Léon XIV, pape augustinien · Lire saint Augustin →

    Lettres et allocutions (1929-1930) · Pie XI

    Allocution consistoriale du 16 décembre 1929

    VÉNÉRABLES FRÈRES,

    Votre illustre Collège a été régulièrement convoqué aujourd'hui en Consistoire, pour que Nous vous donnions, suivant L'usage de Nos prédécesseurs, de nouveaux collègues en remplacement des cardinaux très regrettés qui récemment ont échangé le séjour terrestre contre la Patrie céleste, et pour Nous permettre de pourvoir, en vertu de Notre charge apostolique, à quelques prêchés privés de leurs Pasteurs.

    Bien que ce soit là le motif principal pour lequel Nous vous avons réunis, Nous voulons cependant profiter de cette circonstance — au moment on s'achève le cinquantième anniversaire de Notre ordination sacerdotale — non pour vous entretenir des événements tristes survenus au cours de cette année, mais bien pour vous inviter, Vénérables Frères, à louer et à remercier avec Nous la bonté de Jésus-Christ, dont Nous sommes le représentant sur la terre, après avoir brièvement rappelé les nombreux et grands bienfaits dont il Nous a comblé, No:is et l'Eglise universelle. Car, tout ce qui tourne à Notre honneur et à Notre joie tourne également à la gloire du nom catholique et ne peut manquer de vous causer à vous aussi, qui êtes les collaborateurs du Souverain Pontife, un contentement non moins grand.

    Tout d'abord, Nous tenons à rappeler les traités et conventions conclus avec le royaume d'Italie, dont l'un a définitivement réglé le conflit qui existait jusqu'à présent par suite de la violation des droits du Siège apostolique et de la spoliation du principal sacré que détenait légitimement le Pontife romain, et dont l'autre a arrangé les choses de part et d'autre, de façon à Nous rendre plus commode et plus facile le gouvernement de l'Eglise. Par ailleurs, Vénérables Frères, vous savez qu'une fois le pouvoir temporel du Pontife romain reconnu, et une fois Notre dignité et la vôtre respectées, Nous Nous sommes montré, quant au reste, on ne peut plus conciliant. Nos concessions, Nous ne pensons pas qu'elles tournent, dans l'avenir, au préjudice du salut des âmes, et cet espoir, Nous le fondons, non seulement sur la protection de l'immaculée Vierge de Lourdes et l'amour du Sacré Cœur de Jésus, en la fête desquels ces traités furent signés et ratifiés, mais encore et spécialement sur la grande confiance que Nous avons en l'équité et l'esprit religieux de Nos fils d'Italie. Notre espoir est encore basé sur les relations amicales, publiquement rétablies, à la suite de la visite courtoise que Nous ont faite le roi et la reine d'italie, suivie de celle des princes de la famille royale.

    Quelque temps après, eurent lieu les Concordats qu'avec l'aide de Dieu Nous avons heureusement conclus avec le Portugal, la Roumanie et la Prusse, et dont vous pourrez facilement, Vénérables Frères — vous qui êtes Nos aides et Nos collaborateurs dans nos travaux, — entrevoir et comprendre tout le profit qui en découlera pour l'Eglise et pour ces Etats eux-mêmes.

    Mais, par un dessein particulier de la divine Providence, d'autres événements encore sont survenus en grand nombre au cours de cette heureuse année, qui nous ont permis de constater et de voir, à Notre grand réconfort, l'ardeur de la piété accrue et éveillée dans l'âme des fidèles. Nous voulons parler du XIV centenaire de la fondation de l'archi-abbaye du Mont-Cassiu, pour lequel les fils de Saint-Benoit ne négligèrent rien, afin qu'il fût célébré dignement et pour le plus grand profit des âmes, Nous-même y étant pour ainsi dire présent en la personne de Notre légat... Nous voulons également parler du V centenaire de l'entrée triomphale de Jeanne d'Arc, à la tète de son armée, à Orléans. A cette occasion encore, Nous avons envoyé Notre légat a latere, afin que sous sa présidence les fêtes religieuses eussent encore plus de solennité.

    Mentionnons aussi la célébration du XI centenaire du débarquement de saint Anschaire en Suède. Le souvenir des travaux et des œuvres de cet infatigable apôtre de la Scandinavie fut, en effet, commémoré, en présence de deux membres de Notre Sacré-Collège et de nombreux évêques et abbés — avec les plus grands témoignages de reconnaissance et de piété de la part de nombreux fidèles accourus du Danemark, de la Norvège, de la Finlande et de l'Allemagne, — à Stockholm et dans une île où le Saint commença son évangélisation, pour participer aux fêtes organisées par les habitants de la Suède. Fut également célébré cette année le premier centenaire da jour où les catholiques d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande retrouvèrent leur liberté religieuse. On a. fêté enfin le millénaire du martyr saint Wenceslas, le saint duc de Bohème. A ces centenaires, qui furent célébrés avec un merveilleux éclat aussi bien par les Anglais, Ecossais et Irlandais que par les Tchécoslovaques, prirent également part des non-catholiques et des autorités civiles officielles : c'était justice, car il s'agissait à la fois de la reconnaissance d'un droit primordial et d'un hommage à un héros qui a si bien mérité de sa patrie.

    Et maintenant, pour en venir à un autre sujet, parlons de l'empressement avec lequel les catholiques du monde entier — depuis le jour où, en janvier dernier, Nous promulguâmes l'indulgence plénière du Jubilé — se sont efforcés à l'envi de mériter les grâces les plus précieuses. Et parmi eux il en fut un grand nombre qui, ayant déjà gagné l'indulgence du Jubilé dans leur propre patrie, n'en voulurent pas moins profiter de la permission qui leur était accordée à cette fin — suivant en cela l'exemple des autorités de l'Etat, — et Nous porter eux-mêmes, à l'occasion de Notre Jubilé, leurs vœux et le témoignage de leur piété filiale. De plus, de presque tous les diocèses d'Italie, comme aussi des autres nations, et même des pays d'outre-mer, accoururent en Notre ville des foules immenses de fidèles, ordinairement sous la conduite de leurs évêques, désireuses de purifier leurs âmes auprès du tombeau des apôtres, de Nous présenter leurs félicitations et de jouir de Notre présence et d'entendre Notre voix.

    Nous ne voulons pas non plus omettre de rappeler qu'un grand nombre de fidèles sont venus à Rome lorsque Nous décidâmes d'accorder les honneurs des bienheureux à des personnes qui se sont signalées par la sainteté de leur vie, parmi lesquelles Nous tenons à citer nommément le bienheureux Jean Bosco, qui — par lui-même ainsi que par l'immense famille de ses fils dévoués au service de l'Eglise — a procuré plus que personne l'éducation chrétienne de la jeunesse.

    Mais arrêtons-Nous là : Nous parlerons en effet plus longuement et plus en détail de tout cela et d'autres faits qui sont venus Nous consoler si souvent au cours de cette année, dans les Lettres Encycliques que Nous adresserons prochainement à tous les évêques et fidèles du monde catholique.

    LITTERAE ENCYCLJCAE

    Ad Venérabiles Fratres, Patriarchas, Pri-mates, Archiepiscopos, Episcopos, Aliosque Logorum O r d i n a r i o s P a g e m et Communionem

    CUM A P O S T O L I C A S E D E H A B E N T E S : de usu exercitiorum spiritualium magis magisquc promovendo.

    PIUS PP. XI VENÉRABILES FRATRES, SALUTEM ET APOSTOLICAM BENEDICTIONEM.

    Source du texte : Bibliothèque Saint Libère

    Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.

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