Léon XIV, pape augustinien · Lire saint Augustin →

    Lettres et allocutions (1929-1930) · Pie XI

    Allocution de Noël 1929

    pour offrir leurs souhaits respectueux au Saint - Père.

    Nous Nous empressons de remercier de tout cœur le vénérable cardinal doyen du Sacré-Collège, des paroles, belles et élevées en même temps qu'affectueuses, et de l'expression des nobles sentiments qu'il Nous a adressés en son nom et au nom du Sacré-Collège à qui vont aussi Nos remerciements. Et Nous remercions non seulement pour les sentiments exprimés, mais encore pour cette présence solennelle et toujours chère du Sacré-Collège qui Nous est d'autant plus chère en des circonstances comme celles-ci. Elle se produit, en effet, au moment où vient à peine de prendre fin, chronologiquement, Notre jubilé sacerdotal, auquel le Sacré-Collège a voulu prendre une part si belle, si splendide, non seulement par ses souhaits, mais encore par ses dons magnifiques; elle se produit, de plus, à la veille des saintes fêtes de Noël, toujours chères, solennelles et sympathiques; de sorte qu'en ce moment la présence du Sacré-Collège Nous est en vérité plus exquisement chère et plus particulièrement solennelle.

    Votre vénérable interprète N J USa rappelé tant de si chères et si belles choses, que Nous ne pouvons pas Nous dispenser de renouveler également en votre présence et en présence de l'élément le plus distingué de la prélature romaine ici réuni, les sentiments de profonde reconnaissance que Nous n'avons jamais cessé de porter devant le trône de Dieu, l'unique Auteur de choses si belles et si saintes, de même que Nous avons confiance que l'ont été et le seront toutes celles dont le Seigneur a réellement rempli l'année de Notre jubilé sacerdotal.

    Par elles Notre jubilé est devenu non plus seulement un événement de Notre vie individuelle mais un fait vraiment, heureusement, bénéfiquement mondial, qui a comblé de joie le Père commun des fidèles, parce que, par elles, le jubilé sacerdotal du Père est devenu le jubilé spirituel des fils, c'est-à-dire de l'immense famille catholique tout entière avec une large moisson de fruits excellents de vie chrétienne renouvelée soit dans les rapports de la vie individuelle, soit dans les rapports de la vie sociale.

    De ce résultat bienfaisant, Nous avons une preuve dans la série ininterrompue, serrée, très nombreuse, de pèlerinages venus de toutes les parties du monde vers l'antique Sainte Eglise Romaine, Mère de toutes les Eglises.

    Votre vénérable interprète a voulu aussi rappeler ces événements qui, dépassant la portée individuelle de celui qui vient d'être rappelé, revêtent une portée historique et universelle. Et en vérité ces événements, c'est-à-dire ces historiques Pactes du Latran, Nous pouvons bien les placer parmi les joies les plus pures et les plus éclatantes dont la main et le cœur de Dieu ont voulu embellir et enrichir Notre jubilé sacerdotal, et dont ils ont augmenté l'importance et la portée. Devant ces grandes et admirables choses, Nous ne pouvons que remercier Dieu d'avoir voulu choisir Notre faiblesse pour les réaliser. A Dieu donc Notre gratitude renouvelée et durable, comme au Donateur et Distributeur de ces fruits nombreux et de prix, dont a parlé aussi votre vénérable interprète; ces fruits Nous les considérons comme certains dans les dispositions divines, de même que Nous sommes très certains de Nos intentions durables à ce sujet : non seulement fruits de pacification, mais encore fruits de sanctification, de vie chrétienne restaurée, d'accroissement d'honneur pour Dieu et pour son Eglise, et, par là même, de garanties nouvelles également pour la vraie prospérité du pays et de la société.

    Parmi les conséquences les plus immédiates et les plus heureuses de ces accords, Nous mettons sans aucun doute les augustes visites auxquelles a fait allusion le Doyen du Sacré-Collège, visites dont, il faut le dire, Nous sommes restés non seulement satisfaits, mais vraiment consolés.

    Pour d'autres conséquences encore de ces Pactes, Nous tenons à manifester Notre satisfaction et Notre consolation : à savoir pour les bonnes dispositions de nombreux Dicastères et de personnes excellentes, qui ont mis leurs bonnes volontés et leurs meilleures dispositions, même les dispositions les plus déférentes, pour l'exécution de plus en plus fidèle, de plus en plus bienfaisante, de ces Accords.

    Cependant Nous ne pouvons en dire autant de tout, de tous, et dans tous les domaines, pas plus que Nous ne pouvons Nous dire satisfaits de tout, parce que — ainsi que Nous avons déjà eu l'occasion de le signaler, seulement en passant, dans la dernière allocution consistoriale — il ne manque pas de notes tristes, de notes discordantes. L'Action catholique, Notre Action catholique, n'est pas traitée comme elle devrait l'être; elle n'est pas traitée comme un article explicite du Concordat l'exige solennellement.

    Dire que l'Action catholique fait de la politique, en vue d'éluder cet article, c'est, à proprement parler, dire une chose contraire à la vérité, c'est proprement la calomnier, c'est Nous calomnier Nous-même dans Nos fils les plus chers. Si quelque isolé — on n'a jamais produit son nom — méritait l'accusation d'être un politiqueur, Nous serions les premiers, là où Nous en aurions connaissance, à la formuler et à lui appliquer une sanction; mais si même il en était ainsi, cela ne signifierait pas, en fait, que l'Action catholique fait de la politique. Dire que l'Action catholique, les Jeunes catholiques, la Jeunesse Catholique font de la politique, c'est dire une chose qui n'est pas vraie; non, ils n'en font pas, et Nous le savons bien, parce que Nos fils ont de Nous la consigne de n'en pas faire, et Nous savons aussi avec quel esprit d'obéissance et avec quel scrupule ceux-ci exécutent les consignes qui leur sont données par le Vicaire de Jésus-Christ,

    Et sur un autre terrain, à Notre très grande douleur, Nous sommes forcés de faire de tristes constatations : il s'agit de la presse catholique, de la presse de l'Action catholique. Non, elle n'est pas bien traitée, elle est au contraire traitée mal, et cela d'une manière odieuse. C'est là un fait douloureux qui s'est désormais produit durant toute cette année, jusqu'à ces jours derniers. Et cela au moment même où l'on lit l'annonce de monuments dont l'opportunité ne peut être reconnue que d'un bien petit nombre; de plus, sinon dans la lettre, à coup sûr par leur esprit, ils sont en opposition avec les Pactes échangés, dans lesquels est aussi rappelé et reconnu le caractère sacré de Rome, de cette Rome qui reste toujours Notre Rome, Notre diocèse, Nôtre dans le sens le plus vrai et le plus élevé du mot. Et tout cela tandis que l'on donne de larges permissions et des facilités à des publications qui sont contraires à cet esprit public : publications dénuées de respect et irrévérencieuses vis-à-vis du Saint-Siège et du Pontife lui-même, que l'on dirait nées, faites et comprises de manière à bouleverser les consciences et les intelligences précisément sur ces points au sujet desquels Nous avons à plusieurs reprises exprimé Nos rectifications et Nos condamnations : publications que l'on dit vouloir être l'apologie d'une politique religieuse qui, si elle était vraiment telle qu'on la dit, serait une politique antireligieuse.

    Comme vous le voyez, les tribulations et les tristesses ne manquent pas, mais même in tribulalionibus nostris Nous sommes dans la joie parce que nous avons une confiance sans limites et trop justifiée en la bonté de Dieu, dans la fidélité de Dieu, et dans les promesses qu'il a faites à son Eglise et à ceux qui devaient être ses vicaires : et super hanc petram... non.pvaevalebunt... ecce Ego vobiscum sum... A la confiance illimitée et justifiée dans la bonté de Dieu Nous aimons à ajouter pareillement la confiance que Nous possédons dans la loyauté et la fidélité des hommes.

    Et maintenant il ne Nous reste, très chers Fils et vénérables Frères, qu'à vous renouveler à vous tous l'expression des sentiments de Notre gratitude et à vous adresser à Notre tour Nos souhaits à vous et à toute la distinguée Prélature romaine ici présente. Notre bénédiction, Nous voulons la donner avec d'autant plus d'effusion à tous et à chacun des membres du Sacré-Collège, que Nous sommes sûr qu'elle tournera à notre propre avantage, car Nous savons bien avec quelle sollicitude, avec quel soin, avec quel dévouement vous travaillez, là où chacun de vous est placé, à être pour Nous d'une aide et d'un conseil précieux pour les intérêts du Saint-Siège apostolique et pour le gouvernement de toute l'Eglise.

    Nous voulons enfin bénir tous ceux qui sont ici présents et tout ce que chacun d'eux a de plus cher dans sa pensée et dans son cœur, priant le Seigneur d'accompagner Notre bénédiction de l'abondance de ses bénédictions divines et de ses grâces.

    [Traduit de l'italien.]

    LÎTTERAE ENCYCL1CAE A D VENERAD ILES FRATRES, PATRIARCHAS, PRI-

    Mates, archiep1scopos, episcopos, aliosque locorüm ordinarios, pacem et communionem cum apostolica sede habentes itemque ad christifideles catholici orbis universos

    de christiana iuventutís educationc.

    PIUS PP. XI

    Source du texte : Bibliothèque Saint Libère

    Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.

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