Controverses · Saint François de Sales
Epistre dedicatoire à Messieurs de la ville de Thonon et de la Religion prétendue reformée
Cette Epistre est de S. FRANÇOIS CE SALES, par manière do Dédicace
et do Préface.
MESSIEURS, AYANT continué quelque espace de tems la prédication de la parolle de Dieu en vostre Ville (1), sans avoir esté oûy des vostres, que tres-rarement, par interruption et à la dérobée; pour ne laisser rien en arrière de mon costé, je me suis mis à réduire en escrit quelques principales raisons, que j'ay choisies, la pluspart tirées des Sermons, et autres Traictés, que que j'ay faits cy-devant, de vive voix, pour la deffense de la Foy de l'Eglise. J'eusse bien désiré d'estre oiïy aussi bien que les accusateurs ; car les parolles en bouche sont vives, et sur le papier elles sont mortes : La vive voix, dit Saint Hierosme, a je ne sçay quelle secrette vigueur, et le coup est bien plus justement porté dans le cœur, par la vive parolle, que par Vescrit; ce qui a fait dire au glorieux Apostre sainct Paul (Rom. c. 10, 14, 15 et 17) : Comment croiront-ils en celuy qu'ils n'ont point oûy? et de quelle manière pourront-ils oûy r, sans Prédicateur? la foy est par Poùye, et Vouye est par la parolle de Dieu. Quoy que mon mieux eust esté d'estre oûy; cette escriture neantmoins ne sera pas sans de bonnes utilitez; car premièrement elle portera chez vous en particulier ce que vous ne voulez pas prendre chez nous en rassemblée. 2° Elle contentera ceux qui, pour toute response, aux raisons que j'apporte, disent qu'ils les voudroient entendre devant quelques Ministres : il leur semble que la seule présence de l'adversaire nous feroit chanceler, paslir et transir de timidité, et nous osteroit toute contenance; mais maintenant ils les pourront produire. 3° L'escrit se laisse mieux manier; il donne plus de loysir à la considération, que la voix, et on y peut penser plus sérieusement. 4° On verra par là que si je désavoue mille impietez, qu'on impose aux Catholiques, ce n'est pas pour m'eschapper de la me siée, comme quelques-uns ont publié, mais pour suivre la saincte intention de l'Eglise, puisque je mets en escrit nos raisons à la veuë de chacun, et ce (2) sous la censure des Supérieurs, asseuré que je suis, que s'ils treuvent en moy quelques ignorances, ils n'y (1) H faut iry observer que la ville de Tonon, capitale du Cuablaix, estoit presque toute liereUque en ce temps, et qu'il estoit deffendu aux Peuples, par les Ministres, d'oiiyr les Prédications du Sainct. (2) Cela.
treuveront point, Dieu aydant, d'irréligion ny de contrarietez aux déclarations de l'Eglise Romaine. Si (t) faut-il toutefois que je proteste, pour la descharge de ma conscience, et que je déclare, que toutes ces considérations ne m'eussent jamais mis en resolution d'escrire, estant un mestier qui appartient aux Doctes et plus polis entendemens; car il faut extrêmement bien sçavoir les choses, pour les bien escrire : les esprits médiocres se doivent contenter du dire, où l'action, la voix et la contenance donnent du lustre à la parolle; le mien, qui est des moindres, ou à tout rompre de la plus basse trempe des médiocres, ne peut réussir que médiocrement en cet exercice; aussi n'y aurois-je pas pensé, si un Gentilhomme grave et judicieux ne m'en eust pressé et donné le courage : ce que depuis plusieurs de mes principaux amis ont treuvé fort bon; Tadvis desquels je prise tant, que le mien n'a point du tout de créance en moy qu'à faute d'autre. J'ay clone produit ici quelques principales raisons de la Foy Catholique Romaine, qui montrent clairement, que tous ceux qui demeurent séparez de son unité, sont en deffaut. Je vous les addresse, Messieurs, et vous les présente de bon cœur, espérant que les occasions qui vous détournent de m'oûyr de vive voix n'auront point de force pour vous emppscher de lire cet escrit. Apres tout, j'oze vous asseurer, que vous ne lirez jamais d'escrits qui vous soient donnez par un homme plus affectionné à vostre bien spirituel que je le suis; et je puis bien dire que je ne recevray jamais de commandement avec plus de courage que r.eluy de Monseigneur le Reverendissime nostre Evesque me fit, quand il m'ordonna, suivant le sainct désir de son Altesse Serenissime, dont il me mit en main la lettre de Jussion pour venir icy, vous porter la saincte parolle de Dieu. Aussi ne pensay-je vous pouvoir jamais faire un plus grand service, et à dire le vray, je crus que comme vous ne recevez point d'autre resgle pour votre créance, que la seule exposition et interprétation de l'Escriture, qui vous semble la meilleure, vous voudriez peutestre, au moins, oiiyr celle que j'y apporterais, qui est de l'Eglise Apostolique et Romaine, laquelle vous n'avez jamais veuë cy-devant, que toute travestie, défigurée et contrefaite par l'ennemy, qui sçavoit bien que si vous l'eussiez veuë en sa pureté, vous ne l'eussiez jamais abandonnée. Le temps est mauvais, l'Evangile de paix peut à grande peine estre receu parmy tant de soupçons de guerre, et toutesfois je ne perds point courage : les fruicts un peu tardifs se conservent beaucoup mieux que les printaniers, et j'espere que si Nostre-Seigneur crie une fois à vos oreilles, son sainct Eppheta, cette tardiveté réussira avec beaucoup plus de fermeté et de bonheur. Prenez donc, Messieurs, en bonne part, ce présent que je vous fais, et lisez mes raisons attentivement; la main de Dieu n'est point percluse ny partiale ; elle fait volontiers paroistre sa puissance dans les subjpts humbles et grossiers : si vous avez oûy avec tant de promptitude et d'ardeur l'une des parties, prenez encore la patience d'escouter L'autre; après quoy prenez, je vous en somme de la part de Dieu, prenez tems et loisir de rasseoir vostre entendement, et priez Dieu qu'il vous assiste de son Sainct-Esprit, en une affaire de si grande importance, afin qu'il vous dirige dans la voye du salut ; mais sur tout je vous prie que vous ne laissiez jamais entrer dans vos esprits autre passion que celle de nostre Sauveur et Maistre Jesus-Christ, par laquelle nous avons tous esté racheptez et serons sauvez, s'il ne tient à nous, (1) Encore.
puis qu'il désire que tous les hommes soient sauvez et viennent à la cognoissance de la vérité i. Tim. 2). Je prie sa saincte Majesté qu'il luy playse m'ayder, et vous donner sa lumière; qu'il m'ayde pour escrire cet ouvrage, et qu'il vous illumine pour le comprendre selon son esprit : la méthode et le style ne vous déplairont point; car son air est tout-à-fait Savoisien : essayez un peu, s'il vous plaist, ce remède salutaire, que s'il n'alege point vostre mal, encore pourre.z-voua passer ailleurs, et en tasler de plus subtils et appetissans; car il y en a, grâces à Dieu, en nostre Eglise de toutes sortes; vous verrez en celuy-cy des bonnes raisons, desquelles je me rends evictionnaire (1) et rapporteur, et qui vous feront voir clair comme le jour, que vous estes hors du train qu'il faut suivre pour aller au salut, et que ce n'a pas esté la faute de la saincte Eglise, mais la punition de l'avoir abandonnée, ce qui revient au dire du prophète : Perdilio tua ex te Israël (Os. 13). Pouvez-vous ignorer que Nostre-Seigneur estoit vray Sauveur venu pour esclairer tout homme vivant, et servir de lumière pour la révélation des Gentils, et pour la gloire d'Israël? Cependant Israël en prend l'occasion de son ignominie, ne voila pas un grand malheur? Quand il est dit, qu'il est mis pour la ruine de plusieurs, il faut entendre selon l'esvenement, et non pas selon l'intention de la divine Majesté. Ainsi l'arbre rie la science du bien et du mal n'avoit rien de soy-mesme qui put apprendre à Adam le bien ny le mal; ce fut l'esvenement qui luy donna ce nom, parce qu'Adam, y prenant du fruict, espreuva le mal que luy causa sa desobeyssance. Le Fils de Dieu estoit venu pour la paix, repos et bénédiction, non pas pour le malheur des hommes, sinon que quelque impie osast rejetter sur Nostre Seigneur l'aigreur de sa saincte Parolle : Va? homini illi, per quem scandalum venit (Matth. 18), et le voulut condamner par sa propre Loy, à estre jette en la mer la pierre au col. Confessons donc que personne de nous ne peut estre offensé que de soy-mesme, c'est ce que j'entreprens de vous persuader icy à force de raisons.
O mon Dieu! mon Sauveur! épurez mon esprit, faites couler doucement vostre grâce dans le cœur des lecteurs comme une saincte et divine rosée, pour rai'raischir l'ardeur de leurs passions, s'ils en ont, et ils verront tresveritable en vous, et en l'Eglise vostre espouse, ce que vous en avez dit, et n'en feront point la matière du scandale.
Cette grande facilité que les hommes ont de se scandaliser fit dire (ce me semble) à Nostre-Seigneur, qu'il estoit impossible que le scandale ne fust point, ou, comme dit S. Matthieu, qu'il estoit nécessaire qu'il arrivust des scandales; car si les hommes prennent occasion de mal du souverain bien mesme, comment se peut-il faire qu'il n'y eust du scandale au monde, où il y a tant de maux, et si peu de bien?
Mais il est bon de remarquer qu'il y a trois espèces de scandales, toutes trois très-mauvaises de leur nature, quoy qu'inégalement : il y a un scandale que nos Théologiens appellent actif, et c'est une action mauvaise qui donne occasion de raal-faire à autruy; la personne qui fait ce scandale actif, s'appelle justement une personne scandaleuse; les deux autres espèces s'appellent scandales passifs; le scandale passif est intérieur ou extérieur; car entre les personnes qui sont scandalisées, les unes le sont en effet par les mauvaises actions du prochain, qui par après produisent en elles le scandale actif, qui met leurs volontez en butte aux scandaleux : les autres le sont par leur propre malice; car n'ayant point d'occasion d'ailleurs, elles {{) Du latin Evincio, Lier, colliger.
en bastissent et en forgent en leurs propres imaginations, et se scandalizent elles-mesmes d'un scandale qui est tout de leur creu : certes, qui scandaiize autruy manque de charité vers soy-mesme; qui est scandaiize par son prochain, manque de force et de courage; qui l'est sans aucune raison, manque de justice et de charité; le premier est scandaleux; le second est scandaleux et scandaiize ; le troisiesme est scandaiize seulement. Le premier s'appelle datum; c'est-à-dire donné. Le second, acceptum; c'est-à-dire pris. Le troisiesme, receptum; c'est-à-dire receu. Le premier surpasse le troisiesme en meschanceté; et le second surpasse d'autant le premier, qu'il contient le premier et Je second, estant actif et passif tout ensemble : comme se massacrer et se précipiter soy-mesme, est une espèce de cruauté plus dénaturée, que de tuer autruy.
Toutes ces sortes de scandales abondent dans le monde ; on n'y voit rien de plus commun que le scandale ; c'est le principal trafic du diable, ce qui faisoit dire à Nostre-Seigneur, malheur au monde, à cause des scandales; il est vray que le scandale, pris sans occasion, tient le premier rang de tous costez, aussi est-ce le plus fréquent, le plus dangereux et le plus dommageable.
C'est de celuy-là seul, duquel Nostre-Seigneur est devenu l'objet des ames qui se sont mises en proye à l'iniquité; mais un peu de patience, Nostre-Seigneur ne peut jamais estre scandaleux; car tout est en luy souverainement bon, et rien scandalizable, parce qu'il est souverainement puissant et sage; comment donc se peut-il faire qu'on se scandaiize de luy, et qu'il soit mis à la ruine de plusieurs? Ce seroit un horrible blasphesme, d'attribuer nostre mal à sa Majesté ; elle veut que chacun soit sauvé, et vienne à la cognoissance de la vérité; elle ne veut qu'aucun périsse; car nostre perdition vient seulement de nous; et nostre ayde de la Bonté divine : ainsi donc Jesus-Christ, et sa saincte Parolle, ne peuvent nous scandalizer; mais c'est nous-mesmes qui nous scandalizons en luy; et c'est en ce sens qu'il faut expliquer ce que luy-mesme enseigne, disant, bienheureux qui ne sera point scandaiize en moy, et autre part, il a esté mis à la ruine de plusieurs; car on le doit vérifier de Tesvenement qui fut tel, que plusieurs s'y sont ruinés, non pas selon l'intention de la Bonté supresme, qui ne l'avoit envoyé que pour estre la lumière en révélation aux Gentils, et à la gloire d'Israël. S'il se treuve des gens qui veuillent dire le contraire, il ne leur restera, sinon d'inférer avec impieté contre leur Sauveur, par sa propre parolle, Malheur par qui vient le scandale!
Cherchons, je vous prie, en nous-mesmes la cause de nos vices; nous trouverons que nostre volonté en est la seule source : nostre mere Eve voulut bien s'excuser sur le serpent, et son mary sur elle; mais l'excuse ne fut pas recevable; ils eussent mieux fait d'avouer, et dire le bon peccavi, comme David, auquel incontinent la faute fut remise.
J'ay dit cecy, Messieurs, pour vous faire cognoistre d'où vient cette grande dissention de volontez, au fait de la Religion, que nous voyons, parmy ceux qui font profession de bouche du Christianisme. Celuy-cy, sans doute, est le principal et le souverain scandale, il semble que ce soit quasi la mesme chose, quand Nostre-Seigneur dit : Il est nécessaire que le scandale advienne, et quand saint Paul dit : Il faut quHl y ayt des hérésies (i. Cor. 11). Ce scandale se va diversifiant et multipliant avec le tems; mais comme un mouvement violent ne peut durer, ainsi sa malice s'esmousse et s'affoiblit enfin. Je conclus donc que ceux qui commencent une division et une guerre civile entre les Chrestiens, par l'heresie, commettent un scandale purement passif pris ab intrinsèque (1); puis qu'il n'y a point de mal dans l'hérésiarque, qui ne soit du tout produit de sa volonté, personne n'y a part que luy. Le scandale des premiers, qui corrompent la Religion, tombe sur plusieurs, mais inégalement; car l'hérésiarque y a sa meilleure part, à cause de la sollicitation : les sectateurs y en ont une d'à a tant plus grande, qu'ils ont eu moins d'occasion de le suivre; mais l'heresie dans son progrez ayant pris pied, ceux qui nayssent parmy les hérétiques, de parens hérétiques, ont tousjours moins de part à la faute : neantmoins il n'arrive jamais que les uns et les autres ne soient coupables de leur erreur, particulièrement ceux de nostre a a g e, qui sont tous en scandale, presque purement passif, attendu que l'Escriture qu'ils manient, le voisinage des vrays Chrestiens, les marques qu'ils voyent en la vraye Eglise (de laquelle ils se sont séparez), leur peuvent mettre en avant ces parolles de son Espoux : Recherchez dans mes Escritures, par lesquelles vous pensez avoir la vie éternelle, ce sont elles^mesmes qui rendent te&moignaye de moy (Joan. 5); et autre part : Les œuvres que je fais au nom de mon Pere, rendent aussi tesmoignage pour moy (I&îd.).
J'ay dit que leur scandale est purement, ou presque purement passif, et voicy de quelle manière. On sçayt bien que l'occasion de leur division et de leur divorce.d'avec nous, est l'erreur imaginaire, l'ignorance et l'idolastrie qu'ils disent estre en l'Eglise, laquelle ils ont abandonnée : neantmoins c'est chose toute certaine, que l'Eglise en son corps gênerai ne peut estre scandaleuse, et l'on peut dire aussi qu'elle est inscandalizable, comme son Espoux, qui luy a communiqué par grâce et assistance particulière, ce qui luy est naturel en propriété; car estant le Chef, îl a conduit ses pas au droit chemin; comme cette Eglise est son corps mystique, il prend à soy l'honneur et le mespris qui luy est fait. Ainsi l'on ne peut dire qu'elle puisse prendre ou donner ou recevoir aucun scandale : ceux donc qui se scandalizent en elle, en ont tout le tort et toute la faute en eux-mesmes; leur scandale n'a point d'autre subjet que leur propre malice, qui les va chatouillant, pour les faire rire et complayre en leurs iniquitez. Voicy donc, Messieurs, ce que je pretens monstrer en ce Traicté; je n'ay point d'autre intention, que de vous faire voir, que cette Suzanne mystique est accusée injustement, et qu'elle a raison de se plaindre de tous ceux qui se sont distraits de sa société, avec les parolles mesmes de son Espoux : Us m'ont hay d'une hayne injuste (Psai. 24). Je preuveray mon dire en deux laçons : premièrement, par certaines raisons très générales; secondement, par des exemples particuliers, où je proposeray sur les principales difficultez, comme par manière d'essay, tout ce que tant de doctes hommes en ont escrit : car tout tend là et y revient, quoy que par divers moyens, estant libre à chacun de se proposer un chemin particulier, qui tend au mesme lieu. Pour moy je tascheray de réduire toutes les lignes de mon discours à ce poiuct, comme au centre, et le plus justement que je pourray. La première partie servira presque esgalement à combattre toutes bortes d'heretiques. La seconde s'addressa plus spécialement à ceux, à la réunion desquels nous avons plus d'inclination, d'obligation et de devoir. La première fera voir les deffauts de Mission, dans ceux qui ont presché et enseigné contre l'Eglise Catholique, Apostolique-Romaine; la seconde traittera de l'Eglise mesme, de son Chef, de son Ordre, de ses Cl) De l'iiiteneai-.
II.
Marques, de ses Sacrements, et de la Doctrine constante touchant le Purgatoire.
Tant de grands personnages ont escrît en nostre aage sur ce subjet, que la postérité n'a presque plus rien à y désirer, ains seulement à considérer, apprendre, imiter et admirer : je ne diray donc rien qui soit nouveau, et je ne le voudrois pas faire; car tout est ancien dans cet escrit, et n'y a presque rien du mien que le fil et l'esguille. Le dessein ne m'a cousté qu'à le descoudre et le recoudre à ma façon, en suivant cet avis do Vincent de Lerins, c. 27 : Doce tu, quae didicisti; sed Uà doce, ut cum dicas novè, non dicas nova. Ce Traicté semblera peut-estre un peu trop accourcy et trop devestu ; cela ne vient pas de ma chicheté, mais de ma pauvreté et de mon peu de tems. Ma mémoire a fort peu de moyens de reserve, et ne s'entretient que du jour à la journée; je n'ay que fort peu de livres en ce lieu, dont je me puisse enrichir : prenez neantmoins à gré cette production, telle qu'elle est; je vous l'offre, Messieurs, et quoy que vous ayez veu plusieurs autres livres mieux faits et mieux parez, arrestez un peu vostre attention sur celuy-cy, qui peut-estre sera plus sortable à vostre complexion que les autres : car son air est du tout Savoisien, et l'une des plus salutaires recettes et derniers remèdes, puisque c'est le retour à l'air naturel. Si pourtant il ne profite point en tout, l'on vous en montrera d'autres plus riches et plus subtils. Je vay donc commencer au nom de Dieu; lequel je supplie très humblement, de faire couler tout doucement la saincte Parolle, comme une fraische rosée, dans vos cœurs, et je vous prie, Messieurs, de vous ressouvenir, et ceux qui liront cecy, des parolles de sainct Paul, que toute amertume, ire, dédains, crieries, blasphesmes et toute malice soient osiez de nous et de vous (Ephes. 4). Amen.
Source du texte : Bibliothèque Saint Libère
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