Léon XIV, pape augustinien · Lire saint Augustin →

    Triomphes des martyrs · Alphonse de Liguori

    Réflexions très utiles

    § III : Des divers tourments qu'on a fait subir aux saints martyrs

    Des divers tourments qui furent employés au supplice

    des Martyrs.

    3 o. Le P. Mamachi, dans son savant et laborieux écrit des Ma'iirs des premiers Chrétiens, a recueilli le détail de ces tourments dans les anciens auteurs, contemporains des Martyrs mêmes, comme le furent autrefois S. Justin, martyr, Tertullien, Athénagore, Origène, Eusèbe de Cesarée, Clément d’Alexandrie, et d’autres encore. Le P. Mamachi décrit au long ces diverses sortes de supplices en usage pour tourmenter et faire mourir les serviteurs de Jésus-Christ, durant les dix persécutions des empereurs romains. Je n’en donnerai ici qu’une courte description, pour faire comprendre seulement avec quelle richesse de mérites, ces saints héros montaient au ciel pour en recevoir les couronnes.

    5 i. Du supplice des croix. Les uns étaient cloués droits à la croix, comme le fut notre Seigneur J. C. Les autres étaient placés sur la croix la tête en bas, ainsi que fut crucifié S. Pierre, comme le rapporte Eusèbe d’après Origène. D'autres étaient cloués sur une croix à quatre bras, comme celle à laquelle fut. attaché S. André. A d’autres on faisait passer les bras sous ceux de la croix, et les ramenant à la partie supérieure, on y clouait les mains; ce qui était un affreux tourment. D’autres étaient pendus à un arbre par les bras liés derrière le dos, et on leur attachait des poids énormes aux pieds. Quelques femmes étaient suspendues en l’air par les cheveux, tourment tel, qu’elles en mouraient de douleur. On en suspendait d’autres par les pieds, ou par un seul pied, la tête en bas, à un arbre. A d’autres, après les avoir pendus, on attachait au cou une corde à laquelle était suspendue une lourde pierre. D’autres enfin étaient cloués p;>r les mains !> une poutre, et on leur attachait un lourd fardeau aux pieds.

    5 ?.. Du tourment du feu. Les uns étaient placés sur des grils, sous lesquels étaient des charbons ardents. D’autres étaient plongés la tête en bas dans des chaudières d’huile ou de poix bouillante. D ’autres étaient suspendus en la même posture, et au-dessous d’eux onallumaildes tas dcpaille, ou d’autres matières qui donnaient une fumée épaisse, de sorte qu'ils expiraient suffoqués. D ’autres étaient couverts d’un vêtement de poix ou de quelque matière semblable, et attachés à un poteau; ce vêtement qu’on appelait tunique du feu, o u, selon Tertullien, tunique brûlante, était allumé, et consumait ainsi les Martyrs. On en jetait d’autres dans dos fournaises ardentes. D ’autres, attachés ensemble, étaient placés dans une barque au milieu de la mer, et on les y brûlait tous en même temps.

    On en faisait mourir d’autres dans des taureaux de bronze, rougis au feu. D’ autres étaient liés et tourmentés par des torches allumées ou des laines ardentes, et des cuirasses de fer rouge; d’autres liés et couchés par terre, et arrosés d’huile bouillante ou de plomb fondu. D’autres, enfin, étaient embrochés et rôtis comme des morceaux de chair.

    55 Du supplice du fouet. Les fouets étaient de diverses soi les : de courroies, de bâtons, de nerfs de bœuf, de chaînes de fer, de verges, et quelquefois de verges épineuses, ou garnies do pointes aiguës, et qu’on appelait scorpions. On tourmentait les serviteurs de Dieu avec les fouets, après les avoir attachés à un pieu, ou même à quatre pieux, pour les faire souffrir davantage. D’autres étaient mis au ccp ; ce cep était composé do deux grandes pièces de bois placées l’une sur l’autre; au milieu de ces pièces de bois on faisait entrer les jambes des Martyrs et on les fouettait en même temps. D’autres étaient étendus, le dos sur une table garnie de gros clous, puis frappés de bâtons dans cette posture.

    54. Du tourment des fers. Ces fers étaient des crocs de fer auxquels on suspendait les chrétiens, et des ongles do fer, qui les déchiraient jusqu’aux os et jusqu’aux entrailles. Aux uns on arrachait toutes les dents l’une après l’autre; à d’autres on lacérait les chairs avec des peignes de fer. D ’autres étaient écorchés. D ’autres, liés à terre, élaicntcoupésàcoups de hache. A d’autres, on coupait les membres successivement, en commençant par les orteils jusqu’aux cuisses ; puis les doigts des mains jusqu’à la poitrine : ainsi, il ne restait plus du corps que le tronc. D ’autres étaient attachés par le dos sur une roue, et cette roue les faisait passer sur des fers aigus fixés en terre. D ’autres étaient liés sur une table; on leur entr’ouvrait le ventre avec un couteau, et on leur arrachait les entrailles. D ’autres encore étaient mis sur le chevalet, d’ autres à la question, d’ autres enfin étaient enduits de miel, puis exposés au soleil pour être tourmentés par les mouches et par les guêpes.

    55. Mille autres genres de morts étaient employés contre les saints Martyrs. Ils étaient lapidés, décapités, étranglés, précipités dans les eaux. D ’autres étaient liés à doux arbres recourbés, qui en reprenant leur position, déchiraient en deux le corps du Martyr. On les jetait à la mer enfermés dans un sac; on les livrait aux chiens ou aux bêtes féroces; on les faisait mourir dans les entraves, ou périr de faim. C’est ainsi que, dans l’intervalle de trois cents ans, durant les dix persécutions des empereurs romains, il se fit une admirable moisson de Martyrs pour le ciel. J’ai voulu mentionner tous ces genres de tourments, dont l’exposé seul fait frémir, afin de nous habituer à recevoir et h souffrir avec plus de patience les douleurs et les infirmités que Dieu nous envoie. Car tous ces maux, si graves qu’ils puissent être, n ’atteindront jamais les tourments quo les Martyrs ont endurés.

    PREMIÈRE PARTIE.

    EXPOSÉ HISTORIQUE

    DES VICTOIRES

    DE QUELQUES MARTYRS EN PARTICULIER.

    Source du texte : Bibliothèque Saint Libère

    Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.

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