Lettres diverses sur différentes matières, spécialement de spiritualité · Alphonse de Liguori
Lettre III
Noccra, 7 juin 1732.
Je reçois l ’autre lellrc que m ’écrit votre illustrissime seigneurie, et je reçois en même temps une aulrc lellrc de Ciorani, où l ’on me dit que le curé de N. y est venu avec un autre parent du prêtre en question, pour lui donner un nouvel assaut, afin qu’il se retirer chez lui, etc.; el que D. Antonio tient bon en disant qu’il ne veut en aucune sorte aller chez lui, parce qu’il craint de perdre la vocation au milieu de toutes les tentations qu’il prévoit. Cher monseigneur, vu de semblables circonstances, maintenant moins que jamais, je ne pourrais aucunement prendre sur ma conscience de le chasser, et de lui ordonner absolument qu’il aille dans sa famille: je m’en ferais scrupule précisément pour ce qu’il m’a dit de vive voix, et conformément à l’autre lettre que je vous envoyai hier, cl que j ’espère que vous aurez lue à Fiicnrc qu ’il est. Dieu sait avec quelle appréhension je me hasardai l’autre jour à lui insinuer qu ’il se retirât à Naples dans sa famille. Maintenant D. Antonio, pour donner satisfaction à ses parents, et pour ne pas nous voir inquiétés par ces dépêches dont son père nous menace, si nous le retenons dans notre maison, est bien aise d’être envoyé dans quelque couvent de moines pour y demeurer jusqu’à ce que la tempête soit apaisée et qu ’il n ’y ail plus danger de nous voir inquiéter. En conséquence, j ’ai écrit aux pères de Ciorani d’y penser et de l ’envoyer dans quelque maison religieuse différente des nôtres, cl hors de Naples, parce que, vu les circonstances, il n ’est nullement expédient de l ’envoyer à Naplcs. Cela fait, je ne vois pas ce que les pareils pourraient encore prétendre, puisqu’il no pour* l'ail venir d’autre ordre du marquis Fraggianni ou de la cour, si ce n ’est de le mettre dans une tierce maison, ainsi que l ’ordre en vint pour notre P. Fiocclii: on le fit, «jl ensuilc il rentra dans la congrégation. D’autant plus que, d’après ce que j ’apprends, sa mère commence à s’apaiser, el que le père obtiendra difficilement que ces dépêches soient expédiées. Du reste, monseigneur, vous aie devez pas avoir d ’inquiétude, parce que je no recevrai pas ce prêtre dans la congrégation sans votre recommandation, et je suis, etc. Vive Jésus, Marie, Joseph cl Thérèse!
Source du texte : Bibliothèque Saint Libère
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