Manuel sacré ou Guide d'une religieuse · Saint Léonard de Port-Maurice
Dédicace à Marie
AUGUSTE SOUVERAINE.
L'obligation que j'ai contractée de vous porter dans mon cœur, est aussi ce qui m'excite à graver votre Nom vénéré au frontispice de ce Manuel sacré. Souffrez, ô puissante Reine, qu'en vous offrant ce faible hommage, je proteste du fond de mon âme que je suis tout à vous, non-seulement à raison de ma dépendance naturelle à votre égard, mais beaucoup plus encore en vertu d'un acte libre de ma volonté, vous ayant choisie pour ma Mère. C'est donc à vous, aimable et tendre Mère, que je dédie ce Manuel, et avec lui je vous offre en même temps les cœurs de toutes les vierges auxquelles il est destiné. N'êtes-vous pas, auguste Souveraine, la plus aimable, la plus aimante et la plus aimée de toutes les créatures? C'est donc à vous que sont dus tous les cœurs les plus purs. Ah ! s'il était en mon pouvoir de recueillir les brûlantes affections des épouses les plus embrasées d'amour pour votre divin Fils, avec quel bonheur j'en tresserais une couronne que je déposerais au pied de votre trône ! Si je ne le puis, agréez du moins mon humble désir, auguste Souveraine; daignez abaisser sur toutes les vierges consacrées à Dieu, vos yeux pleins de miséricorde; favorisez-les d'un de ces regards qui transportent tout le paradis, afin qu'en lisant ces pages elles n'aient autre chose en vue que de se rendre plus agréables à votre sacré Cœur. Ne considérez pas leurs faiblesses, ô tout aimable Mère, mais que leurs misères au contraire ne servent qu'à attirer vos miséricordes. Ce sont vos Filles, je les dépose toutes dans votre Cœur, afin que là, comme dans un refuge assuré, elles puissent épancher leurs soupirs amoureux, ou plutôt, se consumer d'amour pour leur aimable et chaste Epoux. Emparez-vous de toutes leurs affections, ô grande Reine, afin qu'elles soient prêtes en tout temps à verser jusqu'à la dernière goutte de leur sang pour la défense de votre dignité incomparable, de votre pureté immaculée, et de toutes ces merveilleuses prérogatives qui vous attireront éternellement la vénération des élus, ainsi que les miennes et les leurs : je l'espère, appuyé sur votre bonté sans bornes. Donnez-m'en présentement pour gage votre sainte bénédiction, tandis que, prosterné la bouche contre terre, je proteste que je veux être à jamais,
De votre souveraine Majesté,
Le très-humble, très-dévoué et très-obéissant serviteur et esclave,
FR. LÉONABD DE PORT - M À U R I C K.
MANUEL SACRÉ
Source du texte : Bibliothèque Saint Libère
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