Léon XIV, pape augustinien · Lire saint Augustin →

    Divers hommages de dévotion envers la mère de Dieu, avec leurs pratiques · Alphonse de Liguori

    IIe hommage : Des neuvaines

    Les serviteurs de Marie sont pleins d'attention et de ferveur pour célébrer les neuvaines de ses fêtes; et en retour la sainte Vierge se montre alors pleine de tendresse dans la distribution de grâces sans nombre et toutes spéciales. Sainte Gertrude vit un jour sous le manteau de Marie un groupe nombreux d'ames que l'auguste reine contemplait avec une tendre affection, et il lui fut dit que c'étaient des ames qui les jours précédens s'étaient préparées par des exercices de piété à la fête de l'Assomption. Les exercices qu'on peut faire dans les neuvaines sont les suivants :

    1° Faire l'oraison mentale matin et soir, avec la visite au très-saint sacrement, et y joindre neuf fois Pater, Ave, Gloria Patri.

    5° Faire trois visites à Marie devant quelqu'une de ses images, remerciant le Seigneur des grâces qui lui ont été accordées; et demander chaque fois à la Vierge quelque grâce spéciale; et dans quelqu'une de ces visites lire la prière que nous donnerons après chacune de ses fêtes.

    o° Faire plusieurs actes d'amour, au moins cent ou cinquante chaque fois à Marie et à Jésus, puisque nous ne pouvons rien faire qui lui soit plus agréable que d'aimer son fils, d'après ce qu'elle dit elle-même à sainte Brigitte : « Si vous voulez vous attacher à moi, aimez mon fils Jésus1. »

    4° Lire chaque jour de la neuvaine pendant un quart d'heure quelque livre qui traite de ses gloires.

    5° Pratiquer quelque mortification extérieure telle que le cilice, la discipline ou autre semblable; jeûner ou même s'abstenir à table du moins en partie de fruits ou d'autres mets que l'on aime; mâcher aussi des herbes n m ères; et ensuite aux vigiles des fêtes, jeûner au pain el à l'eau; mais toutes ces choses avec la permission du père spirituel. Mais les meilleures mortifications à pratiquer dans ces neuvaines sont les mortifications intérieures, comme de s'abstenir de voir cl d'entendre par curiosité, vivre retiré, observer le silence, obéir, ne pas répondre avec impatience, supporter les contradictions, et choses semblables, qui peuvent se pratiquer avec un moindre risque de vaine gloire et un plus grand mérite; pour celles-là on n'a pas besoin de l'autorisation du directeur. L'exercice le plus utile sera de se proposer au commencement de la neuvaine l'amendement de quelque défaut auquel on est le plus sujet. Ainsi il sera bon dans chacune des trois visites conseillées ci-dessus, de demander pardon des chutes passées, renouveler le ferme propos de n'y plus retomber et implorer l'assistance de Marie. L'hommage le plus cher à Marie est d'imiter ses vertus; ainsi outre ce que nous venons de dire, on fera bien dans chaque neuvaine de se proposer quelque vertu spéciale de Marie, qui paraîtra la mieux appropriée au mystère de la fête. Par exemple, à la fête de la Conception, se proposer la pureté d'intention; à celle de la Nativité, le renouvellement de l'esprit intérieur, et le commencement d'une vie fervente; à celle de la Présentation, le détachement de quelque chose à quoi nous nous sentons plus attachés; à l'Annonciation l'humilité qui fait supporter les défauts, etc.; à la Visitation, la charité envers le prochain, soit en faisant l'aumône, soit du moins en priant pour les pécheurs; à la Purification, l'obéissance aux supérieurs ; enfin à l'Assomption, pratiquer le détachement, faire tout dans l'intention de se préparer à la mort et régler sa conduite comme si chaque jour devait être le dernier de la vie. De cette manière les neuvaines seront d'une grande utilité.

    fi° Outre la communion au jour de la fête, on fera bien de demander encore au père spirituel qu'il l'accorde plusieurs autres fois dans la neuvaine. Le P. Segneri disait que nous ne pouvons mieux honorer Marie que par Jésus. Et Marie elle-même a révélé à une sainte ame2, qu'on ne pouvait lui offrir rien de plus agréable que la sainte communion, parce que Jésus-Christ y recueille dans les ames le fruit de sa passion; aussi la sainte Vierge ne paraît-elle rien tant désirer de la part de ses serviteurs que la communion, puisqu'elle leur dit : «Venez, mangez de mon pain, et buvez le vin que j'ai préparé pour vous3. »

    7° Enfin, le jour de la fête, après la communion, il faut se dédier au service de celle divine Mère, et lui demander la grâce de la vertu qu'on s'est proposée dans la neuvaine, ou bien quelque autre grâce spéciale. Il sera bon également de choisir tous les ans entre les fêtes de la Vierge celle qui réveille davantage notre dévotion, et notre affection pour Marie, et à l'occasion de cette fêle, faire une préparation particulière pour nous consacrer de nouveau et d'une manière plus spéciale à son service, la déclarant notre souveraine, notre avocate et notre mère4. Nous lui demanderons alors pardon de la négligence à la servir l'année précédente, et nous lui promettrons une plus grande fidélité pour l'année qui va suivre. Enfin nous la prierons de nous accepter pour ses serviteurs, et de nous obtenir une sainte mort.

    Source du texte : Bibliothèque Saint Libère

    Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.

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