Léon XIV, pape augustinien · Lire saint Augustin →

    Neuvaine des trépassés · Alphonse de Liguori

    Considérations et prières qu'il faut lire au peuple chacun des huit jours de la neuvaine

    Recommandons à Jésus-Christ et à sa sainte mère toutes les ames du purgatoire, et spécialement celles de nos parents, de nos bienfaiteurs, de nos amis et de nos ennemis, et plus particulièrement celles pour lesquelles nous sommes obligés de prier. Offrons à Dieu, en leur faveur, les prières suivantes, en considérant les grandes peines que souffrent ces saintes épouses de Jésus-Christ.

    I. Les peines que souffrent ces ames bénies sont très nombreuses, mais la plus grande de toutes est la pensée qu'elles ont été la cause elles-mêmes des souffrances qu'elles endurent par les péchés qu'elles ont commis pendant leur vie.

    O Jésus mon Sauveur, j'ai si souvent mérité l'enfer! quelle peine serait maintenant la mienne si j'étais déjà damné, avec la pensée que j'aurais opéré moi-même ma damnation? Je vous remercie de la patience que vous avez eue envers moi. Mon Dieu, parce que vous êtes une bonté infinie, je vous aime par-dessus toute chose, et je me repens de tout mon cœur de vous avoir offensé. Je vous promets de mourir plutôt que do jamais plus vous offenser ; donnez-moi la sainte persévérance, ayez pitié de moi : ayez aussi pitié de ces ames bénies qui brûlent dans Je feu. Marie, mère de mon Dieu, secourez-les par vos puissantes prières.

    Disons un Pater et un Ave pour ces ames, « Pater nos- » 1er, etc. Ave, Maria, etc. » Et puis tout le peuple chantera le couplet suivant :

    Jésus, qui chérissez vos épouses, vos filles, De ce lieu de tourmens daignez les retirer :

    Brisez do leur prison les odieuses grilles,

    Ou du moins, par pitié, daignez les consoler.

    II. L'autre peine qui afflige beaucoup ces ames bénies, c'est la vue du temps qu'elles ont perdu pendant la vie, temps par lequel elles pouvaient acquérir beaucoup de mérites pour le paradis; tandis qu'elles ne peuvent plus remédier à cette perte, parce qu'avec le temps de la vie a fini le temps de mériter.*

    Ah ! misérable que je suis, Seigneur, moi qui vis depuis tant d'années sur cette terre, et qui n'ai acquis de mérites que pour l'enfer ! je vous remercie de ce que vous me donnez encore le temps de remédier au mal que j'ai fait. Je me repens, ô mon Dieu, qui êtes si bon, de vous avoir déplu; donnez-moi votre secours, afin que j'emploie la vie qui me reste uniquement à vous servir et à vous aimer: ayez pitié de moi, et ayez aussi pitié de ces ames saintes qui brûlent dans le feu. O mère de Dieu, secourez-les par vos puissantes prières.

    Il faut répéter comme ci-dessus, « Pater, Ave, Jésus, » qui chérissez, etc. »

    III. Une autre grande peine tourmente ces ames bénies, el celle peine est la vue épouvantable de leurs péchés, dont elles paient la dette. Durant la vie présente, on ne connaît point toute la noirceur du péché; mais on la comprend bien dans l'autre vie, cl c'est là une des plus grandes peines que souffrent les ames du purgatoire.

    O mon Dieu, parce que vous êtes une bonté infinie, je vous aime par dessus toute chose, et je me repens de tout mon cœur de vous avoir offensé. Je vous promets de mourir plutôt que de retomber dans mes fautes passées: donnez-moi la sainte persévérance, ayez pitié de moi : ayez aussi pitié de ces saintes ames qui brûlent dans le feu. Et vous, mère de Dieu, secourez-les par vos puissantes prières.

    « Pater, Ave, Jésus, qui chérissez, etc. »

    IV. La peine qui afflige encore le plus ces ames épouses de Jésus-Christ, est de penser que les péchés qu'elles ont commis durant leur vie ont déplu à ce Dieu qu'elles a imcnl tant. Il y a eu quelques pénitens même sur la terre qui sont morts de douleur en pensant qu'ils avaient offensé un Dieu si bon. Les âmes du purgatoire connaissent bien mieux que nous combien Dieu est aimable, et elles l'aiment de toutes leurs forces; c'est pourquoi, lorsqu'elles pensent qu'elles l'ont offensé durant leur vie, elles en éprouvent une douleur qui surpasse toute autre douleur. O mon Dieu, parce que VOUS êtes infiniment bon, je me repenls de tout mon cœur de vous avoir offensé. Je vous promets de mourir plutôt que de retomber dans mes fautes passées: donnez-moi la sainte persévérance, et ayez pitié de moi : ayez aussi pitié de ces saintes ames qui brûlent dans le feu el qui vous aiment de tout leur cœur. O Marie, mère de Dieu, secourez-les par vos puissantes prières.

    « Pater, Ave, Jésus, qui chérissez, etc. »

    V. Une autre grande peine que souffrent ces ames bénies, est de demeurer dans ce feu pour y souffrir, sans savoir quand finiront leurs tourments. Elles savent très-bien qu'elles en seront délivrées un jour, mais l'incertitude où elles sont de ce jour qui doit terminer leurs douleurs, est pour elles un grand tourment.

    Malheur à moi, Seigneur, si vous m'aviez envoyé en enfer, cette cruelle prison, d'où je serais sûr de ne jamais sortir. Je vous aime par dessus toute chose, bonté infinie, et je me repenis de tout mon cœur de vous avoir offensé ! Je vous promets de plutôt mourir que de retomber jamais dans mes fautes : donnez-moi la sainte persévérance ; ayez pitié de moi ; ayez aussi pi lié de ces saintes ames qui brûlent dans le feu. O Marie, mère de Dieu, secourez-les par vos puissantes prières.

    « Pater, Ave, Jésus qui chérissez, etc. »

    VI. Les ames bénies sont bien consolées par le souvenir de la passion de Jésus-Christ et du très saint sacrement de l'autel, parce qu'elles ont acquis le salut par la passion, et qu'elles ont reçu, et qu'elles reçoivent encore une foule de grâces par la communion, el par le sacrifice de la messe; mais autant cette consolation est grande, autant elles sont tourmentées par la pensée d'avoir été ingrates durant leur vie pour les grands bienfaits de l'amour de Jésus-Christ. O m o n Dieu, vous êtes mort aussi pour moi, et vous vous êtes donné si souvent à moi par la sainte communion, et moi, je vous ai toujours payé d'ingratitude! mais maintenant je vous aime par dessus toute chose, ô mon souverain bien, et je me repens par dessus toute chose de vous avoir offensé. Je vous promets de plutôt mourir que de vous déplaire jamais. Donnez-moi h\ sainte persévérance : ayez pitié de moi ; ayez aussi pitié de ces saintes ames qui brûlent dans le feu. O Marie, secourez-les par vos puissantes prières.

    « Pater, Ave, Jésus, qui chérissez, etc. »

    VII. Ce qui augmente les peines de ces ames bénies, c'est le souvenir des bienfaits qu'elles ont reçus de Dieu, comme d'avoir été rendues chrétiennes, d'être nées dans des pays catholiques; d'avoir été appelées à pénitence, et d'avoir reçu pardon de leurs péchés; oui, sans doute, parce que tous ces dons leur font mieux reconnaître leur propre ingratitude.

    Mais qui a été plus ingrat que moi, Seigneur? vous m'avez attendu avec tant de patience, vous m'avez pardonné souvent avec tant d'amour, et moi, après tant de promesses, j'ai recommencé à vous offenser : ah ! ne m'envoyez point en enfer; je veux vous aimer, et ce n'est point en ce lieu que l'on vous aime. Je me repenls, bonté infinie de vous avoir offensé, je vous promets de mourir plutôt que de vous offenser de nouveau. Donnez-moi la sainte persévérance; ayez pitié de moi ; ayez aussi pitié de ces saintes ames qui brûlent dans le feu. O Marie, ma mère, secourez-les par vos puissantes prières.

    « Pater, Ave, Jésus, qui chérissez, etc. »

    VIII. En outre une peine extrêmement amère pour ces ames bénies, c'est de penser que lorsqu'elles vivaient, Dieu leur a prodigué tant de miséricordes particulières qu'il n'a point accordées aux autres; et que par leurs péchés, elles l'ont contraint à les condamner à l'enfer, quoiqu'il ait voulu leur pardonner et les sauver ensuite par un pur effet de sa miséricorde.

    Me voici, mon Dieu, je suis un de ces ingrats qui, après avoir reçu tant de grâces de vous, ai méprisé votre amour, et vous ai contraint de me condamnera l'enfer» Bonté infinie, je vous aime maintenant par-dessus toute chose, et je me repens de toute mon ame de vous avoir offensé; je vous promets de mourir pluioi que de vous offenser désormais; donnez-moi la sain*" persévérance; vu.

    ayez pitié de moi. Ayez aussi pitié de ces saintes ames qui brûlent dans le feu. O Marie, mère de Dieu, secourez-les par vos puissantes prières.

    « Pater, Ave, Jésus, qui chérissez, etc. »

    IX. En un mot, toutes les peines que souffrent les ames bénies, le feu, l'ennui, l'obscurité, l'incertitude du moment où elles seront délivrées de cette prison, ces peines sont grandes ; mais la plus forte douleur de ces saintes épouses est d'être loin de son époux et privées de le voir.

    O mon Dieu, comment ai-je pu vivre tant d'années loin de vous, et privé de votre grâce! Bonté infinie, je vous aime par-dessus toute chose, et je suis marri de tout mon cœur de vous avoir offensé ; je vous promets de mourir plutôt que de retomber dans mes fautes passées : donnez-moi la sainte persévérance: et ne permettez pas que je retombe jamais dans voire disgrâce. Je vous prie d'avoir pitié de ces saintes ames qui souffrent dans le purgatoire: allégez leurs peines et abrégez le temps de leur exil en les appelant bientôt au bonheur de vous aimer face à face dans le paradis. O Marie, mère de Dieu, secourez-les par vos puissantes prières; et priez encore pour nous, qui sommes dans le danger continuel de nous damner.

    « Pater, Ave. Jésus, qui chérissez, etc. »

    Source du texte : Bibliothèque Saint Libère

    Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.

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