Maximes éternelles : méditations pour chacun des jours de la semaine · Alphonse de Liguori
Méditation pour le dimanche : La mort
Considère, ô mon ame ! que l'être dont tu jouis, c'est Dieu qui te l'a donné, en te créant à son image, quoique tu en fusses indigne ; il t'a adoptée pour sa fille par le saint baptême. il t'a aimée plus qu'un père, et il t'a créée pour que tu Faimasscs et le servisses en cette vie, afin d'aller ensuite jouir de lui dans le Paradis. Tu n'as pas reçu la vie pour jouir des plaisirs, être riche et puissante, pour manger, boire et dormir comme les brutes ; mais uniquement pour aimer ton Dieu et faire ton salut éternel. Dieu a mis les choses créées à ton usage, comme des moyens d'arriver à ta glorieuse fin. Malheureux que je suis ! j'ai pensé à tout excepté à ma destination ? O mon père ! pour l'amour de Jésus, faites que je commence une nouvelle vie toute sainte et conforme à votre divine volonté.
II.
Considère qu'à l'heure de la mort tu éprouveras de grands remords, si tu n'as été attentive à servir le Seigneur. Quelle sera ta douleur lorsqu'à la fin de tes jours tu t'apercevras qu'il ne te reste plus qu'un peu de fumée de toutes tes richesses, tes grandeurs, tes gloires et tes plaisirs! Tu te désoleras de voir que, pour des vanités et des choses viles tu as perdu la grâce de Dieu, et que tu n'es plus à temps de réparer le mal et de rentrer dans le bon chemin. O désespoir I o tourment! tu sauras alors combien le temps est précieux, mais il sera trop tard! tu voudras l'acheter au prix de ton sang, mais tu ne pourras. Jour amer pour qui n'a pas aimé Dieu!
III
Considère combien on néglige sa fin. On pense à amasser des trésors, on pense à manger, à danser, à s'amus c r, et l'on ne pense pas à servir Dieu, et l'on ne songe pas à sauver son ame ! on regarde l'éternité comme une fable ! Ainsi la plupart des chrétiens buvant, chantant, dansant, courent au gouffre infernal ! Oh ! s'ils savaient ce que veut dire ce mot : Enfer ! O hommes que de peines vous vous donnez pour vous damner, et vous ne faites rien pour vous sauver. Le secrétaire d'un roi d'Angleterre mourut en disant : Malheureux que je suis ! j'ai employé tant de papier pour écrire les lettres de mon maître, et je n'en ai pas employé une seule feuille à l'examen de mes péchés! Philippe III, roi d'Espagne, prononça ces paroles au lit de la mort : Oh ! si j'avais passé ma vie, dans un désert, à servir Dieu ! Oh! si je n'avais jamais été roi ! Mais que servent au mourant ces regrets et ces plaintes? Ils ne font qu'augmenter son désespoir. Apprenez aux dépens des autres à travailler à l'œuvre de votre salut, si vous ne voulez faire comme eux une mort désolée. Songez que tout ce que vous faites, dites ou pensez sans le but de plaire à Dieu, est entièrement perdu. Allons ! il est temps de changer de vie. Eh ! quoi, attendrez-vous pour vous désabuser d'être aux portes de l'éternité, à l'entrée de l'enfer, en ce moment où il n'est plus temps de réparer son erreur ? Mon Dieu ! pardonnez-moi, je vous aime par dessus tout. Je me repens infiniment de vous avoir offensé. Marie, mon espérance, priez Jésus pour moi.
Source du texte : Bibliothèque Saint Libère
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