L'Amour de la divine Sagesse · Louis-Marie Grignion de Montfort
Prière de l'auteur à la Sagesse éternelle
A IiA S A G E S S E É l E K I K t L E
O divine Sagesse, souveraine du ciel et de la terre ! humblement prosterné devant vous, je vous demande pardon de ce que je suis assez hardi pour parler de vos grandeurs, étant aussi ignorant et aussi criminel que je le suis. Ne regardez pas, je vous prie, les ténèbres de mon esprit et les souillures de ma bouche, ou, si vous les regardez, que ce soit pour les détruire. Vous avez tant de beautés et de douceurs, vous m’avez préservé de tant de maux et comblé de tant de bienfaits, et vous êtes d’ailleurs si inconnue et si méprisée ! Comment voulez-vous que je me taise? La justice, la reconnaissance et mon intérêt même m'obligent à parler de vous. Je ne fais que bégayer, il est vrai : c’est que je suis encore enfant: mais, en bégayant, je désire apprendre à parler bien, lorsque je serai arrivé à la plénitude de votre âge. Il n’y a pas, ce me semble, d’esprit et d’ordre dans ce que j’écris, je l’avoue; c’est que j’ai si grande envie de vous posséder, qu’à l’exemple de Salomon, je vous cherche de tout côté en tournant sans méthode1. Si je tâche de vous faire connaître en ce monde, c’est que vous-même avez promis la vie éternelle à ceux qui vous éclaireraient et découvriraient1. Agréez donc, mon aimable princesse, mes petits bégayements comme des discours relevés; recevez les traits de ma plume comme autant de pas que je fais pour vous trouver; et donnez, du haut de votre trône, tant de bénédictions et de lumières à ce que je veux faire et dire de vous, que tous ceux qui l’entendront soient enflammés d’un nouveau désir de vous aimer, et de vous posséder dans le temps et dans l’éternité.
Source du texte : Bibliothèque Saint Libère
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