Léon XIV, pape augustinien · Lire saint Augustin →

    Des cérémonies de la messe · Alphonse de Liguori

    Première partie : Des rubriques de la messe

    Chapitre Ier : De ce que doit faire le prêtre avant de prendre les ornemens

    De ce que doit faire le prôlrc avant de prendre les ornemens.

    Le prêtre qui veut célébrer la sainte messe, doit auparavant avoir récité au moins les Matines et les Laudes, sous peine do péché véniel, selon l’opinion commune des docteurs, opposée à celle de quelques autres auteurs qui prétendent que le péché est mortel ; car telle a été l’ancienne coutume de l’Eglise : tellement, que le pape Innocent IV, ayant pris connaissance de la controverse de l’archevêque de Nicosie et de ses suffragans latins, avec les évêques grecs du royaume de Chypre, décida ainsi : « Sa- » ccrdos auteni dical horas canonicas mère suo, sed mis- » sam cclebrare priusquam officium matutinale compleve- » rit, non præsumat. » Benoit XIV conclut que cela peut être même un péché mortel, si on le faisait habituellement. Voici ces paroles : « Mais lorsqu’on prend ce sys- » lèmc pat habitude, et sans cause, on peut conclure avec > les auteurs ci-dessus, qu’il y aurait péché mortel.» (De sacrif. miss. s. 2. c. 2.)

    Il. il convient encore que le prêtre ail employé quelque temps à l’oraison mentale. S’il veut se confesser, qu’il le fasse avant de se revêtir des habits sacrés. Il fera ensuite la préparation prochaine, d’où découle proprement toute la dévotion actuelle pendant la célébration. Pour cela, il sera bon de lire attentivement les psaumes et oraisons qu ’on a placés exprès au lieu préparatoire.

    III. La préparation faite, qu’il cherche dans le Missel la messe qu’il veut dire, et qu’il mette en ordre les signets aux endroits convenables : qu’il prépare les ornemens sacrés, et qu’il se lave ensuite les mains, en disant à voix basse : « Da, Domine, vivlulem, etc. » Il faut remarquer que selon l’opinion commune des docteurs, lorsqu’on otnet cette oraison, ou les autres que doit dire le célébrant lorsqu’il se revêt des ornemens sacerdotaux, on n’est point exempt au moins de péché véniel.

    IV. Ensuite, qu’il dispose le calice, plaçant lui-même l'hostie sur la patène, après avoir passé légèrement autour le pouce et l ’index pour en ôter les fragmens qui sont déjà détachés ; qu’il couvre ensuite la patène avec la palle, donllaparliesupérieurene doit point être couverte de soie, comme l’a décrété la sainte congrégation des rites (le 22 janvier 1701); et qu’il place par-dessus le voile étendu par-devant, en sorte qu’il puisse couvrir le pied du. calice, et que les plis se trouvent de côté, et non en avant, pour qu’il soit plus facile à plier lorsqu’il faudra découvrir le calice ; qu’il place la bourse sur le voile, tournant la partie ouverte devant lui : il faut que le corporal soit dans cette bourse, sans quoi elle serait inutile, comme le remarque Ga van lus. La bourse est ensuite couverte par la partie antérieure du voile.

    V. Il faut remarquer que l’on fait un péché grave, comme disent les docteurs, en célébrant avec un corporal considérablement sale ; et Merati en dit autant des autres ornemens. C’est encore une faute vénielle que de se servir d’un corporal à demi propre, à moins qu’on ne puisse s’en procurer d’autre commodément. Le continua Leur de Tournelly dit qu’on pourrait néanmoins licitement se servir d’un corporal très-sale dans le cas où l ’on serait exposé à perdre sans cela la messe de précepte.

    VI. Il faut remarquer encore qu’il ne doit point y avoir de croix au milieu du corporal : on permet bien qu’il y en ait sur le bord de la partie antérieure, où on peut la baiser, lorsqu’on doit baiser l’autel. Il faut remarquer de plus qu’on ne doit placer sur le calice ni mouchoir, ni autre chose; on ne doit mettre non plus sur l’autel que les objets nécessaires au sacrifice de la messe.

    VII. Après que tout est ainsi disposé, le prêtre s’approche du lieu où sont les ornemens qui doivent être à la sacristie, ou, au moins, comme les docteurs le permettent, à l’angle de l’autel, du côté de l’Evangile ; car il n ’est permis qu’aux évêques et aux cardinaux, de même qu’aux prélats qui sont dans l’usage de pontifier, et seulement au moment où ceux-ci exercent les fonctions pontificales, de prendre les ornemens au milieu de l’autel. (S. R. c. 27. sept. 4659.)

    VIII. Avant de commencer à se revêtir, s’il veut faire le signe de la croix, il doit le faire avant de prendre l’amict. Bauldri et Tonncli sont de cet avis.

    IX. D’abord en prenant l’amict par l’extrémité, il doit baiser la croix qui est au milieu ; mais s’il n’y avait point xi.

    de croix au milieu de l'amicl, et qu’il ne pût en avoir d’autre, Morali dit qu’il faut y faire un signe de croix au milieu avec le doigt, et le baiser ensuite : pour le baiser commodément, on peut mettre la main gauche dessous, sans qui lier cependant son extrémité, la placer au milieu en dessous, et approcher la croix de sa bouche pour la baiser. Il doit mettre l’amicl sur sa tête, en le tournant vers la main gauche, et non pas en le jetant tout d’un coup sur la tête ; après l ’avoir appuyé sur sa tête, il le fait ensuite descendre sur le cou, en sorte que le cou ensoil toul-à-fait entouré; il l’attache ensuite autour de sa poitrine avec les cordons, de manière que le cordon droit passe sur le gauche, el l’ayant fait passer derrière, le lie ensuite par devant. Il doit dire pendant ce temps : « Impone, » Domine, etc. »

    Le prêtre doit se revêtir ensuite de l ’aube : s’il y a quelqu’un qui la lui présente, il joint les mains et incline un peu la lèle pour la recevoir : il fait ensuite descendre le côté droit jusqu’à terre, et il soutient l’autre côté avec le bras gauche, afin que la main gauche soit plus libre pour revêtir le bras droit, qui doit toujours être revêtu le premier, il laisse tomber ensuite le côté gauche de l ’aube, et la main droite aide à revêtir la gauche, pendant que le prêtre dit : « Dealba me, etc. » Il se ceint ensuite de la ceinture qui devrait être de lin, comme l ’a déclaré la S. C. des rites. (20 janv. 1701.) On peut assortir la ceinture & la couleur des ornemens, comme le dit une aulre décision du 8 juin 1709. Les rubriquisies veulent que l’aube doive s'attacher lorsqu’elle est tombée jusqu’aux pieds, et qu’ensuite on l’arrange : l’usage actuel est que le prêtre arrange le côté de devant avec les deux mains, de sorte qu’elle soit élevée également au-dessus des souliers, et qu’ensuite il se ceigne. La ceinture doit être double : il faut la prendre du côté droit, de manière qu’en rattachant, les bouts tombent en pendant aussi longs que possible pour assurer l’élole. Il dira en met tant la ceinture : « Præcinge, etc.; »> et le clerc dans cet intervalle doit lui arranger l’aube par derrière, en la relevant à la hauteur des pieds, en sorte qu’elle couvre tout-à-fait la soutane.

    XI. Il prend le manipule, et il en baise la croix ; il l ’attache auprès du coude du bras gauche, afin qu’il ne le gêne pas dans ses fonctions ; il dit en même temps : « Mercar, Domine portare, etc. »

    XII. I! prend l’étole avec les deux mains entre le pouce et l’index, les tenant éloignées l’une de l’autre d ’une distance d’environ une palme, il baise la croix du milieu, et il éloigne ses mains ensuite de manière qu’il reste entre elles une distance d’environ deux palmes et demie, afin qu’il puisse passer l’étole sur ses épaules ; il la rattache ensuite en forme de croix sur la poitrine en plaçant le côté droit sur le gauche : puis il prend les bords de l ’étole et il les tire avec les deux mains autant que possible, parce que de la sorte la croix se dessinera justement au milieu du cou. Ensuite, il la fixera sur les côtés avec les bouts de la ceinture, en disant : « Redde mihi, etc. » Il faut remarquer ici ce que dit Mcrati appuyé sur plusieurs autorités, savoir : que la croix doit être couverte par la chasuble, el c’est pour cela que dans plusieurs églises remarquables par l’exactitude des rits sacrés, on adapte un lien au milieu de l’étole qui s’attache à la ceinture derrière les épaules, afin que l’élole ne saute point hors de la chasuble, ni hors du cou.

    XIII. Enfin le prêtre se revêtira de la chasuble, et il prendra garde non-seulement de l’ajuster sur le cou et sur les épaules, en serrant les deux extrémités de derrière avec les deux mains, et en la tirant pour qu’elle ne fasse aucun pli, mais encore par devant en l'attachant avec les cordons de dessous, et en disant : « Domine, qui » dixisti, etc. » S’il veut porter un mouchoir, il doit l’attacher à la ceinture, mais de manière qu’on ne puisse le voir en dehors. Observez que le prêtre, pendant qu’il se revêt, ne doit parler avec personne, mais qu’il doit être attentif à dire de cœur et à voix basse les prières que nous avons marquées, en réfléchissant aux mystères que représentent les ornemens sacrés.

    Source du texte : Bibliothèque Saint Libère

    Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.

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