Sermons abrégés pour tous les dimanches de l'année · Alphonse de Liguori
Sermon II pour le second dimanche de l'Avent : De l'utilité des souffrances
Cùm audisset Joannes in vinculis opera Christi. Matth. xi. 2.
Dieu dans les tribulations enrichit les âmes qu’il aime de ses plus grandes grâces. Voilà St.-Jean qui, dans les fers et dans la gêne d’une prison, apprend à connaître les œuvres de J.-C. : Cùm audisset Joannes in vinculis opera Christi. On ne peut trop apprécier l’avantage que nous apportent les tribulations. Le Seigneur nous les envoie non comme des maux qu’il veut nous infliger, mais comme un bien dont il nous gratifie; d’où il suit que nous devons les recevoir, quand elles nous arrivent, avec un sentiment de reconnaissance, non pas seulement en nous résignant à la volonté divine, mais en nous réjouissant de ce que Dieu nous traite comme il a traité Jésus son fils, dont la vie sur la terre fut remplie de peines et de douleurs. J'entreprendrai donc de vous faire voir :
Dans mon 1er point, combien les tribulations nous sont utiles.
Et dans mon 2e point, comment nous devons nous comporter dans les tribulations.
PREMIER POINT. Combien les tribulations nous sont utiles.
I. Qui non est tentatus, quid scit? Vir in multis expertus, cogitabit multa, et qui multa didicit enarrabit multa. (Eccl. xxiv. 6.) Celui qui n'a vécu que dans la prospérité et n’a point l’expérience du malheur, ne sait rien de l’état de son âme. L’adversité, pour premier effet, nous fait ouvrir les yeux que la prospérité nous tenait fermés. St.-Paul resta comme aveuglé quand J.-C. lui apparut, et dans ce moment il reconnut l’erreur dans laquelle il vivait. Le roi Manassès,prisonnier à Babylone, recourut à Dieu dans son affliction, rappela ses fautes et en fit pénitence : Postquam coangustatus est, oravit Dominum... et egit pœnitentiam valdè coram Deo. ( 2 Paral. xxxiii. 12. ) L’enfant prodigue, se voyant réduit à garder les pourceaux et souffrant de la faim dit : Surgam et ibo ad patrem meum ( Luc. xv. 18. )
La tribulation sert en second lieu à nous détacher des choses terrestres. La mère qui veut sevrer son enfant met du fiel à son sein, afin de dégoûter son fils et de le forcer ainsi à prendre une meilleure nourriture. Dieu nous détache des biens terrestres par un semblable moyen, il les enduit de fiel pour que nous les trouvions amers et que nous les quittions, et reportions nos affections vers les biens célestes.
Troisièmement. Ceux que la prospérité accompagne sont sous le joug de mille tentations, de l’orgueil, de la vanité, du désir immodéré d’augmenter leurs richesses, de se procurer de nouveaux honneurs, de nouveaux plaisirs. La tribulation nous délivre de toutes ces tentations, et nous rend humbles et satisfaits de l’état où nous a placés la volonté du Seigneur.
II. En quatrième lieu, les souffrances qui nous arrivent servent d’expiation pour les péchés commis, encore mieux que les mortifications que nous nous imposons volontairement. Intellige, dit St.-Augustin, medicum esse Deum, et tribulationem medicamentum esse in salutem. Oh ! quel puissant remède que les tribulations pour guérir les plaies que nous ont faites nos péchés! Job estime heureux celui qui est repris de Dieu par les tribulations, parce que Dieu guérit et sauve de la même main dont il nous afflige et nous frappe. Beatus homo qui corripitur a Deo, quia ipse vulnerat, et medetur ; percutit, et manus ejus sanabunt. (Job. v. 18.) Aussi St.-Paul se glorifiait-il des souffrances par lesquelles il était éprouvé : Gloriamur in tribulationibus. (Rom. v. 3.)
III. Cinquièmement, les tribulations nous forcent à nous souvenir de Dieu, et à recourir à sa miséricorde en nous faisant comprendre que lui seul peut et veut apporter du soulagement à nos misères. Venite ad me omnes, nous dit-il, pour nous donner du courage, qui laboratis, et onerati estis, et ego reficiam vos. (Matth. xi. 28.) Aussi se fait-il appeler : Adjutor in tribulationibus. (Ps.xlv. 2.) David écrit encore : Cum occideret eos quærebant eum et revertebantur. ( Ps. lxxvii. 34. ) Les hébreux, vaincus et taillés en pièces par leurs ennemis, se ressouvenaient de Dieu et se tournaient vers lui.
IV. Sixièmement. Les souffrances nous font acquérir un grand mérite auprès de Dieu, en nous donnant occasion d'exercer les vertus qui lui sont le plus agréables, l’humilité, la patience et la conformité à sa volonté souveraine. Le R. P. Jean d'Avila disait : « Un Béni soit Dieu, prononcé dans les choses contraires est d'un bien plus grand prix que les plus ferventes actions de grâce rendues pour les choses heureuses. » O quel trésor de mérite acquiert un chrétien qui souffre patiemment les mépris, la pauvreté, les infirmités! Les mépris surtout qui nous viennent des autres sont l'objet des plus ardents désirs des saints, qui n'aspirent qu'à être soumis aux humiliations pour l'amour de Jésus-Christ, à qui elles les rendent en quelque sorte semblable.
De plus, combien ne gagne-t-on pas à souffrir la pauvreté ! Deus meus et omnia, disait St.-François d’Assise, et, en parlant ainsi, il se trouvait plus riche que tous les rois de la terre. Quelle profonde vérité dans ce mot de Ste.-Thérèse : Moins nous aurons possédé ici bas, plus nous aurons là haut. » Bienheureux qui peut dire dans toute la sincérité de son cœur : « Jésus, ô mon Dieu, vous seul me suffisez. » Si je t’estime malheureux, parce que tu es pauvre, dit St.-Chrysostôme, si je te répute malheureux et digne de compassion, ce n’est pas uniquement parce que tu es pauvres mais parce qu’étant pauvre tu n’embrasse, pas avec joie la pauvreté; voilà pourquoi je te trouve malheureux : Sanè dignus es lacrymis, ob hoc quod miserum te existimas, non ideo quod pauper es. (St.-Chrysost. Serm. 2. ep. ad Philip.)
VI. Considérez en outre, que supporter patiemment les douleurs et les infirmités, c’est s’emparer à l'avance d’une grande portion de la couronne qui nous est préparée dans le ciel. Un malade se plaint que dans son état d’infirmité il ne peut rien faire ; ah ! comme il se trompe : il peut tout faire au contraire, car tout est remplacé par sa résignation et sa patience dans ses douleurs.
VII. St.-François de Sales dit : C’est toute la science des saints que de souffrir constamment pour Jésus-Christ, et c’est par-là que nous avançons en sainteté. Et l’apôtre : quem diligit Dominus castigat, flagellat autem omnem filium quem recipit. ( Hébr. xii. 6. ) Aussi Jésus-Christ disait un jour à Ste.-Thérèse : « Sache que les âmes que mon père aime et favorise sont celles qu’il éprouve par les plus grandes douleurs. » Job s’écrie à cause de cela : Si bona suscipimus de manu Domini, mala quare non suscipiamus ? (Job. ii. x.) C’est-à-dire, si nous avons reçu volontiers de Dieu les biens, dont on peut jouir sur cette terre, pourquoi n’accepterions nous pas avec plus de joie encore les tribulations, bien autrement profitables que la prospérité ?
VIII. Les tribulations les plus cruelles pour une âme sainte sont les tentations dont le démon se sert pour nous porter à offenser Dieu ; mais aussi qui les chasse et les souffre avec patience en recourant à l’aide de Dieu, acquiert par elles un bien plus grand mérite : Fidelis autem Deus est qui non patietur vos tentari suprà id quod potestis, sed faciet etiam cum tentatione proventum ut possistis sustinere. ( 1.Cor. x. 13.) C’est pour cela que Dieu permet que nous soyons tourmentés par les tentations, afin qu’en les chassant nous en ayons plus de mérite. Beati qui lugent, dit le Seigneur, quoniam ipsi consolabuntur. ( Matth. v. 5.) Heureux, dit aussi l’Apôtre, puisque nos tribulations sont si courtes, et si légères en comparaison de l'immensité de gloire qu’elles nous font acquérir dans le ciel : Quod in præsenti est momentaneum et leve tribulationis nostræ, suprà modum in sublimitate æternum gloriæ pondus operatur in nobis. (2. Cor. iv. 17.)
IX. Il est donc nécessaire, dit St.-Chrysostôme, de souffrir sans murmure les tribulations, car si vous les acceptez avec résignation, magna lucraberis, vous faites un gain inappréciable, tandis que si vous les prenez avec mauvaise volonté, loin de diminuer votre misère, vous l’augmentez : Si autem ægrè feres, neque calamitatem minorem facies et majorem reddes procellam. (Vide Hom. 64. ad Pop.) Nous n’avons pas de meilleur moyen si nous voulons nous sauver : Per multas operationes oportet introire in regnum Dei. (Act. xiv. 21.) Un grand serviteur de Dieu disait, que le ciel était une demeure destinée aux pauvres, aux persécutés, à ceux qui souffrent l’humiliation et l'affliction ; car tels ont été tous les martyrs et tous les saints. D’où St.-Paul conclut ; Patientia enim vobis necessaria est ut voluntatem Dei facientes reportetis remissionem. (Hébr. x. 36.) Mais, dit St.-Cyprien, parlant des souffrances des Saints : Quid hæc ad Dei servos quos paradisus invitat? (Epit. à Démétr ) Que peuvent offrir de difficile à supporter les courtes afflictions de cette vie à ceux qui se confient à la promesse des joies éternelles du paradis?
En somme, les fléaux que Dieu nous envoie ne nous frappent que pour notre bien : Flagella Domini quibus quasi servi corrigimur, ad emendationem et non ad perditionem nostram evenisse credamus. (Judith. viii. 27.) St.-Augustin, sur le psaume 89, dit : Deus irascitur quem peccantem non flagellat. Quand un pécheur se voit affligé dans cette vie, il doit y voir la volonté de Dieu de lui faire miséricorde dans l’autre, en changeant un châtiment éternel en une peine temporelle qui est par conséquent infiniment moindre. Malheureux au contraire est le pécheur que Dieu ne châtie point ici-bas ! C’est une marque que le Seigneur conserve toute son indignation contre lui et lui réserve le châtiment éternel.
XI. Le prophète Jérémie demande à Dieu : quare via impiorum prosperatur ? (Jér. xii. 1. ) Seigneur, pourquoi les pécheurs prospèrent-ils ? Le prophète lui-même répond à cette demande : Congrega eos quasi gregem ad victimam, et sanctifica eos in die occisionis. ( Ib. v. 3.) Ainsi qu’au jour du sacrifice les victimes arrivent assemblées en troupeau, ainsi les impies sont destinés à la mort éternelle, comme victimes de la colère divine. Destina eos est victimas furoris tui in diem sacrificii, ce sont les paroles de Duhamel, commentant le texte cité.
XII. Quand donc nous nous voyons éprouvés par les tribulations, disons avec Job : Peccavi et vere deliqui et ut eram dignus non recepi. (Job. xxxiii. 27.) Seigneur, mes péchés méritent une punition bien plus sévère que celle que vous m’avez envoyée. Aussi devons-nous prier Dieu avec St.-Augustin : hic ure, hic seca, hic non parcas ut in æternum parcas. Le plus grand châtiment du pécheur est que le Seigneur dise de lui : Misereamur impio et non discet justitiam. (J. s. 26.) Laissons cet impie dans l’impunité pendant sa vie mortelle; qu’il reste dans les liens du péché et qu’il arrive ainsi au jour où l’attend un châtiment éternel. De là ce que dit St.-Bernard à ce sujet : Misericordiam hanc nolo ; super omnem iram miseratio ista. ( 42. in Cant. ) Seigneur, je ne veux pas d’une telle miséricorde, c’est la peine la plus cruelle sur toutes les peines.
XIII. Ainsi celui qui se voit sur cette terre en proie aux afflictions et à la douleur possède un signe certain de l’amour de Dieu pour lui : Et quia acceptus eras Deo, dit l’ange à Tobie, necesse fuit ut tentatio probaret te. (Tob. xii. 13.) Aussi St.-Jacques appelle heureux l’homme soumis aux tribulations, car cette épreuve des afflictions lui assure la conquête de la vie éternelle. Beatus vir qui suffert tentationem, quoniam cum probatus fuerit, accipiet coronam vitae. (Jac. i. 12.)
XIV. Celui qui souhaite entrer dans la gloire avec les Saints doit donc se résigner à souffrir dans cette vie, comme ont souffert les Saints. Il n’en est pas un en effet qui ait vécu dans le monde heureux et bien traité, mais tous ont été repoussés et persécutés et leur exemple a complètement vérifié cette parole du même Apôtre : Omnes qui pie volunt vivere in Christo Jesu, persecutionem patientur. (ii. Tim. iii. 12.)
DEUXIÈME POINT. Comment nous devons nous comporter dans les tribulations.
XV. Celui qui se trouve dans la tribulation en ce monde doit avant tout se dégager du péché et chercher à rentrer en grâce avec Dieu ; sans quoi toutes ses souffrances, pendant qu’il est en état de péché, sont entièrement perdues pour lui. St.-Paul disait : Si tradidero corpus meum, ita ut ardeam, charitatem autem non habuero, nihil mihi prodest. (I. cor. xiii. 3.) Si un homme souffrait tous les tourments du martyr, jusqu'au supplice même du feu, sans être en état de grâce, il n’en retirerait aucun profit pour le salut.
XVI. Tout au contraire celui qui souffre, et qui souffre avec Dieu et pour Dieu, avec une entière résignation, voit ses afflictions se tourner en consolations et en joie. Tristitia vestra vertetur in gaudium. (Jean. xvi. 20.) C’est ainsi que les Apôtres, après avoir été bafoués et maltraités par les Juifs, s’éloignèrent pleins de joie d’avoir souffert pour l’amour de Jésus-Christ.
Ibant gaudentes à conspectu concilii quoniam digni habiti sunt pro nomine Jesu contumeliam pati. (Actes. v. 11.) Il faut donc, quand Dieu nous éprouve par la douleur, dire avec Jésus-Christ : Calicem, quem dedit mihi pater, non bibam illum? (Joan. xviii. 11.) Nous avertissant que les tribulations qui nous viennent par le moyen des hommes nous viennent pourtant de la part de Dieu, qui est celui qui nous les envoie.
XVII. De plus, quand nous nous voyons dans la détresse, affligés et tourmentés de tous les côtés, nous ne devons avoir de recours qu’à Dieu. Voilà pourquoi le roi Josaphat parlait ainsi au Seigneur : Cum ignoremus quid agere debeamus, hoc solum habemus residui, ut oculos nostros dirigamus ad te. (2. Par. xx. 12.) Ainsi faisait David dans ses peines ; il recourait à Dieu et Dieu le consolait : Ad Dominum cum tribularer clamavi, et exaudivit me. ( Ps. xix. 1. ) Nous devons donc recourir à Dieu, le prier et le prier sans cesse, jusqu’à ce que nous soyons exaucés : Sicut oculi ancillæ ( dit le même prophète ) in manibus Dominæ suæ, ita oculi nostri ad Dominum Deum nostrum, donec misereatur nostri. ( Ps. cxxii. 2. ) Il ne faut détourner les yeux de Dieu ni cesser de le prier, qu’il n’ait eu enfin pitié de nous. Il faut avoir une confiance entière dans le cœur de Jésus-Christ, pour nous tout plein de miséricorde, et ne pas imiter ceux qui ayant à peine commencé à prier, et ne se voyant point exaucés encore, perdent le courage et l’espoir. A eux convient cette parole du Sauveur, adressée à St.-Pierre : Modicæ fidei, quare dubitasti ? (Matth. xiv. 31.) Pourvu que les grâces que nous demandons soient spirituelles, ou tendent au bien et à la perfection de nos âmes, nous sommes sûrs de les obtenir de Dieu, en priant avec persévérance et pleins de confiance : Omnia quæcumque petieritis, credite quia accipietis, et evenient vobis. ( Marc. xi. 24. ) Ainsi donc au milieu de nos souffrances, il est essentiel de ne jamais désespérer du secours de la divine bonté, et si nos tribulations continuent, répétons : Etiamsi occiderit me, in ipso sperabo. ( Job. xiii. 15. )
XVIII. Les âmes de peu de foi, au lieu d’avoir recours à Dieu dans leurs afflictions ne cherchent du soulagement que dans les moyens humains, et ainsi, méprisant Dieu, elles restent en proie à leurs misères. Nisi Dominus ædificaverit domum, in vanum laboraverunt qui ædificant eam. (Ps. cxxvi. 1.) St.-Augustin écrivant sur ce texte dit : Ipse ædificat, ipse intellectum aperit, ipse ad fidem applicat sensum vestrum ; et tamen laboramus et nos tanquam operarii; sed nisi Dominus custodierit civitatem, etc. Tout bien, tout secours, doit nous venir de Dieu, autrement les créatures ne peuvent rien pour notre soulagement.
XIX. De là ces plaintes du Seigneur contre son peuple : Numquid Dominus non est in Sion ?.... Quare ergo me ad iracundiam concitaverunt in sculptilibus suis ?... num quid resina non est in Galaad ? aut medicus non est ibi ? quare igitur non est obducta cicatrix filiæ populi mei ? ( Jér. viii. 19. 22. ) Ne suis-je donc plus dans Sion, dit le Seigneur, que ces hommes m’irritent en recourant aux créatures, en adorant leurs idoles en qui ils mettent toute leur espérance ? Ils cherchent un remède à leurs maux ! et pourquoi ne le cherchent-ils pas dans Galaad ( montagne d’Arabie, pleine de parfums et d’aromates et qui est prise ici pour le symbole de la miséricorde divine ) où ils trouveront et le médecin et le remède à tous leurs maux? Pourquoi donc, ajoute le Seigneur, vos plaies demeurent-elles sans guérison ? parce que vous voulez recourir aux créatures et non à moi.
XX. Dans un autre endroit le Seigneur dit : Numquid solitudo factus sum Israëli, aut terra serotina? quare ergo dixit populus meus : Recessimus, non veniemus ultra ad te ?... populus vero meus oblitus est mei diebus innumeris. ( Jer ii. 31, 32. ) Dieu se plaint et dit : Pourquoi dites-vous, vous mes fils, que vous ne voulez-plus recourir à moi ? Quoi ! suis-je devenu pour vous une terre stérile, qui ne donne plus de fruit ou le donne trop tard ? est-ce pour cela que vous m’avez oublié si long-temps ? Par ces paroles Dieu nous fait entendre que son désir est que nous ayons recours à lui, afin qu’il puisse nous verser le trésor de ses grâces. Et en même temps il nous apprend que quand nous le prions, il ne retarde pas son secours, mais commence à nous l’accorder aussitôt.
XXI. Non, le Seigneur ne dort pas, s’écrie David, lorsque nous recourons à sa bonté pour obtenir des grâces nécessaires au salut de nos âmes. Alors il nous écoute, voulant très-ardemment notre bonheur : Non dormitabit, neque dormiet, qui custodit Israël. (Ps. cxx. 4.) Et quand ce sont des grâces temporelles que nous lui demandons, alors dit St.-Bernard, Aut dabit quod petimus, aut utilius. Ou il nous accordera la grâce demandée, toutes les fois qu’elle sera profitable à notre âme, ou il nous donnera une grâce plus utile, comme ce serait celle de la résignation à sa divine volonté, et de la patience à souffrir les tribulations, ce qui augmentera de beaucoup nos mérites pour le paradis.
( Acte de pénitence, de bonne résolution et prière à Jésus et à Marie. )
Source du texte : Bibliothèque Saint Libère
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