De la manière de se confesser et de la pureté de conscience · Saint Thomas d'Aquin
La confession doit être entière
La confession doit être entière, de telle sorte que l’on confesse tous les péchés dont on se souvient, ou que l’on avoit oublié de déclarer et qui reviennent en mémoire, sans en dire une partie à un confesseur et une autre partie à un autre, parce que un semblable partage est absolument interdit. C’est ce que font ces pénitents qui craignent d’être méprisés par leur confesseur ou de perdre quelque chose dans son estime, redoutant plus la honte des hommes que la désobéissance à Dieu, et plus avides de la gloire extérieure que de la paix intérieure de l’ame et de la pureté de la conscience. De même si dans votre confession vous avez oublié quelques péchés et que vous vous en souveniez le lendemain ou un autre jour, il faut avoir recours au même confesseur pour vous confesser si vous en avez la faculté, ou à un autre, ou autrement la bonne volonté que vous avez suffit pour vous mettre en sûreté de conscience. Si au contraire ce n’est pas par oubli mais par une mauvaise disposition ou par honte que vous avez oublié ou omis de confesser quelque péché, vous êtes tenu de recourir au premier confesseur. Si vous voulez recourir à un autre, vous êtes tenu de confesser de nouveau tous les péchés que vous aviez déclarés d’abord, aussi bien que ce que vous aviez omis avec ce que vous avez fait depuis votre confession; vous êtes obligé, en outre, de vous confesser du mensonge ou de la dissimulation que vous avez commis, parce que vous avez donné à entendre à votre confesseur que vous vous étiez confessé d’abord intégralement.
Source du texte : Bibliothèque Saint Libère
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