méritez de l'être. Vous êtes, vous serez éternellement et infiniment heureux, et je m'en réjouis.

    Mon Rédempteur bien-aimé, si j'avais tout abandonné pour vous, si j'avais passé toute ma vie dans un désert et qu'ensuite je fasse mort a force souffrances endurées pour l'amour de vous, tout cela, que serait-ce, en comparaison de la mort cruelle que vous avez subie pour moi, ô mon Dieu? Mais comment vous ai-je traité jusqu'ici ? Je vous ai payé d'ingratitude; au lieu de vous aimer je vous ai offensé, je vous ai tourné le dos, j'ai dédaigné votre grâce et votre amour. Je me repens, mon Jésus, et je regrette de tout mon cœur de vous avoir offensé, ô bonté infinie ! fussé-je mor* plutôt que de vous avoir déplu. Je déteste les injures que je vous ai faites; je vous promets et je me propose à l'avenir de mourir plutôt que de vous offenser encore ; je veux aussi, tant en santé qu'en maladie, recevoir les sacrements. Les jours qui me restent, quel qu'en soit le nombre, je veux les employer, ô bonté infinie, à vous aimer et à vous chérir, parce que vous êtes aimable par-dessus tout. Mais de quoi serviraient toutes ces promesses, ô Dieu de mon âme, si vous ne me secouriez. Si vous m'abandonnez, je recommencerai à vous trahir plus encore qu'auparavant. Je vous demande donc, et j'espère l'obtenir, par les mérites de votre passion, de m'accorder la sainte persévérance, et de ne point permettre que je me sépare plus de vous; envoyez-moi plutôt la mort, que de souffrir que je retombe dans votre disgrâce.

    Mon Jésus, je vous remercie de toutes les grâces que vous m'avez faites; de m'avoir créé, de m'avoir racheté au prix de votre sang, de m'avoir fait chrétien au moyen du baptême, de m'avoir supporté si long-temps quand j'avais encouru votre disgrâce. Malheur à moi, si j'étais mort dans ce moment ! je serais maintenant dans l'enfer, je vous aurais perdu pour toujours, A mon Dieu, et je ne pourrais plus vous aimer ! Je vous remercie donc de m'avoir attendu avec tant de patience, et de m'avoir pardonné ensuite avec tant de miséricorde. Je vous remercie surtout d'être resté dans le Saint-Sacrement, et de vous être donné si peuvent à moi dans la sainte communion, où vous avez daigné me servir de nourriture : je vous remercie de m'admettre aujourd'hui en votre présence. J'espère vous remercier mieux encore pendant l'éternité, dans le paradis, où j'espère chanter un jour vos louanges et votre miséricorde.

    Moi: Jésus, vous êtes mort pour l'amour de moi sur un gibet infâme, et au milieu des souffrances; que puis-je faire pour vous payer de tant d'amour? Je ne puis que m'offrir moi-même. Oui, mon Dieu, je m'offre et me consacre à vous tout entier. Je vous donne mon âme, mon corps, ma volonté, tout et pour toujours, me résignant à votre sainte volonté. Faites de moi ce que vous voudrez. Faites que je vous aime toujours dans cette vie et dans l'autre, et disposez de moi et de tout ce qui est à moi à votre gré. Dites-moi ce que vous voulez de moi, et, soutenu par votre grâce, je le ferai.

    Seigneur, je vous recommande le souverain pontife, tous les prélats et tous les prêtres; donnez-leur le moyen de sanctifier tout le monde ; je vous recommande les infidèles, les hérétiques, et tous les pécheurs; donnez-leur les lumières et la force nécessaire pour laisser le péché, et pour se livrer uniquement à vous aimer, o souverain bien ! je vous recommande tous les agonisants, mes parents, mes bienfaiteurs, mes amis, et plus particulièrement encore mes ennemis, que je vous prie de rendre heureux et saints. Je vous recommande aussi les âmes du purgatoire, soulagez-les de leurs peines, et abrégez le temps de leur exil, afin qu'elles aillent jouir promptement de vous dans le ciel.

    Enfin je vous prie pour moi, ô mon Jésus, de ce trône d'amour où vous êtes, sur cet autel, envoyez-moi, par vos mérites, une grande douleur de mes péchés et le pardon de toutes mes offenses; donnez-moi la sainte humilité et la mansuétude, afin que je supporte avec patience le mépris et la persécution. Donnez-moi la force de me mortifier dans tout ce qui vous déplaît; donnez moi la résignation parfaite à vos volontés; pour que j'embrasse sans murmure toutes les croix qui me viendront de votre main. Donnez-moi assez de lumières pour que je puisse distinguer votre sainte volonté, et assez de force pour que je l'accomplisse. Donnez-moi la confiance dans votre passion, et dans le patronage de Marie, votre mère. Accordez-moi aussi le don précieux de votre amour, le désir de vous aimer et de vous plaire, de manière que je puisse toujours dire : Mon Dieu ! c'est vous que je veux et je ne veux rien que vous; ajoutez-y la persévérance dans votre amour jusqu'à la mort, et la volonté de chercher et d'obtenir cette persévérance, en me recommandant toujours à vous et à votre sainte mère, surtout quand j'éprouverai quelque tentation de vous offenser, par ces mots que je répéterai sans cesse, Jésus et Marie, Marie et Jésus, aidez-moi. Père éternel, pour l'amour de Jésus votre fils, accordez-moi toutes ces grâces.

    Mon Jésus, je vous aime de tout mon cœur et je désire être toujours uni à vous. Puisque je ne puis vous recevoir sacramentellement, je vous reçois spirituellement. Venez donc à mon 9aie, je vous embrasse et je m'unis à vous tout entier. Ne permettez pas que je doive jamais me séparer de vous.

    On pourra réciter ensuite les litanies de la Vierge, et successivement l'hymne : Pange lingua, gloriosi corporis mysterium etc., et terminer ainsi.

    f. Panem de cœlo prœstitîsti eis

    R*. Omne delectamentem in se habentem.

    Deus, qui nobis sub Sacramento mirabilis passionis iuce memoriam ?cliquisti tribun, quœsumus, ita nos corporis et sanguinis tui sacra mysleria venerari, ut redemptionts tnmfructum in nobis jugiter scnliarnns, vivis et régnas per omnia saecula saeculorum. Amen.

    TRES-SAINTE-VIERGE

    O grande reine du ciel, très-sainte et immaculée Vierge Marie, moi, misérable pécheur de cette terre, je vous salue et je vous adore comme mère de mon Dieu. Vous êtes de toutes les créatures la plus belle, la plus sainte, la plus aimable et la plus aimée de Dieu. Je vous aime après Dieu, au-dessus de tout, et je voudrais vous voir aimée de tous. Je me réjouis infiniment de toutes vos grandeurs, et je rends grâce au Seigneur qui vous a tant exaltée. Je vous remercie aussi, ma mère, de toutes les grâces que vous avez obtenues pour moi pendant toute ma vie. Je veux être à jamais votre serviteur et je me mets sous votre patronage; toutes mes espérances sont en vous. Acceptez mon offre ô reine ! et ne me repoussez pas comme je le mériterais. Je sais que vous avez tant de pouvoir auprès de Dieu, qu'il ne vous refuse rien de ce que vous lui demandez.

    Mère de miséricorde, refuge des pécheurs, je remets mon Ame dans vos mains ; ayez pitié de moi. Recommandez-moi à votre fils, et obtenez-moi le pardon de tous mes péchés, l'amour de Dieu et la sainte persévérance, pour que je vive et que je meure en état de grâce. Je vous prie surtout, de faire que je puisse toujours me recommander à vous, surtout lorsque je suis tenté d'offenser Dieu. Aidez-moi toujours durant ma vie et à ma mort. Ma mère, je me fie en vous ; les mérites de votre fils et votre intercession doivent seuls me sauver. Amen.

    Source du texte : Bibliothèque Saint Libère

    Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.

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