Léon XIV, pape augustinien · Lire saint Augustin →

    Neuvaine et autres méditations pour certains temps et certains jours de l'année · Alphonse de Liguori

    Première partie · Méditations pour les huit premiers jours de l'Avent

    Première méditation : Pour le premier jour de l'Avent

    I. Et Verbum caro factum est. (Joan. i.)Dieu nous a créés pour l'aimer durant cette vie, et pour jouir de sa présence dans la vie future. Mais, ingrats que nous sommes, en péchant, nous avons été rebelles à Dieu, et nous lui avons refusé l'obéissance : c'est pour cela que nous avons été privés de la divine grâce, exclus du paradis, et condamnés encore aux peines éternelles de l'enfer. Nous voilà donc tous perdus. Mais notre Dieu, se sentant ému de compassion à notre égard, résolut d'envoyer en terre un Rédempteur qui apportât une grande réparation à notre grande ruine.

    II. Mais quel sera ce Rédempteur? Sera-ce un ange? sera-ce un séraphin ? Non, Dieu envoie au monde son propre fils, afin que le monde ait une preuve non équivoque de l'amour qu'il lui porte : Misit Filium suum in similitudinem carnis peccati. (Rom. vin. 3.) Il ordonne à son propre fils de se revêtir de la chair des malheureux pécheurs, mais sans la tache du péché, et il veut que ce cher fils, par ses souffrances et par sa mort, satisfasse à la justice divine pour nos péchés, nous délivre ainsi de la mort éternelle, et nous rende dignes de la grâce divine durant le temps, et de la gloire durant l'éternité. Je vous remercie, ô mon Dieu ! au nom de tous les hommes, car si vous n'aviez pensé à nous sauver, nous serions tous perdus pour toujours.

    III. Considérez l'amour infini de notre Dieu, qui se manifeste en ce grand œuvre de l'incarnation du Verbe ; il veut que son divin fils vienne sacrifier sa vie sur une croix par les mains d'un bourreau, et qu'il souffre des douleurs incalculables et des humiliations sans nombre, pour obtenir aux hommes le pardon de leurs péchés et la vie éternelle. O bonté infinie ! ô miséricorde infinie! ô amour infini ! Un Dieu se faire homme et venir sauver par sa mort de pauvres vers de terre comme nous ! O mon Sauveur! faites-moi connaître combien vous m'avez aimé, afin que la vue de votre amour me fasse comprendre toute la grandeur de mon ingratitude. Vous m'avez délivré de la perdition par votre mort, et moi, ingrat que je suis, je vous ai tourné le dos, pour chercher ma perte loin de vous ! Je me repens du plus profond de mon cœur, ô mon Sauveur, de vous avoir fait une telle injure : pardonnez-moi, ô mon Dieu! et, à l'avenir, délivrez-moi du péché : ne permettez pas qu'il m'arrive jamais de perdre votre grâce. Je vous aime, ô mon cher Jésus! vous êtes mon espérance et mon amour. O Marie, mère de ce grand Dieu, recommandez mon ame à votre cher fils !

    I. Et iucamatus est de Spiritu sancto, ex Maria virgine, et homo factus est. (Symb. Const.) Dieu créa Adam, notre premier père, et le combla de biens : mais l'homme devint ingrat, et, en péchant, il outragea son créateur: c'est de cette manière qu'il devint misérable, lui et tous ses descendans, privé de la grâce divine et du bonheur céleste. Voilà comment tout le genre humain demeura perdu sans remède. L'homme avait offensé Dieu, ainsi il n'était point capable de satisfaire dignement pour son offense ; il était donc nécessaire qu'une personne divine satisfit pour lui. Que fait le Père éternel pour donner un remède à l'homme perdu ? Il ordonne à son propre fils de se faire homme, en se revêtant de la chair même des hommes pécheurs, afin que, par sa mort, il paie à la divine justice les dettes des pauvres humains, et leur obtienne ainsi leur retour à la divine grâce. O mon Dieu! comment aurions-nous pu jamais demander, ou même imaginer, un ici rcmedi*, si votre bonté infinie ne l'eût trouvé?

    II. O Dieu! quel étonnement cette merveilleuse invention de l'amour que vous avez témoigné à l'homme rebelle, a dû causer aux anges! Que durent-ils dire en voyant le Verbe éternel se faire homme et prendre cette même chair dont les hommes pécheurs étaient revêtus, de sorte que le Verbe incarné parut, à la face du monde, de la même manière que les autres hommes ! O mon Jésus! combien ne vous sommes-nous pas obligés! et combien ne vous ai-je pas plus d'obligation moi-même, qui vous ai offensé plus que les autres ! si vous n'étiez venu pour me sauver, que serais-je devenu pendant l'éternité? Qui aurait pu me délivrer des peines que je mérite? Que votre charité, ô mon divin Sauveur, soit éternellement louée et bénie.

    III. Il est donc vrai que le fils de Dieu vient du ciel en terre pour se faire homme, pour mener une vie toute d'amertumes, pour mourir enfin sur une croix pour l'amour des hommes : et les hommes qui croient ces vérités pourraient aimer autre chose que ce Dieu incarné! O Jésus, mon sauveur! je ne veux aimer que vous. Vous seul m'avez, aimé, c'est vous seul que j'aimerai. Je renonce à tous les biens créés, ô mon Dieu! pour n'aimer que vous seul. Vous seul nie suffisez, ô source immense de biens infinis! Si je vous ai offensé par le passé, je m'en repens actuellement, et je voudrais que ma douleur me fit mourir, afin de compenser, en quelque sorte, le déplaisir que je vous ai causé. Ne permettez pas, ô mon Dieu, que je retombe jamais dans mes ingratitudes passées à l'égard de l'amour que vous m'avez témoigné. Non, mon Jésus, faites que je vous aime, et faites ensuite de moi tout ce qu'il vous plaira. O bonté infinie, ô amour infini, je ne veux plus vivre sans vous aimer. O mère de miséricorde, Marie, je vous prie de m'obtenir la grâce d'aimer Dieu toujours.

    Source du texte : Bibliothèque Saint Libère

    Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.

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