Maximes éternelles : méditations pour chacun des jours de la semaine · Alphonse de Liguori
Méditation pour le mardi : Le péché mortel
Considérez qu'ayant été créé par le Seigneur pour l'aimer, vous vous êtes révolté contre lui avec une infernale ingratitude ; vous l'avez traité en ennemi, vous avez méprisé sa grâce et son amitié. Vous saviez que vos péchés lui causaient du déplaisir, et vous les commettiez. Celui qui pèche tourne le dos à Dieu; il l'insulte, il lève la main pour lui donner un soufflet ; il afflige son cœur. Et afflixerunt spiritum sanctum ejus ( Is. 6 3. ) Le pécheur dit à Dieu par son péché: Eloigne-toi de moi, je ne veux pas t'obéir, je ne veux pas te servir, je ne veux pas te reconnaître pour mon roi, je ne veux pas te reconnaître pour mon Dieu ; mon Dieu, c'est mon plaisir, c'est mon intérêt, c'est ma vengeance. C'est ainsi que vous dites en vous-mêmes quand vous préférez la créature à Dieu. Ste-Madeleine du Pazzi ne pouvait concevoir qu'un chrétien fit un péché mortel, les yeux ouverts et vous, lecteur, qu'en dites-vous? combien en avez-vous commis! Mon Dieu ! pardonnez-moi, ayez pitié de moi. Je vous ai offensé, ô bonté infinie! Je hais mes péchés, je vous aime, je me repens de vous avoir outragé si injustement, ô Dieu digne d'un amour infini!
II.
Considérez que lorsque vous étiez sur le point de faire un péché, Dieu vous disait: Mon fils, je suis ton père et ton Dieu ; c'est moi qui t'ai tiré du néant; je t'ai racheté au prix de mon sang. Je te défends de faire ce péché sous peine de ma disgrâce. Mais vous, en péchant, vous direz à Dieu : Seigneur, je ne veux pas vous obéir, je veux jouir des plaisirs, et peu m'importe que cela vous déplaise, je me soucie peu de votre grâce. Dixisti non serviam. O mon Dieu ! C'est ce que j'ai fait plusieurs fois. Comment avez-vous pu le supporter? Que nesuis-je mort avant de vous avoir offensé! je ne veux plus vous déplaire, je veux vous aimer, o bonté infinie! Donnez-moi la persévérance -, donnez-moi votre saint amour.
Considérez que, quand les péchés montrent à un certain nombre, Dieu abandonne le pécheur. Dominus patienter expectat ut cum judicii clic s advenerit in plénitude peccatorum puniaU ( Mach. G. i 4 ). Mes frères, si vous êtes tentés de nouveau ne dites plus, je m'en confesserai après. Et si Dieu vous faisait mourir alors! alors si Dieu vous abandonnait! que deviendriez-vous pour toute l'éternité? C'est ainsi que tant de pécheurs se sont perdus. Ils attendaient le pardon, mais la mort vint et ils se sont damnés*, tremblez que la même chose ne vous arrive! Il est indigne de miséricorde celui qui se prévaut de la bonté de Dieu pour l'offenser. Après tant de péchés que Dieu vous a pardonnés, vous avez raison de craindre qu'au premier péché mortel que vous ferez, Dieu ne vous pardonne plus. Remerciez-le de vous avoir attendus jusqu'à présent, et prenez dès aujourd'hui la résolution de plutôt mourir que de pécher encore. Dites: Seigneur, je vous ai assez offensé; je ne veux plus vous offenser à l'avenir, car vous ne le méritez pas ; je veux employer ma vie à vous aimer et à pleurer les offenses que je vous ai faites. Je m'en repens de tout mon cœur j mon Jésus, je veux vous aimer ; donnez-m'en la force. Marie, ma mère, aidez-moi. Amen.
Source du texte : Bibliothèque Saint Libère
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