Léon XIV, pape augustinien · Lire saint Augustin →

    Neuvaine et autres méditations pour certains temps et certains jours de l'année · Alphonse de Liguori

    Première partie · Méditations pour les huit premiers jours de l'Avent

    III méditation

    I. Considérez, ô mon ame, comment le Père éternel, en nous donnant son fils bien-aimé pour notre Rédempteur, ne pouvait nous donner un plus puissant motif de confiance envers sa divine miséricorde, ni d'amour envers sa bonté infinie; puisqu'il ne pouvait nous donner un gage plus assuré du désir qu'il a de notre salut, ni de l'amour immense qu'il nous porte ; car, en nous donnant son fils, il nous a tout donné. Que tous les hommes louent votre immense charité, ô Dieu éternel!

    II. Quomodo non etiam eum Uto omnia nobis donavit. (Rom. vin. 32.) Dieu nous ayant donné son fils, qu'il aime autant que lui-même, comment pourrions-nous craindre qu'il voulût nous refuser quelque autre grâce, lorsque nous la lui demandons? S'il a donné son fils, il ne peut nous refuser le pardon des offenses que nous avons commises contre lui, lorsque nous en avons un véritable regret : il ne peut nous refuser la grâce de résister aux tentations, lorsque nous la lui demandons : il ne peut nous refuser un saint amour lorsque nous le désirons; il ne peut enfin nous refuser le ciel, à moins que nous ne nous en rendions indignes en nous livrant au péché. Voici comment Jésus même nous l'assure : Si quid petieritis patrem in nomine meo, dabit vobis. ( Jean. xvi. 23.) Animé donc par une telle promesse, je vous demande, ô mon Dieu, par l'amour de Jésus-Christ votre divin fils, que vous me pardonniez tous les péchés que j'ai commis contre vous. Donnez-moi la sainte persévérance dans votre grâce jusqu'à la mort. Accordez-moi votre saint amour, qui me détache de toutes choses, afin que je n'aime plus que vous seul, ô bonté infinie. Faites, enfin, que je parvienne à la gloire du ciel, afin que là je vous aime de toutes mes forces, sans craindre de cesser jamais de vous aimer.

    III. En un mot, l'apôtre dit que, ayant obtenu Jésus-Christ, nous sommes devenus riches en toute sorte de biens, de façon qu'il n'est point de grâce qui nous manque. In omnibus diviles facti estis, ita ut nihil vobis desit in ulla gratia. (I. Cor. 4.) Oui, ô mon Jésus, vous réunissez tous les biens en vous-même ; vous seul me suffisez ; pour vous seul je soupire. Si je vous ai éloigné de moi par mes habitudes vicieuses, je m'en repens maintenant de tout mon cœur. Seigneur, pardonnez-moi, et revenez à moi. Et si vous avez déjà pris possession de mon cœur, comme je l'espère, demeurez-y sans vous en éloigner jamais. Je dirai mieux, ne permettez pas que je vous repousse jamais de mon cœur. O mon Jésus! ô Jésus, mon trésor, mon amour, mon tout, je vous aime, je vous aime, je vous aime, et je veux vous aimer sans fin. O Marie, mon espérance, faites que j'aime toujours Jésus.

    Source du texte : Bibliothèque Saint Libère

    Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.

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