Léon XIV, pape augustinien · Lire saint Augustin →

    Autre règlement abrégé pour la vie d'un chrétien · Alphonse de Liguori

    Autre règlement abrégé pour la vie d'un chrétien

    Le matin, en vous levant, faites les actes suivants : ? ° Mon Dieu, je vous adore, je vous aime de tout mon cœur, et je vous remercie de tous vos bienfaits et surtout de m'avoir conservé cette nuit. a« Je vous offre tout ce que je ferai et souffrirai en ce jour, en union des actions et des souffrances de Jésus et de Marie, avec la résolution de gagner en ce jour le plus d'indulgences que je pourrai. 3° Je me propose de ne pas vous offenser, mais veillez sur moi, Seigneur, afin que je ne vous trahisse pas. Marie très-sainte, gardez-moi sous votre protection. Mon ange gardien, et vous mes Saints patrons, protégez-moi, dites enfin un Pater un Ave un Credo et puis trois Avez la pureté de Marie.

    Pendant la journée, tâchez de faire une demi-heure d'oraison mentale si vous en avez le temps. L'oraison mentale n'est pas d'une nécessité absolue, mais d'une nécessité morale pour obtenir la persévérance ; ceux qui n'en font pas ne persévèrent pas dans la grâce de Dieu, en voici la raison : i ° Parce que les vérités éternelles ne sont pas visibles aux yeux du corps, mais seulement aux yeux de l'esprit. Par conséquent celui qui ne les médite pas ne peut les voir; et, ne voyant pas les vérités éternelles, il ne peut voir l'importance de son salut, les moyens qu'il doit prendre et les obstacles qu'il y met; il est donc difficile qu'il se sauve. La seconde raison est que l'ame qui ne médite pas ne s'exerce pas à la prière ; oi\ la prière est non-seulement nécessaire de nécessité précepte, mais même de nécessité moyen, pour observer les commandemens divins, car ordinairement le Seigneur ne prête ses secours ( ce qui doit s'entendre des adultes) que lorsqu'on les lui demande. Or, celui qui ne fait pas d'oraison mentale connaît peu ses besoins spirituels et très peu aussi la nécessité de la prière pour résister aux tentations et se sauver. Il prie donc très peu; et, priant peu, il se perd. Un grand évêque, monseigneur de Palafox, disait : Comment le Seigneur nous donnerait-il la persévérance si nous ne la lui demandons pas? Et comment la demanderons-nous sans V oraison? Ste-Thérèse disait que, qui fait oraison ne sera pas long-temps en péché; il laissera le péché, ou il laissera l'oraison; l'oraison et le péché ne peuvent se trouver ensemble-

    Quant à la pratique, l'oraison mentale se divise en trois parties : préparation, méditation et conclusion. Dans la préparation on fait trois actes : i ° de foi en la présence de Dieu; a° d'humilité; 3° de demande des lumières ; il faut dire ; i ° Mon Dieu, je vous crois présent, et je vous adore; 2° Je devrais être présentement dans l'enfer, Seigneur; je me repens de vous avoir offensé; 3° Père éternel, pour l'amour de Jésus-Christ et de Marie ; éclairez-moi dans cette méditation, afin qu'elle me soit profitable. Un Ave à la divine mère et un Gloria Patri à l'ange gardien.

    Pour les méditations, lisez un point dans quelques ouvrages de piété, et méditez, du moins, de temps en temps, la passion de Jésus-Christ. En lisant, arrêtez-vous au passage qui vous touche le plus. Observez, enfin, que l'utilité de l'oraison ne consiste pas à méditer, mais à faire produire des affections; i ° de confiance, d'humilité, d'amour, de douleur, d'affection, de résignation et autres ; i° à faire des prières, à demander surtout la persévérance et l'amour divin ; 3° prendre une résolution ferme de s'abstenir de quelque vice particulier, ou d'exercer quelques vertus.

    La conclusion se fait ainsi : i ° je vous remercie, mon Dieu, des lumières que vous m'avez données a ° je me propose d'accomplir la promesse que je vous ai faite; 3° je vous demande la grâce de les remplir. Ne négligez jamais de recommander à Dieu les saintes ames du purgatoire et les pauvres pécheurs. Ayez soin de faire une méditation chaque fois que vous éprouvez de la froideur ou de l'ennui en priant. Sans cela, dit Ste-Thérèse, une ame se mettra en enfer de ses propres mains. Benoît XIV a accordé indulgence plénière à quiconque fait une demi-heure d'oraison pendant un mois, en se confessant et communiant dans l'intervalle. Il a accordé aussi des indulgences partielles pour chaque jour qu'on fait la méditation.

    IV. Ne négligez pas d'entendre la messe chaque jour; en y assistant ainsi, vous gagnerez 3, 8 o o ans d'indulgences chaque jour. Mais ce qui importe le plus, c'est que ceux qui entendent la messe s'appliquent en particulier les mérites de Jésus-Christ. La messe doit être crue pour le but dans laquelle elle a été instituée; i ° pour honorer Dieu ; 2° pour le remercier de ses bienfaits ; 3° pour expier nos péchés; 4° pour obtenir les grâces divines. Dites aussi ; Père éternel, en cette messe, je vous offre Jésus-Christ avec tous les mérites de sa passion; i<> pour honorer votre majesté; 2° pour vous remercier des bienfaits que vous m'avez fait ; 3° pour l'expiation de mes péchés et des péchés de tous ceux qui vivent ou sont morts dans votre grâce : 4° afin d'obtenir les grâces nécessaires au salut. Quand le prêtre élève l'hostie, dites : Mon Dieu, pour l'amour de Jésus, accordez-moi mon pardon et la sainte persévérance. Quand le prêtre élève le calice. Par le sang de Jésus-Christ, faites que je vous aima toujours, dans cette vie et dans l'autre. Quand le prêtre communie, faites la communion spirituelle, et dites ; Mon Jésus, je vous aime, je vous désire dans mon ame, je vous embrasse et ne veux plus me séparer de vous.

    V. Faites chaque jour, pendant une demi-heure, ou au moins un quart d'heure, une lecture spirituelle dans la Vie des Saints.

    VI. Ne manquez pas de faire dans la journée une visite au S. Sacrement, vous y ferez les actes suivants, i ° Seigneur, je vous remercie d'être descendu pour l'amour de nous dans ce Sacrement. a° Je vous aima de tout mon cœur, ô bien suprême ! je vous aime par dessus tout,' et parce que je vous aime, je me repens de toutes les offenses que je vous ai faites, graves ou légères. 3° Je vous demande la persévérance dans votre grâce et votre saint amour. Faites en même temps une visite à la Sainte Vierge Marie, devant quelque sainte image, et demandez-lui les mêmes grâces de la persévérance et de l'amour de Dieu.

    VII. Chaque soir, faites l'examen de votre conscience et les actes chrétiens.

    VIII. Confessez-vous et communiez une fois par semaine au moins, et plus souvent encore si vous pouvez. Quant à la confession, dites avant de la faire : Mon Dieu, je vous remercie de m'avoir attendu jusqu'à présent m J espère, par les mérites de Jésus-Christ, que vous me pardonnerez toutes les offenses que je vous ai faites; je m'en repens de tout mon cœur, parce qu'elles m'ont ont mérité V enfer* et ni ont éloigné du Paradis, mais surtout parce qu'elles m'ont exposé à perdre votre amour; ô mon Dieu ! infiniment bon ! je les hais et les déteste par dessus tous les maux. Je me propose de plutôt mourir que de jamais plus vous offenser à l'avenir.

    Après la confession, remerciez Dieu du pardon que vous espérez avoir reçu, et renouvelez la promesse de ne plus l'offenser et de fuir les occasions. Demandez aussi la persévérance à Jésus-Christ, et à Marie.

    Quant à la communion, sachez que c'est la grande médecine ( comme dit le concile de Trente ) qui nous purge de tous nos péchés véniels quotidiens, et nous préserve des mortels. Plus on communie souvent, plus on est délivré de péchés, et plus on fait de progrès dans l'air o ir divin. Il suffit pour cela de communier avec un bon désir. Mais, pour en retirer plus de fruit, restez dans l'Eglise une demi-heure après la communion à faire des actes dévots, à lire quelque petit livre spirituel. Cette communion fréquente, ne la faites qu'avec l'approbation de votre directeur, et pour cela,

    IX. Il faut que vous vous choisissiez un bon confesseur qui vous dirige dans tous vos exercices de piété et même dans les affaires temporelles qui sont de conséquence. Ne le quittez qu'avec une juste raison. S. Philippe de Néri disait : Ceux qui désirent avancer dans les voies de Dieu doivent se soumettre à un confesseur éclairé et lui obéir à la place de Dieu. Celui qui fait ainsi est assuré de ne pas rendre compte à Dieu des actions qu'il fait. Jésus-Christ lui-même a dit que celui qui écoute ses ministres l'écoute lui-même. Qui vos audit me audit. Faites la confession générale, si vous ne l'avez pas encore faite, car c'est un moyen très efficace pour mettre sa conscience en règle ; il serait bon que vous la fissiez avec votre directeur lui-même, afin qu'il puisse mieux vous conduire.

    X. Fuyez l'oisiveté, les compagnies dangereuses, les propos immodestes et surtout les mauvaises occasions, spécialement celles où votre chasteté est en danger. Soyez aussi bien en garde contre vos regards. Détournez-les de tout objet tentateur. Si on ne fuit les mauvaises occasions volontaires et principalement celles où on est accoutumé de tomber, il est moralement impossible qu'on se maintienne dans la grâce de Dieu. Qui amat periculum peribit in eo.

    XI. Dans les tentations, ne vous fiez pas à vous-même, ni à toutes les promesses et les résolutions que vous avez faites ;, ne vous confiez qu'en Dieu. Ayons donc recours aussitôt à Dieu et à la Ste-Vierge. Dans les tentations d'impureté, faites attention de ne point discourir avec la tentation. Quelques personnes se mettent alors à faire des actes contraires de volonté, mais elles sont néanmoins dans un pressant danger ;, le meilleur parti à prendre, c'est de renouveler la résolution de plutôt mourir que de perdre Dieu ; après quoi, faites le signe de la croix et recommandez-vous à Dieu et à la divine Mère. Invoquez aussi plusieurs fois les saints noms de Jésus et de Marie, qui sont des boucliers invincibles contre les attaques du démon. Ne cessez de les invoquer que lorsque la tentation aura cessé. Nous n'avons pas la force de résister à la chair, notre plus grand ennemi, mais Dieu nous la prête lorsque nous l'en prions. Si nous ne l'en prions pas, nous succomberons. Chassez de la même manière les tentations contre la foi; protestez alors de vouloir mourir pour la foi chrétienne ; faites aussi, non pas des actes de foi, mais plutôt des actes d'amour, de repentir ou d'espérance.

    XII. Si vous commettez quelque péché, si c'est un péché véniel, faites un acte d'amour de Dieu et de repentir ; proposez-vous de vous amender, tranquillisez-vous et ne vous troublez pas. Le découragement d'avoir commis un péché est le plus grand péché que l'on puisse commettre, car l'âme troublée par cette anxiété ne peut plus rien faire de bon. Si, par malheur, votre péché est grave, faites tout de suite un acte de contrition (par lequel vous recevrez déjà la grâce divine, ) proposez-vous de ne plus retomber dans la même faute et confessez-vous-en le plus tôt que vous pourrez.

    XIII* Allez au sermon le plus souvent possible -, il serait bon aussi que vous fissiez chaque année les exercices spirituels dans quelque maison religieuse, ou du moins dans votre propre demeure, vous appliquant pendant huit jours de l'oraison et de la lecture spirituelle et vous éloignant alors de toute conversation dissipante. Tachez aussi de passer chaque mois un jour dans la retraite et le recueillement, vous confessant et communiant. Si votre état le permet, entrez dans quelque congrégation de séculiers, où l'on fréquente les sacrements et où l'on ne s'occupe que de l'œuvre du salut. Celui qui va à la congrégation pour administrer, pour gouverner ou pour disputer, en retirera plus de dommage que de profit. Celui qui veut en retirer du profit ne doit y aller que pour les intérêts de son ame.

    XIV. Dans tous les malheurs qui vous arrivent, tels que maladies, pertes et persécutions; conformez-vous toujours à la volonté divine, consolez-vous en disant : Ainsi veut le Seigneur, ainsi je veux\ ou bien : Telle est la volonté de Dieu, que sa volonté soit faite\ En agissant ainsi, on gagne de grands mérites pour le Paradis et l'on vit toujours en paix ; si l'on ne se résigne pas à la volonté divine, on ne fait que redoubler ses maux, car il faut les souffrir, qu'on veuille ou qu'on ne veuille pas. Outre cela, on a encore a subir le châtiment que mérite l'impatience qu'on a montrée.

    XV. Nourrissez toujours une dévotion tendre et spéciale pour la Sainte Vierge Marie ; rendez-lui chaque jour des devoirs particuliers, n'oubliez jamais de dire trois Ave Maria à sa pureté, le matin en vous levant, et le soir en vous couchant, la priant de vous préserver de tout péché. Lisez chaque jour quelque passage j fut-il très court, d'un livre sur la Sainte Vierge ; dites les litanies et le rosaire avec les méditations des mystères. En sortant de chez vous comme en y entrant, demandez-lui sa bénédiction par un Ave Maria, saluez aussi toutes les images de la Vierge que vous trouverez en chemin. Quand l'horloge sonne, répétez l'Ave Maria, puis ajoutez : Jésus et Marie, je vous aime ; ne permettez pas que je vous offense. Jeûnez le samedi et la veille des sept fêtes de la Sainte Vierge; faites la neuvaine à chacune de ces fêtes, suivant que votre confesseur vous le permettra ; faites aussi les neuvaines de Noël, de la Pentecôte, et du Saint votre patron.

    exercices nécessaires a toute personne de tout état, pour être

    Source du texte : Bibliothèque Saint Libère

    Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.

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