Léon XIV, pape augustinien · Lire saint Augustin →

    Divers hommages de dévotion envers la mère de Dieu, avec leurs pratiques · Alphonse de Liguori

    Ier hommage : De l'Ave Maria

    peut mieux faire que Je la saluer par l'Ave Maria. Quiconque salue Marie en sera salué à son tour. S. Bernard entendit un jour une statue de la sainte Vierge prendre réellement une voix et lui dire : « Je te salue Bernard1. » Le salut de Marie, dit S. Bonaventure, ne sera pour nous autre chose que quelque grâce par laquelle elle répond toujours à celui qui la salue2. La Mère de Dieu pourra-t-elle, ajoute Richard, refuser une grâce à celui qui vient à elle avec l'Ave Maria3 ? Marie promit elle-même à sainte Gertrude autant de grâces à l'heure de la mort qu'elle aurait récité d'Ave Maria. Le bienheureux Alain assurait qu'à la récitation de Y Ave Maria, tandis que le ciel entier est dans la joie, le démon tremble el prend la fuite4. Et c'est précisément ce que Thomas à Kempis atteste d'après sa propre expérience : le démon lui étant une fois apparu prit aussitôt la fuite dès qu'il entendit les paroles : Ave Maria5.

    La pratique de col hommage consistera 1° à dire chaque jour, matin et soir, en se levant et se couchant, trois Ave Maria, la face contre terre, ou du moins à genoux, ajoutant à chaque Ave Maria celle courte prière : « Par votre pure et immaculée conception, ô Marie, purifiez mon corps et sanctifiez mon ame. » Demander ensuite à Marie, comme à notre mère, sa bénédiction, comme faisait toujours S. Stanislas; et puis se placer en esprit sous le manteau de Marie, la priant de nous garder de tout péché, pendant le jour ou la nuit qui doit suivre. Il est bon d'avoir à celle lin une belle image de la Vierge auprès de son lit.

    2° Dire l'Angélus, avec les trois Ave de coutume, le malin, à midi et le soir. Le premier pape qui attacha une indulgence à cette dévotion lut Jean XXII. Et cela, comme le rapporte le P. Crassel6, à l'occasion d'un criminel condamné au feu, qui, ayant invoqué Marie la veille de son annonciation, demeura au milieu des flammes sans que ses vêtemens même en fussent endommagés. En dernier lieu, Benoît XIII accorda cent jours d'indulgence à quiconque récite cette prière et au commencement du mois indulgence plénière à quiconque la récite après s'être confessé et avoir communié. Le P. Crassel assure que d'autres indulgences ont été accordées par Clément X à quiconque ajoute à la fin de chaque Ave Maria ces mots : Deo gratias et Mariœ7 !

    Autrefois au son des cloches on voyait chacun s'agenouiller pour dire l'Angélus. Maintenant quelques-uns auraient honte de le faire. Mais S. Charles Borromée n'avait pas honte lui de descendre de carrosse ou de cheval pour le réciter dans la rue, el même quelquefois les genoux dans la boue. On raconte d'un religieux qui, par paresse, ne s'agenouillait pas au signal de l'Angélus, qu'il vit le clocher s'incliner trois fois, et l'entendit lui dire ; « Voilà que tu ne fais pas ce que font les créatures inanimées. » On remarquera que dans le temps pascal, ainsi que l'a expliqué Benoît XIV, on récite l'antienne Regina cœli au lieu de l'Angélus, el que depuis les vêpres du samedi pendant toute la journée du dimanche Y Angélus se dit debout.

    5° Saluer la mère de Dieu par l'Ave Maria toutes les fois qu'on entend sonner l'horloge. Alphonse Rodrigucz saluait Marie à toutes les heures; la nuit, quand l'heure sonnait, les anges venaient le réveiller afin qu'il n'y manquât pas une seule fois.

    A° En sortant de chez soi, et en rentrant, saluer Marie par un Ave, afin que dehors et dedans elle nous garde de tout péché ; lui baiser chaque fois les pieds, comme le pratiquent les PP. chartreux.

    5° Honorer d'un Ave toute image de Marie que nous rencontrons. Et, à cette intention, quiconque le pourra, fera placer dans le mur de sa maison quelque belle image de la Vierge, afin qu'elle soit saluée de ceux qui passent dans les rues. À Naples et plus encore à Rome on voit ainsi dans les rues un grand nombre de fort belles images de la Vierge que les personnes pieuses y ont placées.

    6° La sainte Église ordonne que toutes les heures canoniques soient précédées de la salutation angélique, et que par-là aussi se termine l'office ; ainsi il serait bien de dire un Ave Maria au commencement et à la fin de toutes nos actions : je dis de toutes nos actions, soit spirituelles, comme l'oraison, la confession, la communion, la lecture spirituelle, l'assistance au sermon cl semblables; soit temporelles, comme l'étude, les consultations, le travail des mains, le repas, le coucher, etc. Heureuses les actions qui se trouveront ainsi renfermées entre deux Ave Maria. Également quand on s'éveille le matin, quand on ferme les yeux pour s'endormir, dans toutes les tentations, dans tous les dangers, dans tous les mouvemens de colère et occasions semblables, réciter toujours un Ave Maria. Mon cher lecteur, suivez cette pratique et vous verrez la grande utilité que vous en retirerez. Faites attention du reste que pour chaque Ave Maria il y a vingt jours d'indulgence8. Le P. Auriemma rapporte9 que la sainte Vierge promit à sainte Meclililde une bonne mort, si chaque jour elle récitait trois Ave Maria, en l'honneur de sa puissance, de sa sagesse et de sa bonté. En outre, elle dit elle-même à la bienheureuse Jeanne de France que rien ne pouvait lui agréer davantage que l'Ave Maria, surtout récité dix fois en l'honneur de ses dix vertus. Voyez à ce sujet le P. Marracci qui cite nombre d'indulgences attachées à ces dix Ave Maria10.

    Source du texte : Bibliothèque Saint Libère

    Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.

    Lire la suite de Divers hommages de dévotion envers la mère de Dieu, avec leurs pratiques

    12 chapitres dans l'app Lectio, avec plus de 500 œuvres des Pères de l'Église et des saints. 3 chapitres par mois sans compte, 15 avec un compte gratuit.