Léon XIV, pape augustinien · Lire saint Augustin →

    Maximes éternelles : méditations pour chacun des jours de la semaine · Alphonse de Liguori

    Méditation pour le lundi : Importance du salut

    Considère o homme, combien il t'importe d'obtenir ta fin. Il y va de tout pour toi -, car, si tu l'obtiens cette fin, tu seras rassasié à jamais, heureux à jamais dans ton ame et dans ton corps; mais si tu la laisses échapper, tu perdras ton ame et ton corps, Dieu et le Paradis ; tu seras éternellement misérable, tu seras pour toujours damné. La première des affaires, la plus pressante de toutes, la seule nécessaire, c'est donc de servir Dieu et de sauver son ame. Ne dites donc plus : Maintenant je veux me satisfaire ; ensuite, je me donnerai à Dieu, et j'espère me sauver. Oh ! combien de chrétiens cette folle espérance a entraînés dans l'abîme ! Eux aussi ils disaient ce que vous dites maintenant. Ils sont damnés et perdus sans retour. Aucun d'eux n'aurait voulu se damner. Dieu punit ceux qui pèchent par l'espérance du pardon. Malcdictus hmno qui peccat in spe. Vous dites : Je vais faire ce péché, puis je m'en confesserai. Qui sait si vous en aurez le temps? Qui vous garantit que vous ne mourrez pas tout de suite après le péché? En attendant, vous perdez la grâce de Dieu! et si vous ne pouviez plus la recouvrer! Dieu est miséricordieux pour ceux qui le craignent, et non pour ceux qui le méprisent. Et misericordia cjtts tisnentibus eum* ( Luc. I. ) Ne dites pas : Autant se confesser pour trois péchés que pour deux ; car il vous en pardonnera deux, et ne vous pardonnera pas le troisième. Dieu supporte pendant un certain temps, mais il se lasse enfin. In plenitudine peccatorum puniaL ( 2. Mach. 6. 14« ) Quand la mesure est comblée, Dieu ne pardonne plus; il châtie, il fait mourir le pécheur et l'abandonne. De pèche en péché celui-ci tombe dans l'enfer \ châtiment pire que la mort. Faites attention, mon frère, à ce que je vous dis ; Rompez avec le monde, donnez-vous à Dieu. Craignez que ce ne soit ici le dernier avertissement de Dieu ; vous l'avez assez offensé il vous a assez supporté. Tremblez ! peut-être un nouveau péché mortel scellera votre sentence ! Songez qu'il s'agit de votre ame et de l'éternité. Que d'hommes cette grande pensée dePétcrnitéa retirés du monde et envoyés vivre dans les cloîtres, dans les déserts et dans les cavernes! Malheureux! que me reste-t-il de tous les péchés que j'ai commis ! f ai troublé mon cœur, j'ai attristé mon ame, j'ai mérité l'enfer, j'ai perdu Dieu. O mon Dieu, ô mon père, enchaînez-moi à votre amour !

    II.

    Considère que l'affaire du salut est la plus négligée; on songe à tout, excepté à se sauver. On trouve du temps pour tout, excepté pour Dieu. Qu'on dise à un mondain de fréquenter les Sacremens, de faire une demi-heure d'oraison par jour; il répondra : J'ai des enfans, j'ai des neveux, j'ai des terres, j'ai affaire ! Insensé! N'as-tu donc pas d'ame? engage les richesses, appelle tes enfans, tes neveux, pour l'aider à l'heure de la mort, et te tirer de l'enfer si tu es damné. Ne te flatte pas de pouvoir accorder ensemble Dieu et le monde, le Paradis et le péché. L'affaire de ton salut n'est pas une affaire à traiter tout à ton aise ; il faut te faire violence à toi-même, si tu veux obtenir la couronne immortelle. Que de chrétiens comptaient servir Dieu plus tard et se sauver, qui sont maintenant en enfer ! Quelle folie de penser toujours à ce qui finit si vite, et de penser si peu à ce qui ne doit finir jamais! Chrétien, prends garde à ce que tu fais ! Songe que dans peu tu disparaîtras de cette terre, et que tu iras dans la maison de ton éternité. Malheur à toi, si tu te damnés! ton infortune sera sans remède !

    ïïï.

    Considère, chrétien, et dis ; J'ai une ame; si je la perds, tout est perdu. J'ai une ame ; si en la perdant je gagne un monde, quel sera mon profit? Si je deviens un grand homme, et que je perde mon ame, à quoi me servira ma gloire ? Si j'amasse des trésors, si j'illustre ma maison, si j'agrandis mes enfans, et que je perde mon ame, de quelle utilité tout cela me sera-t-il ? de quoi ont servi les grandeurs, les plaisirs, les richesses à tous ceux qui ont vécu dans ce monde, et qui maintenant pourrissent dans leur fosse et brûlent dans l'enfer? Si donc mon ame est à moi, si j'ai une ame, et que je la perde, elle est perdue pour toujours.

    Je dois donc songer à me sauver. C'est un point trop important. Il s'agit d'être toujours heureux ou toujours malheureux. O mon Dieu ! j'avoue que jusqu'à présent j'ai vécu en aveugle ; j'ai erré loin de vos saintes voies, je n'ai pas songé à sauver mon ame. O Père ! sauvez-moi, pour l'amour de Jésus-Christ ; je consens à perdre tout ce que j'ai, pourvu que je ne vous perde pas, ô mon Dieu ! Marie, mon espérance, sauvez-moi par votre intercession.

    Source du texte : Bibliothèque Saint Libère

    Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.

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