Lettres · Saint Jean Chrysostome
LETTRES A OLYMPIADE
On n’a pu retrouver l’ordre chronologique des lettres de saint Chrysostome. Les bénédictins ont conservé l’ordre suivi dans les précédentes éditions.
Cet ensemble doit être compté parmi les plus beaux monuments ecclésiastiques. Il nous fournit, en effet, de précieux renseignements sur ce grand schisme de l’Eglise d’Orient et sur l’exil du saint évêque.
Les dix-sept lettres à Olympiade sont de toutes les plus longues, les plus belles et les plus utiles, nous dit Photius. Les unes offrent à cette pieuse veuve les consolations et les encouragements dont elle a besoin : ce sont de véritables homélies ; les autres nous racontent ses tribulations. Voici quelques détails sur Olympiade.
Elle était fille du comte Anysius. Son père la donna en mariage au préfet Nébride (probablement l’année 384.) Saint Grégoire de Nazianze, invité aux noces, s’excusa de ne pouvoir y assister, et adressa à la jeune épouse un épithalame ou plutôt un discours parénétique. Olympiade ne fut mariée que vingt mois. Devenue veuve à la fleur de son âge, elle voulut demeurer veuve et rien ne put ébranler cette résolution. Théodose eut vainement recours aux prières et aux menaces pour lui faire épouser l’espagnol Elpidius, son parent. Ce refus irrita l’empereur, qui, avant de marcher contre Maxime, enjoignit au préfet de la ville de séquestrer tous ses biens jusqu’à ce qu’elle eût atteint l’âge de trente ans. Elle supporta, dit-on, cet acte odieux avec tant de courage qu’elle semblait heureuse d’être dépouillée de sa fortune. A son retour, Théodose comprit que rien ne pourrait vaincre cette résistance, et lui fit rendre ses biens Dés lors, sa maison fut ouverte aux évêques, aux moines, aux prêtres et aux autres clercs qui venaient à Constantinople. L’évêque Nectaire la fit diaconesse ; et ce fut elle qui lui ferma les yeux. Les lettres à Olympiade nous disent assez combien elle fut chère à saint Chrysostome. Après l’exil du Saint, elle fut traînée devant les tribunaux, accusée avec les autres amis du Pontife d’avoir mis le feu au temple de Sainte-Sophie. Malgré la fermeté de ses réponses, on la condamna à une forte amende ; elle quitta ensuite Constantinople pour se retirer à Cyzique où elle attendit des temps meilleurs. Saint Grégoire de Nazianze, Palladius, Sozomène, Ammien, et d’autres biographes nous ont transmis de nombreux détails sur cette vertueuse femme.
Source du texte : Biblia Clerus