Léon XIV, pape augustinien · Lire saint Augustin →

    De la manière de se confesser et de la pureté de conscience · Saint Thomas d'Aquin

    La confession doit être sincère

    La confession doit être sincère, de sorte qu’on ne dise sciemment rien de faux, et qu’on n’affirme rien de douteux; ce qui est certain doit être déclaré comme certain, et ce qui est douteux comme douteux. Donc lorsque vous vous confessez, ne dites pas : Je m’accuse si j ’ai fait telle chose, ou si j’ai donné telle occasion de péché, ou si j’avois fait tel péché dans le cas où je l’aurois pu ; dites tout simplement : J’ai fait telle et telle chose, j’ai eu tel et tel désir, j’ai eu la volonté bien arrêtée de commettre tel péché et je n’y ai renoncé que parce que je n'ai pas pu, ou n’ai pas su, ou parce que j’ai.craint la bonté ou la peine temporelle. Il y en a cependant qui par ignorance, ou par honte, ou parce que ils De se soucient pas de spécifier leurs péchés, mentent formellement en confession, en disant des choses générales, avec une certaine précaution, sous lesquelles ils renferment tous les péchés qu’ils ont commis. Ils disent par exemple, je m’accuse d’avoir mal surveillé mes cinq sens, savoir la vue, l’ouïe, etc... Si néanmoins on les intcrrogeoit sur chaque sens en particulier, il se trouveroit qu’il en est quelqu’un par lequel ils n’ont pas péché, surtout après s’être confessés ; il en est de même pour les péchés capitaux sur lesquels ils ne sont pas universellement coupables, ainsi que le font entendre leurs paroles. U faut donc éviter une pareille manière de s’accuser, surtout quand on se confesse souvent, il faut dire ce qui est vrai et nécessaire et laisser de côté ce qui est faux et superflu. Il faut aussi avant la confession s’examiner avec soin et dire d’abord les fautes viles et graves que l’on sait sûrement avoir commises, sans porter atteinte à la vérité en voulant faire de l’humilité ou pour toute autre raison. Ensuite on peut dire les choses générales et légères que l’on ne peut pas spécifier en détail, comme les pensées, les paroles oiseuses, la négligence et la paresse dans l’oraison, la perte de.temps, les distractions dans la récitation de l’office, ou dans la prière, l’ingratitude pour les bienfaits de Dieu, les soucis superflus pour son corps ou pour les choses temporelles ; les petits ressentiments contre le prochain, les jugements téméraires peu graves, le mépris du prochain dans sa personne, sa vie, ses mœurs, le défaut de contentement de ce que Dieu a fait, fait ou laisse faire, et autres choses semblables qui étant une suite inévitable de l’infirmité de l’ame, ne peuvent être déclarées numériquement; il vaut beaucoup mieux les effacer chaque jour par ses larmes, ou les reconnoître comme des défaillances de l’ame et se maintenir dans l’humilité convenable.

    Source du texte : Bibliothèque Saint Libère

    Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.

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