Léon XIV, pape augustinien · Lire saint Augustin →

    Lettres et allocutions (1929-1930) · Pie XI

    Chirographe Puisque vous au cardinal Dubois (25 août 1929)

    PIE XI, PAPE NOTRE TRÈS CHER FILS, SALUT ET BÉNÉDICTION APOSTOLIQUE.

    Puisque vous vous préparez à célébrer la liés douce mémoire de ce jour où, voilà cinquante ans, vous offriez à Dieu les prémices de votre sacerdoce, votre piété envers Nous, non moins que Notre bienveillance à votre égard, exigent que Nous Nous réjouissions avec vous de cet heureux événement. Si nous considérons, en effet, tout ce que, pendant le cours de votre vie pastorale, soit comme prêtre, soit comme évêque, vous avez fait pour le bien de l'Eglise, Nous avons plus d'un motif d'honorer d'une juste louange vos divers mérites : "votre sollicitude pour le salut des âmes, votre diligence dans le gouvernement de divers diocèses, votre zèle admirable pour encourager tout ce qui contribue à l'honneur de la Maison de Dieu, en particulier cette spéciale attention que vous avez donnée au chant ecclésiastique et à la prononciation romaine des textes liturgiques latins.

    Mais ces mérites, si nombreux déjà, sont devenus plus éclatants encore lorsque, déjà agrégé au Sacré-Collége des Eminentissimes Cardinaux, vous avez été élevé par Notre Prédécesseur, d'heureuse mémoire, à ce très illustre siège de Paris. Car, comme un bon capitaine, vous avez soutenu la lutte contre cette hérésie (car c'est de ce nom qu'on peut et doit désormais l'appeler) qui tire son nom du journal l'Action Française, et ce, dès le moment où elle commença de se répandre sur la France. Vous n'avez pas seulement manifesté oralement et par écrit Nos paroles et Notre volonté, vous les avez encore défendues vigoureusement, avec une entière adhésion aux idées (directives, sentiments, etc.) très ouvertement exprimées par Nous dans Notre allocution consistoriale du 20 décembre 1926, confirmées ensuite et sanctionnées de plusieurs manières. Vous avez fait davantage, lorsqu'avec un cœur paternel vous avez exhorté à l'obéissance envers le Pontife Romain tous les dévoyés, et spécialement les jeunes, qui sont plus exposés à se laisser entraîner par de fallacieuses doctrines. Avec un zèle égal, bien digne d'imitation, vous avez, dans toutes les conférences archiépiscopales, fidèlement et attentivement interprété Nos vues sur ce sujet. Si donc, à cause de votre fidélité au Vicaire de Jésus-Christ, vous avez été l'objet de récriminations, de calomnies et d'injures publiques, jusqu'à être appelé en jugement, vous pouvez bien vous consoler et vous glorifier d'avoir été jugé digne, comme les apôtres, pro nomine Jesu contumeliam pati (Act. v, 41).

    Ceux, à la vérité, qui se sont comportés ainsi envers vous (agissant d'ailleurs aussi contre Nous et contre le Saint-Siège) ont montré ouvertement de quel irrévérencieux esprit de révolte, Nous dirons plus, d'impiété et d'infidélité, ils sont animés, si ouvertement que quiconque n'est pas tout à fait aveugle a pu reconnaître avec évidence combien Nos préoccupations et Nos condamnations étaient justifiées.

    Heureux de cette magnanime fidélité, Nous n'avons pas cessé de vous consoler par des paroles paternelles; aujourd'hui cependant, saisissant une occasion si solennelle, Nous ne voulons pas seulement vous renouveler l'expression de Notre particulière bienveillance pour tout ce que vous avez fait et faites encore pour ce que vous avez souffert et souffrez avec Nous, mais encore vous renouveler nos éloges paternels de ce qu'en avertissant les fidèles et en les éloignant de ces erreurs vous n'avez jamais dévié le moins du monde de l'exacte interprétation de Notre intention et de Notre volonté, que vous étiez bien fondé à croire immuables. Si parfois, sous l'influence de cette bienveillance paternelle que Nous éprouvons envers tous nos fils bien-aimés et vénérables frères en Jésus-Christ, Nous avons préféré, en parlant à certains d'entre ceux qui venaient Nous visiter, ne pas user de cette sévérité que plusieurs attendaient, Nous l'avons fait uniquement dans le désir de voir se réaliser pour Nous aussi cette belle parole de l'Apôtre : Noli vinci a malo, sed vince in bono malum (Rom., xu, 2 1 ). Mais jamais ne s'est amoindrie en Nous la haute estime que Nous avons pour ceux qui se sont montrés les plus obéissants, ceux à qui les catholiques de l'univers entier, autant que ceux de France, doivent une sincère reconnaissance.

    Ne cessez donc point, fils bien-aimé, de combattre avec Nous le bon combat; Nous disons avec Nous, car ils se trompent grandement ceux, s'il y en a, qui prendraient pour de l'oubli Notre silence, en vérité assez souvent interrompu, pour lassitude Notre bénignité, et qui penseraient ou diraient, ce qui est pis, que Nous Nous sommes éloignés, si peu que ce soit, ou sommes prêts à Nous éloigner de Notre première sentence.

    Vous savez trop bien pour qu'il soit besoin de vous le rappeler, que jamais ne manquera la grâce de Dieu, par laquelle tout se change en bien pour ceux qui aiment le Seigneur.

    Enfin, implorant du divin Maître qu'il accorde de longues années encore au pasteur si diligent et si plein de zèle, afin d'augmenter les fruits spirituels et la splendeur de cet heureux événement, Nous vous promettons de tout cœur de donner à tous les fidèles qui assisteront à la solennité de votre Jubilé la bénédiction papale et l'indulgence plénière aux conditions d'usage.

    Comme gage de Notre paternelle bienveillance et des meilleures faveurs divines Nous vous envoyons, très cher fils, avec pleine effusion de cœur, pour vous et pour tous les fidèles confiés à vos soins, une très spéciale bénédiction apostolique.

    Donné à Rome, près Saint-Pierre, en la fête de saint Louis, le 25 août de l'année 1929. la huitième de Notre Pontificat.

    PIUS PP. XI [Texte officiel.]

    ALLOCUTIO habita in Consistono diei 1 6 decembris 1 9 2 9.

    Source du texte : Bibliothèque Saint Libère

    Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.

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