Léon XIV, pape augustinien · Lire saint Augustin →

    Choix d'homélies de saint Grégoire le Grand, à l'usage de la jeunesse · Saint Grégoire le Grand

    Homélie I : Pour le jour de l'Épiphanie

    Ils lui dirent : À Bethléem de Juda.

    Au milieu de tous les prodiges qui ont éclaté à la naissance ou à la mort du Seigneur, considérons l'incroyable (l'excessive) dureté de cœur de certains Juifs : rebelle aux prophéties, cette dureté a résisté aux miracles mêmes j car Jnfernus; c'est le sein ou les entrailles de la terre. Le mot infernus, enfer, dans la langue ecclésiastique, a une signification multiple : 1° il désigne ce lieu de supplices où les damnés sont torturés ; 2° ce lieu d'expiation où vont les âmes souillées de quelques fautes légères, ou qui n'ont pas encore satisfait à la justice de Dieu ; 3° ce lieu mystérieux où se rendaient les âmes des justes de l'Ancien Testament ; 4° enfin, infernus désigne le sein de la terre où était déposée la dépouille mortelle de ceux qui ressuscitèrent à la mort du Sauveur.

    * Le mot basilique est expliqué dans la Préface* La basilique do Saint-Sol cognovit, quia lucis suse radiosabscondît. ftixaetparieU» cognoyeruut, quia tempore mortis ejus scissa sunt. Jnfernus agnovit, quia eos quos tenebat mortuos reddidit.

    Pierre, dont la fondation primitive remonte au berceau du Christianisme, est le plus vaste et le plus riche temple du monde. Là reposent d'innon • brables martyrs; entre autres saint Pierre et saint Paul, dont une partie des ossements sacrés se trouvent sous l'autel papal. La basilique de Saint-Pierre est située au Vatican, l'une des Collines de Rome.

    Et tamen, etc. Construisez votre phrase de la manière suivante: Corda Judœorum adhuc infidelinm cognoscunt minime hunc Deum esse quem omnia elementa insensibilia smserunt esse Dominum. — Qui; sous-entendez l'antécédent illi eux qui.— Ad cumulum damnationis suœ pour comble de leur condamnation.— Prœsciverunt longé antè nasciturum, connurent longtemps à l'avance la naissance future de celui qu'ils méconnaissent quand il est né.

    * Et non solum noverant quia tiasceretur, tournure de phrase propre à la langue latine chrétienne ; les païens auraient supprimé le quia mis le verbe à l'infinitif et son sujet à l'accusatif, de la manière suivante : et non solum noverant eum nasciturum esse. Remarquez hoïrrant^ véritable plus-que-parfait, qui doit se rendre par un imparfait, comme fuit, véritable parfait, se vend par un pressent. — Didicerunt, ils ont appris, 3e personne plur. du parfait imite, de disco. Le parfait de ce verbe prend un redoublement ; on appelle ainsi la répétition, devant le radical, des deux, premières lettres du radical lui-même; ainsi dans disco les deux premières lettres du radical dise sont di; en les répétant j'obtiens didi ; en ajoutant la terminaison, j'arrive à didicerunt. — Et proferunt testimonium quôd, etc., tournure propre à la langue chrétienne (voir plus haut).—Bethtehem,sujet de aslendUur. Bethléem est connu, tous les éléments ont témoigné de l'arrivée de leur auteur.

    Pour proclamer sa divinité, les deux ont aussitôt envoyé une étoile; la mer est devenue, sous ses pieds, comme un terrain solide; à sa mort, la terre a tremblé, le soleil a voilé sa lumière, les rochers se sont fendus, les murs se sont écroulés, et les tombeaux ont rejeté de leur sein les morts qu'ils renfermaient.

    Et cependant celui que ces créatures inanimées avouent à l'envi pour leur Maître, le cœur endurci des Juifs refuse encore de le reconnaître pour Dieu; comblant la mesure de leur crime, ils méconnaissent, à sa naissance, celui dont l'avènement leur fut connu longtemps à l'avance.

    Bien plus, ils connaissaient le lieu de sa naissance ; fondés sur l'autorité de l'itcriture, ils l'indiquent à Hérode qui le demande : C'est Bethléem, disent-ils expressément, que, aux termes de l'Ecriture, le nouveau Roi veut honorer de sa naissance; en sorte que leur science est tout ensemble un titre de condamnation pour eux, et pour nous un motif de foi (de crédibilité).

    est signalée (dans les divines Écritures). — Ilenorari, à être honorée pour être honorée, etc. Bethléem, petite ville de la tribu de Jinla, à Jamais immortalisée par la naissance du Sauveur du monde, est à 10 kilomètres sud de Jérusalem (2 lieues et demie). — Credulitalis veut dire foi, et non crédulité; il désigne une vertu, et non un défaut.

    » L'habile écrivain veut mettre en lumière la dureté de cœur du peuple Juif. Fidèle à son objet, il ne le perd pas de vue un seul instant. Qu'on pèse toutes les paroles de ce premier paragraphe; pas un mot qui ne porte et qui n'aille directement au but. L'orateur n'a pas noyé sa. pensée dans un torrent de mots stériles, il l'a développée et environnée de tous les détails qui la rendent plus saillante et pour ainsi dire palpable... Remarquez aussi l'ordre ingénieux qui règne dans les diverses circonstances qu'il rapporte. C'est une gradation toujours croissante d'idées; le discours, en avançant, devient plus animé, plus fort, plus énergique. En un mot, pas de trait inutile dans ce tableau; les couleurs, habilement combinées, font toutes ressortir le sujet principal, et l'on demeure convaincu que l'insensibilité du Juif endurci est vraiment prodigieuse, inexplicable.

    II.

    III.

    Magi vcro aurum, thus et m) rrbam déférant. Aurum quippe régi congruit, thus ver6 in Dei sacrificium ponëbatur, myr-Prov. xxi, 3o.

    Nativitate Régis nostri cogniid, ablatif absolu ; il est ainsi appelé parce qu'il n'a pas un rapport nécessaire avec la phrase principale qui présente un sens raisonnable, supposé la suppression de l'ablatif absolu. — Argumenta, moyens, expédients, inventions. — Convertitur ad argumenta caliida ; mot à mot : se tourne vers les moyens artificieux ; (il a recours à la ruse). — JYie est pour ut non; nous avons déjà dit que celle fusion de deux mots en un seul s'appelle contraction, c'est-à-dire rapetissement, resserrement.

    * Sed quanta est mais quelle est, malitia humana la malice humaine, etc. ; comme s'il disait : y a-t-il une malice humaine contre le conseil de la Divinité ? Que si l'on traduit quanta par combien grande, il est ironique, et revient à dire : combien est faible, combien est misérable la malice, etc.

    Nam ea stella quee, car cette étoile qui... Ea et quœ sont deux mots corrélatifs; ils sont ainsi appelés parce qu'ils se correspondent, ils s'appellent l'un l'autre. — Magos. Tout le monde connaît les rois mages qui vinrent adorer le Sauveur naissant; suivant la tradition, ils se nommaient Balthasar, Melchior et Gnspar. Chez les Modes, les Perses et autres peuples orientaux, on donnait aux prêtres le nom de mages. Ils formaient dans la nation la caste ou classe savante. Seuls ils cultivaient les lettres, les arts, les sciences; plusieurs s'occupaient surtout d'astronomie, d'astrologie ou do la science prétendue do prédire l'avenir d'après

    IL Allez, et, lorsque TOUS l'aurez trouvé, faites-le-moi savoir.

    Informé de la naissance de notre Roi, Hérode a recours à la ruse pour conserver son royaume terrestre. Il demande qu'on lui apprenne le lieu où se trouve l'enfant; il fait semblant de vouloir aller l'adorer, pour le faire périr.

    Mais que peut toute la malice humaine contre les conseils de Dieu ? Il est écrit, en effet : Toute sagesse, toute prudence, tout conseil est vain contre le Seigneur.

    Aussi l'étoile qui s'est montrée, guide fidèlement les mages; ils trouvent l'Enfant-Roi, lui offrent des présents, et un songe les avertit de ne pas retourner vers Hérode. C'est ainsi que Jésus échappe aux recherches de ce prince. N'est-il pas une figure évidente des hypocrites, au faux zèle desquels le Seigneur refuse de se montrer?

    Ils lui offrirent en présent de l'or, de l'encens et de la myrrhe.

    Mais les mages offrent de l'or, de l'encens et de la myrrhe. L'or est l'apanage des rois ; l'encens s'offrait à Dieu en sacrifice; quant à la myrrhe, elle servait à embaumer les corps. Ainsi, l'adoration des mages est accompagnée de l'inspection des astres, et de la magie ou art de produire, par le secours des démons, des effets merveilleux et hors du cours ordinaire de la nature; de là sans doute le nom de magicien* magi. La tradition nous apprend que les mages devinrent les apôtres de leur pays. — Remarquez ne, contraction pour ut non. —- Admonentur in somnis ut non debeani redire, etc.; ils sont avertis en songe qu'ils ne doivent pas retourner,etc. Cette tournure est propre à la langue chrétienne ; nous l'avons déjà fait remarquer. — Itaut, deux mots corrélatifs encore. Voir au commencement de cette note nos observations sur les corrélatifs» — Cujus persona qui alii quàm, etc. Commencez la construction par : qui alii quels autres, quàm que, hypocritœ les hypocrites, designaniur sont désignés, persand par la personne, cujus de cet (Uerodis sous-ent.) Hérode.

    qui (les hypocrites), etc.

    « Hérode est un type d'hypocrisie, c'est un type de cette soi-disant politique qui commence par la ruse et finit par la violence; qui n'a d'autre règle, d'autre morale, d'autre religion, d'autre Dieu que l'intérêt, et l'intérêt matériel. Politique infernale que Nicolas Machiavel a réduite en théorie dans son livre du Prince.... Du reste, Hérode, dans cet art perlido, eut plus tard d'innombrables imitateurs, comme il avait eu dans le passé de nombreux devanciers. Le Pharaon, persécuteur de Moïse, préfigurait Hérode, persécuteur du Christ.... N'oublions pas quo tout est symbolique ou figuratif dans l'Ancien Testament La loi, dit Bossuet,, est un Evangile caché, et l'Evangile est la loi expliquée.

    Eum ergô, etc. Construisez la phrase de la manière suivante : Ergô magi prœdicant eum quem adorant, etiam muneribus mysticis, regem auro, Deum thure, etc. Remarquez encore ici les corrélatifs eum quem. L'ellipse ou suppression de l'antécédent est plus fréquente dans la langue latine païenne que dans la langue ecclésiastique.— Comprenez bien la signification de mysticis muneribus, par des présents mystiques, c'est-à-dire figuratifs, représentatifs de quelque chose, symboliques.

    * Sunt verà nonnulli, etc., quelques hérétiques, etc. — Nequaquam, nullement, en aucune manière.

    Remarquez encore nolunt, autre fusion de nonvolunt; (ils refusent de lui offrir la myrrhe, symbole de sa mortalité).

    Faites attention à et intercalé entre intelligi et aliud; il prend ici un sens tout symbolique : For proclame la royauté (du nouveau-né) ; L'encens, sa divinité; la myrrhe, sa mortalité.

    Des hérétiques se rencontrent qui confessent sa divinité, mais qui nient sa royauté universelle; ils lui font bien l'offrande de l'encens, mais ils n'y joignent pas l'offrande de l'or.

    Il en est d'autres qui, le tenant pour roi, lui dénient la divinité ; ils lui offrent l'or, c'est vrai, mais lui refusent l'encens.

    D'autres confessent sa divinité et sa royauté, mais refusent de croire à son incarnation. A l'or et à l'encens qu'ils offrent, il manque la myrrhe, symbole de sa mortalité.

    Quant à nous, au Seigneur naissant offrons l'or, pour confesser sa royauté sans limites ; l'encens, pour proclamer l'éternité de ce Dieu qui a paru dans le temps; la myrrhe, pour exprimer la mortalité de notre chair en celui que sa divinité rend impassible.

    L'or, l'encens, la myrrhe, peuvent encore avoir une autre signification. L'or, en effet, désigne la sagesse, au témoignage de Salomon : Un trésor digne d'envie, dit-il, repose sur les lèvres du sage *.

    une acception nouvelle ; il signifie : aussi j môme. En principe, toutes les fois que et ne joint pas ensemble deux noms, deux membres de phrase, il est adverbe, et doit se rendre par : aussi, même Dans ce dernier cas, i) est toujours incorporé dans un membre de phrase, au lieu d'être au commencement.

    Le saint docteur, dans ce passage, spédQe trois sortes d'hérétiques :

    i ° Ceux qui nient la royauté universelle du Christ; à cette classe appartiennent les Manichéens. Suivant ces rêveurs, les corps ou la matière auraient été créés par le principe du mal, et par là même seraient soustraits à la souveraineté de Dieu. 2° Ceux qui nient la divinité de Jésus-Christ. De ce nombre sont les Ebioniles, hérétiques du premier ou du second siècle de l'Eglise, et aussi les Ariens ainsi nommés de leur chef, Arius, prêtre d'Alexandrie, (310). 3° Ceux qui nient la réalité de l'incarnation du Sauveur, prétendant que sa chair n'était qu'imaginaire ou apparente; tels furent en général les gnostiques (illuminés), surnommés, pour ce motif, docMcs, opinants, ou imaginants.

    Prov. xxi, 20.

    L'encens qu'on brûle en l'honneur de Dieu est un emblème de la prière; témoin cette parole du Psalmiste : Que ma prière s'élève comme l'encens en votre présence.

    La myrrhe figure la mortification de la chair : de là cette parole de la sainte Eglise au sujet de ses athlètes combattant pour Dieu jusqu'à la mort : Mes mains ont distillé la myrrhe.

    C'est donc offrir l'or au nouveau Roi, que de resplendir en sa présence de l'éclat de la sagesse surnaturelle; c'est lui offrir l'encens, que de consumer sur l'autel de nos cœurs les pensées charnelles par les saintes ardeurs de l'oraison ; c'est lui offrir la myrrhe, que d'exterminer, par la mortification, les vices de la chair.

    IV. Ils retournèrent dans leur pays par an autre chemin.

    Il y a pour nous quelque grande leçon dans ce retour des mages en leur pays par un autre chemin. Fidèle aux avertissements d'en haut, leur conduite assurément doit renfermer quelque enseignement pour la nôtre.

    Notre pays, c'est le paradis; impossible d'y arriver, Jésus une fois connu, en suivant nos anciennes voies. C'est, en ad quam prohibemur, Jesu cognito, redire per viam quâ venimus : Jésus une fois connu, impossible d'arriver (à notre pays) en suivant nos anciennes voies. Le mot paradisus, pour désigner le séjour des élus, le le ciel chrétien, est exclusivement de la langue chrétienne.

    La connaissance de Jésus !!!! Dans la langue de l'Evangile, le mot connaissance ne désigne pas une simple vue de l'esprit, c'est-à-dire une connaissance théorique ou spéculative, mais une connaissance qui, pénétrant le cœur, s'y change en sentiment, et réagit sur la volonté, siège des déterminations. Ainsi entendue, la connaissance opère dans l'homme une transformation complète, et sur les ruines du vieil homme s'élève glorieux, l'homme nouveau. Or, ce beau changement, qui doit être le but et l'effort de la vie entière, le saint docteur le décrit avec un naturel, une précision admirables, avec une richesse de langage et une remarquable vigueur : « A l'orgueil doit succéder l'humilité, l'amour de la règle doit remplacer l'insubordination ; la mortification et le mépris de tout ce qui passe, doit se substituer à la recherche immodérée des biens terrestres et des jouissances criminelles de la vie.... Jésus ! nom le plus aimable qui soit sur la terre et dans les cieux ! nom qui résonne à l'oreille comme une suave mélodie, qui est pour la bouche comme un miel délicieux, et pour le coeur une source intarissable de joies et de consolations... Isaïe appelle l'Homme-Dieu Y Admirable, le Conseiller, Je Dieu fort, le Père du siècle futur, le Prince de la paix. Et <li' lait, il porte à bon droit tous ces noms glorieux; mais son vrai nom, son nom propre, comme aussi son nom le plus attrayant et le plus délectable, c'est le nom de Jésus, de Sauveur : il vient en ce monde non pour appeler des justes, mais des pécheurs, non pour perdre, mais pour sauver. Ce nom, il l'a conquis au prix de tout son sang. Ce nom lui a tout coûté, il nous a tout valu! Oh ! que ce nom remue délicieusement les entrailles chrétiennes. et de quel amour, de quelle vénération ne devons-nous pas l'environner I

    Stwpcctà, vigilants, attentifs.— Judicium exircmœ districtionis, jugement d'une extrême rigueur, — Terrores peccatoribus intentât, expression remarquable par sa hardiesse et son énergie : il suspend, il fait planer des terreurs sur les âmes coupables. L'effet est mis pour la cause, les vengeances pour les terreurs qu'elles doivent naturellement exciter. — Et tamen adhuc suslinet, et pourtant il patiente encore (il retient son bras vengeur). — Et idcirco, etc. En construisant la phrase, rapprochez idcirco de ut qui se correspondent.

    * Fallacia voluptatum, appât, amorces des voluptés (résistons aux enchantements de la volupté),

    * Pertimescamns. Sentez bien la force de per ajouté au simple timescamus. Cette préposition élevé la signification des mots qu'elle précède au plus haut degré : craignons profondément. — Præcepta, les arrêts les jugements de Dieu,

    Lue. Y i / JG. — » IVahn. i. (9.

    effet, l'orgueil, la révolte, l'amour des choses visibles, les jouissances défendues qui nous ont éloignés de la patrie; pour y revenir, les larmes, l'obéissance, le mépris des choses terrestres et la mortification des appétits sensuels, sont nécessaires. C'est donc par un autre chemin que nous retournons dans notre pays, puisque les plaisirs nous éloignent des joies du paradis, dont nous rapprochent les gémissements do la pénitence.

    Il faut donc que, toujours tremblants et sur nos gardes, nous placions en face de notre pensée, d'une part, nos iniquités, de l'autre, la suprême rigueur du jugement. Considérons l'extrême sévérité dû juge qui s'avance, menaçant invisiblement de sa justice ; il fait planer la terreur sur les tètes coupables, et pourtant il retient encore son bras vengeur; il surseoir à sa venue, précisément pour trouver moins de coupables à frapper.

    Expions nos péchés dans les larmes, résistons aux enchantements de la volupté, aux séductions des folles joies; car il va paraître le juge qui nous dit : Malheur à vous qui rie? maintenant, parce que vous gémirez et vous pleurerez.

    Que la crainte des jugements de Dieu nous pénètre profondément, si nous voulons célébrer vraiment cette solennité de Dieu. Le sacrifice qui lui plaît, c'est la détestation du péché; suivant ce mot du Psalmiste ; Le sacrifice digne de Dieu, c'est la componction du cœur. La réception du baptême nous remit nos fautes anciennes; les eaux de ce sacrement ne peuvent effacer une seconde fois les fautes nombreuses commises postérieurement.

    C'est pourquoi notre vie, souillée depuis le baptême, doit être plongée dans un bain de larmes : par là nous regagnerons, par un autre chemin, notre pays où nous fera parvenir le secours de notre Seigneur qui vit et règne, etc. * « Quia ergô el posl. Rappelez-vous l'observation faite précédemment sur et lorsqu'il ne joint pas deux noms on doux membres de phrase: il est adverbe, et doit se traduire par aussi.

    U O W U A HABITA A D POPULUM JN BAKU.IGA S A K C T l LAWRENTU B1ARTYRIS

    S E G U K P A D O H I K I C A POST PBNTKCOSTBN.

    ' Saint Laurent, archidiacre de Rome, est un des plus célèbres martyrs «le l'Église. L'an 262, il fut rôti sur un gril que l'on voit encore, et déposé honorablement dans la catacombe qui porte son nom, et située hors de Rome sur la Voie ïiburline, c'est-à-dire qui conduit à Tibur ou Tivoli. En 330, Constantin y fit construire une basilique, qui, plusieurs fois restaurée, subsiste encore aujourd'hui.

    * Entre quàm t&Novi, inlercalez priecepta sous-entendu : plus sévères que les préceptes du Nouveau (Testament).— Consideratione improxidâ, par une considération téméraire., c'est-à-dire incomplète, superficielle (mais ceux-là s'abusent par défaut de réflexion). — ln iUo ; suppléez Veteri Testamento. — Tenacia veut dire attache à l'argent, avarice. — Ibi, là, désignant l'objet le plus éloigné, c'est-à-dire l'Ancien Testament. — Res sublata injuste punitur restitutions quadrnpli (le voleur est condamné à la restitution du quadruple, c'est-à-dire à restituer quatre fois la valeur de l'objet frauduleusement soustrait). Hic, \v\ (dans le Nouveau Testament). — Non reprelienditur abstuiisse, n'est pas blâmé, accusé d'avoir enlevé. —Abstuiisse vient ù'aufero, anfers abstuli, ahtatnm, auferre* Composé de ab et de fero, ici le b de ab ne s'est pas clhinué en f, première lettre de fero. Pourquoi P C'est que si deabfero on eût fait affero, conformément à la règle, ce verbe, qui veut dire enlever, emmener, se serait confondu avec affero, composé de ad et de fero qui signifie le contraire du premier, c'est-à-dire, apporter, amener.— Exlulit se in rébus acceptis; mot à mot : il s'est élevé dans les biens reçus (il s'est enorgueilli de son avoir, de ses richesses).

    Ergo colligendum est hinc summopere; mol à m o l : donc il faut inférer ou conclure de là avec un très-grand soin. — Quâ pœnâ su mnltandus; mot à mol : de quelle peine est devant être frappé. — Qui II Reg, xn, 6. — *> Luc xix, 8,

    Source du texte : Bibliothèque Saint Libère

    Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.

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