La manière de bien servir à la sainte Messe · Saint Jean Eudes
Chapitre I : Combien c'est une chose grande et sainte que de servir la sainte Messe
CHAPITRE PREMIER.--Combien c'est une chose grande et sainte que de servir la sainte Messe.
DEMANDE.--Qu'est-ce que servir à la sainte Messe ? RÉPONSE.-- C'est une des plus grandes et des plus saintes actions qui se puisse faire dans le christianisme. Car, après la célébration du saint Sacrifice de la Messe, il n'y a rien de plus grand ni de plus digne que de la servir.
D.-- Cela est-il vrai?
R.--Oui, d'autant que c'est le second office de la maison du grand Roi.
D.--Expliquez-moi ceci ?
R.--Vous devez savoir que, comme il y a eu deux offices au regard du Corps passible et mortel du Fils de Dieu: l'un de le produire et former, office qui n'appartient qu'à la très sainte Vierge; l'autre de le servir, office qui a été exercé par la même Vierge, comme aussi par saint Gabriel et par saint Joseph, qui l'ont servi et qui ont assisté sa sainte Mère dans les services qu'elle lui a rendus: de même, il y a encore à présent deux offices au regard du Corps glorieux et immortel de Notre-Seigneur dans la sainte Eucharistie. Le premier est de le produire, le rendre présent et le mettre sur l'Autel: ce qui n'appartient qu'aux Prêtres. Le second est de ceux qui servent 414 à la sainte Messe, et qui coopèrent avec le Prêtre à l'oblation de ce grand et admirable Sacrifice. Jugez de là combien cette action est digne et relevée.
D.--Continuez à me faire voir son excellence.
R.--C'est une chose si excellente et si sainte, que Notre-Seigneur a établi un sacrement dans son Église, qui est le sacrement de l'Ordre, pour donner le pouvoir et la dignité d'accomplir cet office, et la grâce de le bien exercer.
D.--Ce que vous dites-là est bien remarquable. Poursuivez, s'il vous plaît.
R.--Oui, le même sacrement qui est établi pour donner pouvoir et grâce aux Prêtres d'offrir le saint Sacrifice de la Messe, est institué aussi pour donner grâce et dignité à ceux qui y doivent servir.
D.--Qui sont ceux-là ?
R.--Ce sont les Diacres, Sous-Diacres et Acolytes, lesquels seuls ont droit de servir la sainte Messe par office, et qui ont caractère, dignité et grâce pour le faire honorablement et saintement.
D.--Est-il donc point permis aux laïques de servir la sainte Messe ?
R.--Oui, l'Église le leur permet; mais c'est par faveur et privilège et pour la nécessité, lorsqu'il ne se trouve ni Diacre, ni Sous-Diacre, ni Acolyte, ni Clerc pour le faire. « In celebratione Missae, sacerdos ne se conferat ad altare, nisi clericum in decenti habitu et cum supe-pelliceo mundo sibi inservientem habuerit. Quibus vero in locis clericus commode haberi non poterit, caveat ne celebret absque hujusmodi clerico, nisi facultatem ab Episcopo in scriptis impetraverit 274. »
D.--Que dites vous encore de la dignité de cet office ?
R.--Chasser les démons est un grand office dans l'Église de Dieu: celui néanmoins de servir la sainte Messe est plus digne. 415
D.--Pourquoi ?
R.--Parce que l'ordre d'Acolyte, qui donne droit de servir la sainte Messe, précède celui de l'Exorciste, qui donne pouvoir de chasser les diables, et par conséquent est plus digne. Tout Acolyte est Exorciste; mais tout Exorciste n'est pas Acolyte. La puissance de chasser les esprits malins est dans l'Acolyte; mais la dignité de servir à l'autel n'est pas dans l'Exorciste. D.--Que dites-vous davantage de la sainteté de cet office ?
R.--Le martyre est une chose grande. Néanmoins servir la sainte Messe est une chose en quelque façon plus digne.
D.--Comment prouvez-vous cette proposition ?
R.--Je la prouve en deux raisons.
D.--Quelle est la première ?
R.--C'est parce que celui qui endure le martyre, rend témoignage d'une vérité par l'effusion de son sang seulement et par la perte de sa vie, qui, à proprement parler, n'est pas un sacrifice, n'étant pas institué de Dieu en cette qualité ni à cette fin. Mais celui qui sert la sainte Messe, et qui Concil. Aquense, celebratum anno 585.
coopère avec le Prêtre dans ce divin mystère, rend témoignage de toutes les vérités de Dieu par le Sang de Jésus-Christ et par le plus grand Sacrifice qui puisse être.
D.--Quelle est la seconde raison ?
R. --C'est parce que le sacrement de Confirmation, qui dispose au martyre et qui donne la grâce et la force de le souffrir, est donné à tous les chrétiens indifféremment. Mais le sacrement de l'Ordre, qui donne la grâce pour servir la sainte Messe, n'est pas conféré à tous, mais seulement à des personnes de choix et d'élite, qui se veulent consacrer à Dieu d'une manière spéciale, et qui désirent mener une vie parfaite.
D.--Quel est le fruit et la grâce que reçoit celui qui sert la sainte Messe ?
R.--Il est indicible et inconcevable. Car celui qui 416 fait cet office a la principale part, après le Prêtre, à tous les fruits, grâces et bénédictions de ce grand Sacrifice, qui est la source de toute sainteté. D.--Dites-moi encore quelque chose qui me fasse connaître l'importance de cette action, et qui m'oblige à la bien faire.
R.--Ne savez-vous pas que c'est un office des plus honorables dans le palais des princes, que de servir sur leur table, et que cela n'appartient qu'à leurs maîtres d'hôtel, qui apportent toute la diligence et circonspection possibles pour s'en bien acquitter ? Jugez de là combien c'est chose grande de servir à la table céleste et au saint autel du Roi des rois, et combien on doit s'étudier à n'omettre aucune des dispositions et cérémonies qu'il y faut observer.
D.--Avez-vous point encore quelque chose à me dire sur ce sujet ?
R.--Sachez qu'en servant la sainte Messe, vous êtes au milieu d'une grande troupe d'Anges qui environnent l'autel de tous côtés, et qui s'estiment trop heureux de regarder avec un profond respect et d'adorer avec tremblement les mystères redoutables auxquels vous servez et participez d'une façon particulière. D.--N'oubliez rien à me dire de tout ce qui peut exciter la dévotion avec laquelle se doit faire cette action.
R.--Si Notre-Seigneur était maintenant sur le Calvaire, s'y offrant en sacrifice comme il a fait autrefois, et que vous eussiez le bonheur de vous trouver au pied de sa Croix, avec sa sainte Mère et saint Jean l'Évangéliste, avec quel respect et dévotion vous rendriez-vous attentif à un tel objet ? Or sachez que le même Jésus qui était alors sur la croix, est maintenant sur les autels où l'on célèbre la sainte Messe, et qu'il y est offrant à son Père pour nous le même sacrifice qu'il lui a offert sur le Calvaire. Avec quelle ferveur et sainteté devez-vous donc assister et servir à un mystère si admirable! 417
D.--Ce n'est donc pas une action basse et qui ne soit bonne que pour des enfants, ainsi que plusieurs s'imaginent?
R.--Non, mais au contraire, c'est une action si noble et ai honorable, que les Princes et les Monarques de la terre devraient tenir à grand honneur de le faire, et reconnaître qu'ils en sont infiniment indignes, et que même les Chérubins et Séraphins n'y seraient pas trop bons.
D.--Quelle conclusion tirez-vous de toutes ces choses ?
R. --J'en tire trois conclusions:
1. Que cet oeuvre de servir la sainte Messe étant si digne et si saint, ceux qui le font indignement, n'y apportant pas le respect, la dévotion et la diligence requises, se mettent en grand danger d'attirer sur eux la malédiction qui est marquée en ces paroles: Maudit celui qui fait l'oeuvre de Dieu négligemment1.
2. Que ceux qui doivent faire pratiquer ces choses par leur exemple, par leurs instructions, et qui ne le font pas, ont beaucoup plus de sujet de craindre cette malédiction.
3. Que cette affaire étant si importante, il faut apporter un grand soin de bien apprendre toutes les cérémonies extérieures et les dispositions intérieures qui sont requises pour la bien faire.
CHAPITRE II.--Ce que doit faire à l'extérieur celui qui sert la sainte Messe.
D.--Que faut-il aire pour bien servir la sainte Messe?
R.--Deux choses, dont la première regarde l'extérieur.
D.--Dites-moi les choses qu'il faut faire en l'extérieur, et premièrement en la Sacristie et avant que le Prêtre aille à l'autel.
R.--Celui qui sert la sainte Messe doit premièrement quitter son chapeau ou son bonnet carré; puis laver ses mains, par respect à plusieurs choses saintes qu'il doit toucher, et de peur de les salir; comme aussi se mettre en un état qui soit propre et honnête. Et, s'il est clerc, prendre un surplis; puis aider au Prêtre à s'habiller, et prendre garde que tous les ornements soient proprement ajustés sur lui; que la croix qui est au col de l'étole soit justement au milieu du cou; que l'aube couvre toute la soutane; qu'elle soit élevée de terre d'un doigt, et qu'elle ne soit pas plus longue en un endroit qu'en un autre. Cela fait, il doit allumer les cierges, prenant garde de ne laisser pas tomber de la cire sur l'autel; et préparer le vin et l'eau sur la crédence, si ce n'est que quelqu'un y ait déjà donné ordre.
D.--Que fait-il, lorsque le Célébrant est prêt d'aller à l'autel?
R.--Il prend le missel, fait une inclination à la croix avec le Célébrant, marche devant avec gravité et modestie, ayant les yeux baissés; et, passant où le peuple serait assemblé, il fait faire bonne place à ce que le Prêtre puisse passer commodément et sans souiller le bas de ses vêtements.
S'il passe devant un autel où l'on fait l'élévation du Saint-Sacrement, il s'agenouille jusques à la reposition du Calice. S'il passe devant quelque autre autel, même où l'on dise la Messe, il n'y fait aucune révérence2.
Étant arrivé à l'autel auquel la sainte Messe se doit dire, il s'arrête à la droite du Prêtre, reçoit le bonnet et le baise, fait la génuflexion en même temps que le Prêtre la fait ou qu'il s'incline; se lève avec lui, et prenant le tour du marchepied, met le missel fermé sur le coussin, tournant l'ouverture vers le milieu de l'autel; puis porte le bonnet carré où l'on a coutume de le mettre. D.--Après cela que fait-il ?
R.--Il passe au côté de l'Évangile: car il doit toujours être au côté où le livre n'est point; et passant, il fait une génuflexion au milieu de l'autel, si le Saint-Sacrement y est, ou s'il n'y est point, une profonde inclination3. Il se met à genoux un peu derrière le Prêtre, joint les mains sur la poitrine, se tient dans une grande modestie, ne tournant point la tête ni les yeux, sinon vers l'autel pour regarder quelquefois les cierges, afin de les moucher lorsqu'il en est temps. Il se rend fort attentif pour bien répondre ce qu'il faut, conformant sa voix à celle du Prêtre, ne commençant point à répondre avant qu'il ait achevé ce qu'il dit, et prononçant distinctement et posément toutes les paroles. Et enfin, il apporte toute sorte de diligence pour servir le Prêtre en temps et lieu, se gardant bien de le faire attendre. Et à cet effet, il doit avoir l'esprit et les mains libres, n'y tenant point de livres, mais s'appliquant tout à bien faire un si saint office.
D.--Continuez, s'il vous plaît.
R.--Quand le Prêtre commence In nomine Patris, celui qui sert la sainte Messe se signe comme lui. Quand il dit Gloria Patri, il incline la tête; et au verset Adjutorium, etc., il se signe pareillement avec le Prêtre.
Le Prêtre ayant dit le Confiteor: il répond Misereatur, etc. Mais au mot tui, il incline la tête vers le Prêtre; ce qu'il fait aussi à ses paroles du Confiteor: Et tibi Pater; Et te Pater.
En disant le Confiteor, il doit avoir la tête et les épaules un peu baissées, jusqu'à ce que le Prêtre commence Indulgentiam, qu'il se dresse, faisant le signe de la croix avec lui. Et il n'est point permis d'ajouter au Confiteor le nom d'aucun Saint, outre ceux qui y sont nommés.
D.--Lorsque le Prêtre monte à l'autel, que fait celui qui sert la sainte Messe?
R. --Il demeure à genoux sur la dernière marche, jusqu'à la fin de l'Épître, laquelle étant dite, il répond: Deo gratias. Il doit savoir qu'aux mercredis des Quatre-Temps, et aux mercredis de devant les dimanches de la Passion et de Pâques, il y a deux Épîtres à la messe4 ; et qu'aux samedis des Quatre-Temps, il y en a six, afin qu'il ne prenne pas le missel après la première Épître en ces messes-là, ainsi qu'aux autres messes.
D.--L'Épître étant dite, que fait le Clerc ?
R.--Il se lève, prend le livre, le porte au lieu où l'on dit l'Évangile, faisant la génuflexion en passant et repassant toujours au milieu de l'autel, ou une profonde inclination quand le Saint-Sacrement n'y est pas; le met ouvert en la place où il doit être; et, lorsque le Prêtre dit: Sequentia sancti Evanqelii, etc., il répond: Gloria, tibi Domine, se signe le front, la bouche et la poitrine; puis il fait une inclination vers le Prêtre lorsqu'il vient à prononcer le saint Nom de Jésus, qui d'ordinaire est au commencement de l'Évangile; et il s'en retourne au côté de l'Épître. Si pendant l'Évangile, le Prêtre fait la génuflexion, il la fait aussi avec lui. A la fin de l'Évangile, il répond: Laus tibi, Christe.
D.--Quand il entend le sacré Nom de JESUS, OU de MARIA, ou du Saint dont on dit la messe, que doit-il faire ?
R.--Il doit incliner la tête.
D.--Après que l'Évangile est dit, que fait-il ? R.--Il se met à genoux; et si le Célébrant dit le Credo, à ce verset: Et incarnatus est,etc., il incline la tête; et à la fin du Credo, il se signe avec le Célébrant.
Le Prêtre ayant dit l'Offertoire et ôté le voile de dessus le calice, si celui qui sert est clerc et en surplis, il peut le recevoir et le placer sur le coussin 2 7 9 du côté de l'Épître, faisant la génuflexion lorsque, pour cet effet, il s'approche de l'autel et lorsqu'il s'en retire.
Après l'Offertoire, le clerc va à la crédence, prend de la main droite la burette de vin, et de la gauche celle de l'eau, et tenant l'une et l'autre par le pied, présente premièrement celle du vin au Prêtre, l'ayant baisée (excepté aux messes de Requiem), et tournant vers lui la poignée de la burette, afin qu'il la prenne plus commodément. Secondement, il change de main la burette d'eau, la mettant à sa droite; et après avoir reçu du Prêtre, avec la main gauche, la burette de vin et l'avoir baisée, il baise aussi celle de l'eau et la lui présente, et si elle est couverte il la découvre, afin que le Prêtre bénisse l'eau qu'il met dans le calice; puis, l'ayant reçue et baisée, il fait l'inclination au Prêtre, et repose l'une et l'autre sur la crédence.
Aussitôt, il prend l'essuie-mains qu'il met en sa main gauche sous le bassin; il prend aussi de la main gauche le bassin (qu'il ne faut pas mettre sur l'autel), et la burette d'eau de la main droite; et s'approchant du Prêtre, lui fait une inclination, baise la burette (excepté quand le Saint-Sacrement est exposé), et lui verse de l'eau sur les doigts; puis il lève un peu la main gauche pour lui présenter l'essuie-mains; et ensuite, lui faisant encore une inclination, il reporte le bassin, et ayant jeté l'eau, non pas sur le pavé ni contre la muraille, mais en un lieu destiné à cela, il le met sur la crédence, il y remet les burettes, sur lesquelles il met l'essuie-mains. Puis il retourne en sa place et prépare la clochette, la mettant au lieu où elle doit être pour la sonner au Sanctus.
D.--Ensuite de cela, que faut-il qu'il fasse? R.--Quand le Prêtre dit: Orate fratres, il doit attendre qu'il soit tout à fait tourné vers l'autel pour répondre: Suscipiat, etc. Pendant que le Prêtre dit le Sanctus, il doit sonner la clochette par trois fois, puis se signer avec le Prêtre quand il dit: Benedictus qui venit,etc.
D.--Après le Sanctus que doit-il faire ?
R.--Il doit allumer un troisième cierge, si c'est la coutume, qui est hors de l'autel, au côté de l'Épître, et pour l'allumer, prendre du feu de la lampe, et non aux cierges qui sont sur l'autel.
Et un peu auparavant que le Prêtre fasse la consécration, il doit partir de sa place et se mettre au milieu de l'autel; et, après la consécration de l'Hostie, élever de la main gauche la chasuble par derrière, et de la droite sonner la clochette depuis que le Prêtre s'agenouille pour lever la sainte Hostie jusqu'à ce qu'il l'ait reposé sur l'autel; ce qu'il doit faire aussi pendant l'élévation du Calice: et pendant l'une et l'autre se tenir profondément incliné, et ne baisser point la chasuble à la fin des dites élévations, ainsi que font quelques-uns.
D.--Faut-il sonner la clochette à la seconde élévation de l'Hostie et à Domine non sum dignus R.--Non6 ; ni à une basse messe qui se dit proche du choeur pendant qu'on y chante; ni lorsqu'il passe une procession, au temps qu'on la doit sonner, auprès de l'autel où l'on dit la messe; ni quand il y a une station du choeur, ou qu'après une messe de Requiem on chante un Libera, ou chose semblable proche le dit autel.
D.--Quand le Prêtre a fait l'élévation du Calice et l'a remis sur l'autel, que fait le Clerc ?
R.--Il se lève, fait une inclination et retourne en sa place. Et à ces paroles: Nobis quoque peccatoribus, Agnus Dei, etc., Domine non sum dignus, il frappe sa poitrine avec le Prêtre.
D.--Quand le Prêtre a dit ces paroles: Domine non sum dignus, le Clerc doit-il point dire ce qui suit: Ut intres sub tectum meum, etc., tant en la messe que quand il faut donner la communion ?
R.--Nullement, mais c'est au Prêtre à le dire. D.--Quand le Prêtre prend le précieux Sang, que doit faire le Clerc?
R.--Il doit se lever, prendre les burettes par leurs poignées; puis, s'approchant de l'autel, faire une inclination, et baisant la burette, verser du vin dans le calice qui lui est présenté; et pour la seconde ablution, verser du vin et de l'eau sur les doigts du Prêtre, après avoir baisé l'une et l'autre burette; lui faire encore une inclination, reporter les burettes sur la crédence; puis porter le missel à l'autre côté, le mettant ouvert sur l'autel; s'il a allumé un cierge avant la consécration, l'éteindre; et s'aller mettre à genoux au côté de l'Évangile.
D.--Si quelqu'un communie à la sainte Messe, que faut-il faire ?
R.--Il faut bailler une serviette qui soit destinée expressément à cela, et non pas ce qui sert à essuyer les mains, ni le voile, ni un mouchoir, ni autre chose; et ensuite dire le Confiteor.
D.--Que doit encore faire le Clerc ?
R.--Il doit prendre garde si, à la fin des oraisons, le Prêtre laisse point le livre ouvert. Car en ce cas, il le faut porter de l'autre côté, parce que c'est signe qu'il y a un autre Évangile que l'ordinaire à dire à la fin de la sainte Messe. Et quand le Prêtre vient à donner la bénédiction, il doit se signer au même temps, puis se lever et répondre: Et cum spiritu tuo, et ensuite Gloria tibi Domine à 424 l'Évangile, se signant avec le Prêtre; et à la fin de l'Évangile, dire Deo gratias.
D.--Quand l'Évangile est dit, que fait-il ?
R.--Il éteint les deux cierges tout à fait, en sorte qu'il ne les laisse point fumer, et qu'ils soient en état d'être facilement rallumés.
D.--Après cela, qu'est-ce qu'il fait?
R.--Il prend le missel et le bonnet carré, et s'en va se mettre à genoux au pied de la dernière marche, du côté de l'Épître, y attendre le Prêtre, à qui il présente le bonnet carré, l'ayant baisé auparavant. Puis il se lève et marche devant à la sacristie, là où étant arrivé, il laisse passer le Prêtre, lui faisant une inclination; ensuite de quoi il en fait une autre à la croix avec le Prêtre, dépose le missel, et aide au Prêtre à se déshabiller s'il en est besoin. D.--N'avez-vous plus rien à me dire à ce sujet ?
R. --Oui; je vous dirai encore que, lorsque l'on voit des personnes qui causent durant la Messe, ou des enfants ou des pauvres qui font du bruit; ou des chiens; ou des laïques qui approchent trop près de l'autel: celui qui sert la sainte Messe, et ceux qui y assistent aussi, feraient une chose bien agréable à Dieu, de remédier charitablement à ces désordres, chassant les chiens avec un fouet, et avertissant doucement les personnes.
CHAPITRE III.--Quand il y a deux Clercs à servir la sainte Messe, ce qu'ils doivent faire.
D.--Dites-moi maintenant ce qu'il faut faire quand on se trouve deux à servir la sainte Messe.
R.-- Si deux servent la sainte Messe, pendant que l'un aide au Prêtre à s'habiller, l'autre prépare le vin et 425 l'eau sur la crédence et allume les cierges, puis s'en retourne à la Sacristie.
Le Prêtre étant prêt d'aller à l'autel, ils font avec lui l'inclination à la croix. Celui qui ne porte pas le missel marche devant, et lorsqu'ils arrivent à l'autel, il s'arrête du côté de l'Évangile et se tire un peu derrière, pour laisser passer le Prêtre, lui faisant une inclination, puis il fait la génuflexion au même temps que son compagnon qui porte le missel; ensuite de quoi il demeure à genoux jusqu'à l'Évangile. Et celui qui porte le missel reçoit le bonnet carré du Prêtre et fait le reste comme il a été dit, puis il se met à genoux au côté de l'Épître à la droite du Prêtre; et l'un et l'autre lui répondent, prononçant d'un même ton et en même temps, posément et distinctement.
D.--Quand le Prêtre a dit l'Épître, que faut-il qu'ils fassent ?
R.--Un peu après qu'elle est dite, celui qui est du côté où elle se dit se lève, prend le missel pour le porter de l'autre côté. Cependant l'autre se lève aussi pour venir en la place de son compagnon ; mais il prend si bien son temps, qu'en passant, il se trouve derrière lui, au milieu de l'autel, pour faire la génuflexion ensemble; puis il se place au côté de l'Épître. Et celui qui a porté le missel, après l'avoir mis sur l'autel, se retire au pied de la dernière marche, du même côté de l'Évangile, et fait comme il a été dit ci-devant7.
D. --Quand le Prêtre vient à la consécration, que font les deux Clercs ?
R.--Un peu auparavant la consécration, ils se lèvent de leurs places, et viennent se mettre à genoux derrière le Prêtre, pour élever ensemble la chasuble et faire ainsi que ci-dessus, celui qui est du côté de l'Épître sonnant la clochette. Et les élévations de l'Hostie et du Calice étant faites, ils retournent en leurs places. D.--Quand le Prêtre prend la seconde ablution, c'est-à-dire le vin et l'eau que l'un des Clercs lui a versés sur les doigts dans le calice, que doivent-ils faire tous deux ?
R.--Pendant que celui qui a versé le vin et l'eau sur les doigts du Prêtre, remet et accommode ensuite de cela les burettes sur la crédence, l'autre doit prendre le missel pour le porter au côté de l'Épître. Mais il faut qu'ils prennent si bien leur temps qu'en passant, celui-là se trouve derrière celui qui porte le missel, au milieu de l'autel, pour faire la génuflexion ensemble, et le reste ainsi qu'ils ont fait auparavant. D.--Quand le dernier Évangile est dit, que font-ils?
R. -- Pendant que celui qui porte le missel conduit le Prêtre à la sacristie, l'autre demeure debout au côté de l'Évangile, fait une inclination au Prêtre quand il passe, puis il éteint les cierges, commençant par celui qui est du coté de l'Évangile.
Source du texte : Bibliothèque Saint Libère
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