Mémoire pour la reformation des Religieux et Religieuses · Saint François de Sales
Articles concernant les Religieuses
Quant aux religieuses, il seroit aussi requis qu’on retirast les trois monasteres de Cisteaux dans les villes, affin que leurs desportemens fussent veus journellement, qu’elles fussent mieux assistées spirituellement, et qu’elles ne demeurassent pas exposées aux courses des ennemys de la Foi et de l’Estat, et à l’insolence des voleurs, et au desordre de tant de visites vaines et dangereuses des parens et amys ; joinct que de les enfermer aux champs, esloignées d’assistance, c’est les faire prisonnières misérables, mais non pas religieuses i ainsi que l’on pretend de faire par les bonnes exhortations qu’elles recevront dans les villes ; et aussi le sainct Concile de Trente ordonne qu’on les y reduise pour ces mesmes causes.
On pourroit donc reduire celles de Saincte-Catherine dans la ville d’Annecy, celles de Bonlieu à Rumilly, et celle de Betton à Sainct-Jean-de-Maurienne ou à Montmelian. Et quant à celles de Saincte-Claire hors de la ville de Chamberi, on pourroit aussi les reduire dans la ville mesme de Chamberi.
Mais affin qu’en mesme tems qu’on les reduiroit toutes és villes, la reformation se fist, il seroit requis que Sa Saincteté commisl quelque prélat qui establist és monasteres tous les Reglemens ordonnez par le Concile de Trente, et leur donnast des Supérieurs auxquels on pust avoir recours facilement.
Son Altesse donc, pour ce subjet, pourroit faire dresser une instruction à son ambassadeur, affin qu’il obtint deux commandemens de Sa Saincteté : l’un à l’abbé de Cisteaux, général de l’Ordre, à ce que promptement il fist retirer les religieuses des monasteres de Savoie dans les villes voisines, en lieu propre à leur demeure, en attendant qu’elles eussent fait un nouveau monastere; l’autre à l’evesque de Maurienne et à l’evesque de Geneve, à ce qu’ils tinssent main que tous les Reglemens ordonnez par le Concile fussent establis, non-seulement és monasteres de Cisteaux, mais en tous les autres monasteres de femmes qui sont en Savoie, et le procureur-general chargé de tenir main à l’execution de l'intention de Son Altesse.
Source du texte : Bibliothèque Saint Libère
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