Neuvaine et autres méditations pour certains temps et certains jours de l'année · Alphonse de Liguori
Première partie · Méditations pour les huit premiers jours de l'Avent
IV méditation
I. Vbi venit plenitudo temporis, misit Deus filium suum. (Gal. iv. 4.) Combien ne devons-nous pas remercier Dieu pour nous avoir fait naître après l'accomplissement du grand mystère de la rédemption humaine! C'est ce que signifient ces paroles pleniludo temporis, temps heureux par la plénitude des grâces que Jésus-Christ nous obtient par sa venue dans le monde. Misérables que nous sommes, que serions-nous devenus si nous étions nés avant la venue de Jésus-Christ, étant coupables d'un si grand nombre de péchés!
II. Oh ! dans quel état misérable étaient les hommes avant l'arrivée du Messie! A peine le vrai Dieu était-il connu dans la Judée, et l'idolâtrie régnait dans toutes les autres parties du monde ; jusque-là que nos pères adoraient les pierres, le bois et même les démons. Ils adoraient ce grand nombre de fausses divinités, mais ils ne connaissaient point et n'aimaient point le vrai Dieu. Et maintenant encore, dans un grand nombre de royaumes, il y a peu de catholiques, mais le plus grand nombre sont infidèles, ou hérétiques, et il est indubitable que tous ceux-là se perdent! Combien d'actions de grâces ne devons-nous pas à Dieu, non-seulement pour nous avoir fait naître depuis la venue du Messie, mais encore pour avoir permis que nous reçussions le jour dans un pays où règne la vraie foi. O Seigneur, je vous en remercie. Malheur à moi si, après avoir commis tin si grand nombre de fautes, j'étais encore au milieu des infidèles ou des hérétiques! Je reconnais, ô mon Dieu, que vous voulez me sauver; et moi, misérable, j'ai voulu si souvent me perdre en perdant votre grâce. O mon Rédempteur, ayez pitié de mon ame, que vous avez rachetée d'un si grand prix.
III. Misit Filium suum, ut eos qui sub Lege erant redimùret. (Gal. iv. 5.) Ainsi, l'esclave pèche, et se livre, par son péché, entre les mains du démon : mais son propre Seigneur vient le racheter par sa mort de ce dur esclavage, O amour immense, ô amour infini de Dieu envers l'homme! Il est donc vrai, ô mon Sauveur! que si vous ne m'aviez racheté par votre mort, je serais perdu ! Que serais-je devenu, moi qui ai si souvent mérité l'enfer par mes péchés? Donc, ô mon Jésus, si vous n'étiez point mort pour moi, je vous aurais perdu pour toujours, et il ne me resterait plus d'espérance de recouvrer votre grâce ni de voir un jour dans le ciel votre face divine ! O mon cher Sauveur! je vous en remercie, et j'espère vous en remercier dans le ciel pendant toute l'éternité. Je me repens sur toute chose de vous avoir méprisé jusqu'ici. Je me propose de préférer dorénavant souffrir toute sorte de peines, cl môme la mort, avant de vous offenser. Mais comme je vous ai trahi dans le passé, je puis vous trahir encore dans l'avenir. Oh ! mon Jésus, ne permettez point que cela arrive jamais. Noli me separori a te, noli me separan a te. Je vous aime, bonté infinie, et je veux vous aimer toute ma vie et durant toute l'éternité. O ma reine et mon avocate, Marie, couvrez-moi sans cesse de vos ailes, et délivrez-moi du péché.
Source du texte : Bibliothèque Saint Libère
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