De l'humanité de Notre-Seigneur Jésus-Christ · Saint Thomas d'Aquin
Article premier (2/2)
On lit en second lieu au même endroit, ces paroles de l’Ange : tis. » Sequitur : Dominus tecum. Hierony- \ j maledicto opprobrii, quo ad non concipienmus : « Jam erat in Virgine,qui ad Virgi- ! ' tes,unde Rachel dicit, Gen.,XXX : «Abstulit nem miüebat angelum, et præcessit nun-quam Deus opprobrinm meum. » Maledicto pectinm suum Dominus. » Augustinus : «Do- cati. quo ad concipientes, ut in Psalm, L : minus tecum, magis, quam mecum. Ipse « £cce enim in iniquiLatibus conceptus enim est in tuo corde, sit in utero, adim- sum. » Maledicto pœnæ, quo ad parti irienploat mentem, impleat ventrem.» Bernar- tes. Genes., U : « In dolore paries filios. » dus : « Non tantum Dominus Filins tecum, Sola auteiri benedicU est inter mulieres, quem caruo induis; sed et Dominus Spiri cujus wginitati additur fœcuriditas, foetus sanctitas tecum de quo concipis. » Se cunditati in conceptu sanctitas, et sanctiquitur : Benedicta tu in mulieribus, una tati in partu jucunditas. Patet ergo in his pr© cunctis mulieribus, ut. dicit Græcus. Virginis excellentia, tum propter gratia-Hieronymus : «Quicquid maledictionis in- rum ahundantiam, tum propter divinam fusum est per Evam, totum abstulit bene- præsentiam, tum etiam propter benedictiodictio Mariæ. » Notandum, quod triplici nis exeellcntiam. Secundum ibi : « Ne limaledicto subjeclæ erant mulieres, scilicet meas Maria, invenisti gratiam, » etc. Hæc « Ne craignez point, ô Mariei vous avez trouvé grâce devant Dieu, etc.» Ce sont la les paroles de consolation que lui adresse l’ange. C’étoit les paroles et non la vue de l’ange qui avoient troublé la bienheureuse Vierge. Le Commentaire grec ajoute, que l’on doit attribuer le trouble qu’elle éprouva, aux paroles et non à la vue de l’ange, car elle étoit habituée à ces sortes de visions. Pierre de Ravennedit : «L’Archange Gabriel vint avec une figure pleine de douceur, mais sa parole étoit terrible, il attire légèrement les regards, mais trouble violemment l’ouïe. L’ange lui dit : « Ne craignez point, etc... » « Il est constant, dit saint Bernard, que celle à qui il fut dit : Vous avez trouvé grâce devant le Seigneur, eut souci du salut du genre humain tout entier. » Elle trouva aussi la grâce quelle demandoil; mais quelle grâce ? ce fut en Dieu qu’elle la trouva. « Elle trouva en Dieu, dit saint Bernard, la paix de Dieu et des hommes, elle trouva en lui la mort de la mort, et la réparation de la vie. » Toutes ces choses prouvent quel vif désir la Vierge eut de voir s’opérer le salut du genre humain; soit parce qu’elle demanrloit la grâce du salut du genre humain, soit parce qu’elle trouvoit la grâce qu’elle avoit sollicitée, soit encore parce qu’après avoir trouvé cette grâce, elle la dé versoit sur tous les hommes. « La violence du désir de Marie aidée, dit saint Bernard, de la ferveur de l’amour, de la pureté de la prière, atteint cette source sublime, recevant comme un canal, du cœur du Père, de sa plénitude ; elle nous l’enfanta, ce divin principe de la grâce, non pas tel qu’il est dans le sein du Père, mais tel que nous pouvions le recevoir. » Nous devons observer ici, que Gabriel dit aussi à Zacharie : « Ne craignez point, » saint Luc, ch. I. L’autre ange qui apparut aux bergers leur dit aussi « N’ayez aucune crainte, » saint Luc, chap. II. C’est là le propre du bon ange, comme on le voit dans la vie de saint Antoine. Le discernement des bons et des mauvais esprits est facile. Nous devons être convaincus enim sunt verba angelicæ consolationis. Ex his patet vehemens Virginis desiderinm Fuerat autem beata Virgo turbata in ser- circa salutem hominis, tum quia salutis mone, sed non in visione angeli. Græcus : humanæ gratiam quærebat, tum quia quæcum assueta his visionibus foret, angelicæ sitam inveniebat, tum etiam quia invennonvisioni, sed sermoni attribuât turha- tant omnibus refundebat. Bernardus : « Vetionem. Pet rus Bavennas : « Venit Gabriel hementia desiderii Mariæ favore diiectioarchange! us blandus in specie, sed terri bi- nis, puritate orationis fontem attingit tum lis in sermone, et leviter sollicitavit visum, sublime, eu jus plenitudinem tanquam aquæ niminm turbavit auditus, cui angelus, ductum de corde patris excipiens, nobis Ne timcaSj » etc. Bernardus : « Constat edidit illum non prout est, sed prout caeam pro totius generis humani salute pere poleramus. r Notandum aulem quod fuisse sollicitam cui dictum est, Invenisti Gabriel dixit simili ter Zachariæ : « Ne tigratiam apud Dominuin. » Tnvenit etiam meas, » Luc., I : Et alins angelus pastogratiam quam quærebat, sed quam gra ribus : « Nolite timere, » Luc., 11, quia hoc tiam? apud Deum. Bernardus : « Dei et est proprinm boni angeli, ut legitur in hominum pacem, mortis destructionem, vita beati Antonii. Non difficilis est bonovitæ reparationem apud Deum invenit.» rum, malorumque spirituum discretio. Si que l’ange vient de Dieu, si, à la crainte qu’il nous inspire d’abord, succède la joie, parce que la sécurité de l’ame est une preuve de la majesté qui nous est présentée. Mais si la crainte que nous avons éprouvée d’abord persévère, c’est un ennemi que nous voyons.
L’ange dit ici en troisième lieu : « Voici que vous concevrez, etc. » Le mot voici est un adverbe démonstratif; parce que la lumière de la foi démontre ici non pas aux sens, mais à l’intelligence de la bienheureuse Vierge des choses merveilleuses et inouïes pour elle. C’est pour cela que saint Jérôme dit : « Ce que ne posséda jamais la nature, ce qui ne fut jamais en usage, ce qu’ignore la raison, ce que l’esprit humain est impuissant à saisir, ce qui effraie le ciel, ce qui fait l’épouvante de la terre, ce qu’admirent toutes les créatures et célestes et terrestres, tout cela est divinement annoncé à Marie par Gabriel, et est réalisé par Jésus-Christ. » La foi doit véritablement nous faire envisager ceci comme la marque d’une grande piété, et d’un pouvoir immense. C’est pour cela que la bienheureuse Vierge dit dans saint Luc, chap. II : « Parce qu’il a fait en moi de grandes choses, lui qui est tout-puissant. » Saint Bernard fait tenir à la bienheureuse Vierge ce langage : « Ce qui fait que les générations me proclament bienheureuse, je me l’attribue, mais je ne l’impute pas à mes mérites, je l’impute plutôt à celui qui a fait en moi de grandes choses. C’est pour moi une grande chose assurément d’être Vierge, c’est une grande chose d’être mère, mais c’est une plus grande chose encore, que je sois l’un et l’autre à la fois. » C’est d’elle-même qu’elle parle, lorsqu’elle dit : « Parce qu’il a fait en moi de grandes choses, » il a réellement fait en moi de grandes choses, parce qu’il a fait que je sois à la fois et mère et Vierge, parce qu’il a fait que je sois mère du Seigneur. C’est qu’elle n'a jamais eu de pareille et qu’elle n’en aura jamais. Nous allons ici faire concernant la vision angélique deux observations enim post timorem successerit gaudium, a pietatis et potestatis judicium esse credi-Deo sciamus venisse angelum, quia secu- tur. Unde Luc., II, beata Virgo dicit: ritas animas præsentis majestatis est indi- « Quia fecit mihi magna qui potens est. » cinm. Si autem incussa formido permanet, Hernardus : « Hoc ipsum quod me beatifihostis est qui videtur. cant omnes generationes, mihi attribuo, Tertium ibi : « Ecce concipies, » etc. non meis meritis ascribo, sed potius qui Ecce, adverbium demonstrantis est, quia fecit mihi magna. Magnum est plane quod mira et inaudita beatæ Virgini non ad virgo.sum, magnum quod mater sum, masensum, sed ad intellectum, et sub lumine gnum quod utrumque simul et mater et fidei demonstrantur. Unde Hieronymus : virgo sum. » De se ipsa fatetur dicens : « Quod natura non habuit, usas nescivit, « Quia fecit mihi magna, » révéra magna, ignoravit ratio, mens non capit humana, quia mater et virgo, et mater Domini. pavet cœlum, stupet terra, creatura omnis Unde nec primam similem visa est, nec haetiam cœlestis miratur, hoc totum per-Ga- bere sequentem. Mystice circa angelicam brielem Mariæ divinitus nuntiatur et per visionem duo sunt notanda : divin! scilicet Christum adimpletur. » Révéra hoc magnæ lumiois emanatio, et humanæ mentis in mystiques, qui ont pour objet l’émanation de la lumière divine, et le retour de l’esprit humain à Dieu. Et d’abord, ici c’est Dieu qui envoie l’ange Gabriel. Pour être convaincu de l’évidence de ceci, il importe de savoir, que l’ange est la figure de la- lumière divine. L’ange est en effet le signe distinctif de l’image de Dieu comme on le voit dans Ezéchiel, chap. XXVIII ; de même la lumière divine est le signe distinctif dont sont marqués les fidèles, et c’est ce signe qui les distingue des infidèles. Le Psalmiste dit à cette occasion, Psaume XXVIII : « La lumière de votre visage est imprimée sur nous, etc... » Et saint Augustin ajoute : « Cette lumière dont est marqué l’homme est tout son bien, elle est son véritable bien, comme la pièce de monnaie tire sa valeur de l’impression de la figure du roi. » Mais le nom de Gabriel donné à l’ange, nom qui signifie force de Dieu, nous apprend en figure, que l’intellect humain est divinement fortifié par la lumière divine, que cette lumière l’élève au-dessus de ses facultés naturelles, pour lui faire contempler la source de la lumière dans sa propre lumière. Le Psalmiste dit à cette occasion, Psaume XXXV : « Nous verrons la lumière dans votre lumière; » saint Augustin ajoute ; « Comme l’œil ne voit le soleil que par la lumière du soleil ; de même l’intelligènce ne peut voir la vraie lumière, la lumière divine, que par cette même lumière. »
Mais quant à ce qu’on lit, qu’il est envoyé de Dieu; ceci nous apprend que la lumière divine découle de Dieu qui est la source, première de toute lumière. C’est ce qui fait que saint Jacques dit, chap. I : « Père des lumières, etc..., » parce qu’elles découlent de lui comme les rayons du soleil, ainsi que le dit le Commentaire. On lit au livre de l’Ecclésiaslique, chap. XXIV : « J’ai fait dans les cieux, » c’est-à-dire dans les anges et dans les ames, « qu’une lumière continuelle en découle; » c’est-à-dire comme l’ajoute le Commentaire, « que la lumière de la raison et de l’intelligence en découle. « Je suis le Seigneur, Deum reductio. Primum ibi missus est an pra facuitatem naturæ suæ, ut ipsum angelus Gabriel a Deo, Ad cujus evidentiam tem luminis in suo lumine contempletur. » sciendum, quod per angelum signifiratur Unde in Psalm. XXXV : « In lumine tuo divinum lumen. Est enim angelus signaculum videbimus lumen. » Augustinus : « Sicut lum similitudinis Dei. Ezech XXVIII : solem non videt oculus nisi in lumine so-Sic et lumen divinum signaculum est lxs, sic verum et divinum lumen non quo fideles signantur et ab infldelibus dis- test videre intelligentia, nisi in ipsius distinguuntur. » Unde in Psalm. LXXXVIII : mine. » Quod autem missus a Deo legitur, « Signatum est super nos lumen vultus, » hoc signât emanationem divini luminis esse et estera. Ubi dicit Augustinus : « Hoc lu a Deo qui est fontale principium totius lumen est totum et verum bonum hominis minis. Unde Jacob., I dicitur « Pater luquo signatur, ut denarius regis imagine, minum, » quia ab ipso procedunt quasi raquod autem angelus Gabriel nuncupatus dius a sole, ut dicit Glossa. Eccles XXIV : est, quod interpretatur fortitudo Dei, hoc « Ego feci in cœlis, id est in angelis et signât quod divino lumine intellectus hu- animabus, ut oriatur lumen indeficiens, » manus divinitus robpratur et elevatur su Glossa, rationis et intelligentiæ. Isa., XLV ; et il n’y en a pas d’autre, Isaïe XLV. » Le Commentaire ajoute, c’est-à-dire : « Je suis le Dieu qui fais la lumière, et je la fais par la présence de la grâce, et je crée les ténèbres, par l’absence de la lumière. »
Il est dit en second lieu ici : « Dans une ville de Galilée appelée Nazareth, » ces paroles, d’après le sens mystique, nous apprennent trois choses relativement au retour de l’esprit humain à Dieu; ce sont, le terme, le mode et le fruit. Le terme du retour est le principe de l’émanation, et il nous est indiqué par le mot cité. Cité signifie en effet union des citoyens ; ce qui fait qu’ici le mot cité signifie l'unité des fidèles en Dieu, dont il est parlé au livre des Actes, chap. I : « Ils ne faisoienl qu’uu cœur et qu’une ame en Dieu ; » et c’est là le terme du retour, et nous sommes par là unis à Dieu, de qui nous sommes sortis par la création. Il est écrit dans l’Apocalypse, ch. I : « Je suis l’alpha et l’oméga, » et saint Denis ajoute dans sa Hiérarchie céleste, chap. I : « La procession de toute manifestation de la lumière qui nous arrive avec abondance, nous ramène à l’unité du Père qui vous unit, parce que nous sommes unis en lui et par la faculté intellectuelle et par la faculté affective. En nous éloignant de lui, nous sommes divisés par la connoissance que nous avons des premiers principes et par l’affection que nous avons pour les diverses raisons d’aimer que nous voyons dans chaque chose. Mais en nous réunissant de nouveau en lu i, nous revenons à un seul principe, une seule raison d’aimer. » Le mode de retour nous est indiqué dans le mot nominatif de Galilée ; mot qui signifie transmigration, parce que en passant de ce qui est bien à ce qui est mieux, et en avançant de vertu en vertu, nous retournons à Dieu. Personne en effet, dit saint Bernard, n’atteint tout à coup la perfection. Car comme la lumière divine descend graduellement en nous, en diminuant par degré, parce que la loi de la divinité est de nous ramener par les premiers moyens et par les « Ego Dominus, et non est aller. » Glossa, luminis processio in nos large provenions, scilicet Deus, forraans lucem, scilicet per convertit nos ad congregantis patris unitapræsenliam gratiæ, et creans tenebras per lem, qnia in ipso congregamur et secunejus abseutiam. Secundum ibi : « In ci vi dum intellcctum et secundum affectum. » tale m Galileæ cui nom en Nazareth, » ubi Recedendo ennn ab ipso'dispergimur pricirca reductionem humanæ mentis in Deum ma principia cognoscendo, et varias in sintria desoribuntur juxta sensum mysticum, gulis rebus rationes diügendo. Redeundo videlicet terminus, motus et fructus. Ter vero in ipsum in urum principitim et raminus reduclionis est principinm émana- tionem unam diligendi reducimur. Modus tionis et innuitur in nomine civitatis. Di reductionis notatur in nomine Galileæ, citur enim civitas quasi civinm unitas, quod interpretatur transmigratio, quia unde signifient unitatem fidelinm in Deo, transmigrando de bono in melins et protide qua dicitur A c t I : «Erat illis cor ciendo de virtute in virtutem, in Deum unum et auima una in Deo, » et hoc est reducimur. Nemo enim repente fit sumterminus reductiouis, ut ipsi Deo uniamur, m us, ut ait Bernardus. Sicut enim divia quo per crealionem exivimus. Apoc.> I : num lumen gradatim decrescendo in nos « Ego sum alpha et oméga. » Dionvsins, l descendit gradatim, quia lex divinitatis est CœL hierarck. : « Ornais maoifestatiouis per prima media et per media ultima rcmoyens extrêmes en d éc aissan t, et qu’elle n’est pas reçue au même degré par la nature inférieure et par la nature supérieure, c’est pour cela que l’on dit des dons naturels comme des dons surnaturels qu’ils descendent. Saint Jacques d it, chap. I : « Tout don parfait, etc... » Il arrive que la lumière elle-même nous ramène à Dieu par un mode tout opposé, elle nous y ramène graduellement et en croissant. C’est pour cela que le Psalmiste dit, Psaume LXXXJII : « Ils iront de vertus en vertus, et ils verront le Dieu des Dieux dans Sion. » Le Commentaire ajoute : « Dans la plénitude de la contemplation. » On lit au livre des Proverbes, chap. IV : « Mais la voie des justes est comme la lumière éclatante qui va toujours en augmentant jusqu’au jour parfait. » Le Commentaire ajoute : « Jusqu’à la vie éternelle qui est le jour parfait. ■» Le fruit du retour nous est indiqué dans le mot nominatif de Nazareth, qui veut dire, fleur ou fruit. Mais dans les choses spirituelles on le preud métaphoriquement. Le fruit de l’arbre en fleur est le dernier bien que l’on en attend, et on le cueille avec délices ; c’est ce qui fait qu’il est l’image de la jouissance infiniment heureuse de Dieu. On lit au livre des Proverbes, chap. XI : « Le fruit du juste, c’est l’arbre de vie. » Le Commentaire ajoute : « Les justes attendent ce fruit de vie, pendant qu’ils poussent comme une feuille pleine de verdeur. » Saint Bernard dit : « Donnez-moi, Seigneur, ce fruit plein de douceur, ce fruit de vie, grandissez mes désirs. Il est un autre fruit béni, sanctifiez mon obéissance ; il est incorruptible, purifiez mon affection; il est plein de douceur, remplissez de joie mou âme. » Les âmes pieuses goûtent quelquefois par avance la suavité de ce fruit. On lit au livre des Cantiques, chap. II : « Je me suis reposé sous l’ombre de celui que j ’avais tant désiré. » Le Commentaire ajoute : « Je n’ai plus été tourmenté par l’ardeur des désirs de la chair et son fruit est doux à ma bouche : après que l’ombre de son fruit m ’a eu ducere decrescendo, quod non. recipilur ritualibus. Fructus enim ilorentis arboris æqualiter in natura inferiori ut est in su- 1 est bonum ultimum quod expcctatur et periori, et pro tanto dicuntur dona tara na- percipitur cum suavitate, unde signifient turalia quam spiritutflia descendere. Jacob., beatiesimam fruitioncra Dei. Prov XI : I : « Omne dntuin optimum, » etc., ita « Fructus jusli lignum vitæ. » Glossa : quod contrario modo per ipsum lumen in « Hune fruçtum vilæ jusli exspectant, dum Deum reducimur gradatiin et crescendo, quasi virens folinm geruiinant. » Bernarunde P salm. LXXXJII : « Ibunt de virtute dus : « Da mihi, Domine, fructum dulcem, in Yirtutem, videbitur Deus deormn in fructum vitæ, attollc rtesiderinm, alins est Sion. » Glossa : « In plenitudine contem benedictus, sanctifica obsequinm j-impuplation] s. » ProiK, IV : « Justorum semita tribilis, purifica affèctum : suavis est, lætisicut lux splendens procédât et crescit us- fica animum. » Hujus fructus dulcedinem que ad perfeciam diem. » Glossa : « Æ- devotæ animæ quaudoque prægustant. ternam vilain quæ est perfecta dies. » Cant II : « Sub umbra illins quem desi-Fructus reduclionis innuitur in noinine derabam sedi. » Glossa : « Ab æslu clesi-Nazareth, quod interpretatur flos vel ger- deriorum carnalinm quievi et fructus ejus men. Sumitur autem metaphoricc in spi- dulcis gutturi meo. » Glossa : « Postquam protégé, ajoute le Commentaire, c’est-à-dire, j ’ai goûté jusqu’à satiété la douceur céleste. » Mais nous devons observer ici que le retour des créatures à Dieu, ne lui ajoute rieu. Il est écrit dans l’Eoclésiastique, chap. I : « Tous les fleuves entrent dans la mer; » c’est-à-dire, que comme les fleuves ne font point regorger la m er, il en est de même du retour des créatures à l’immensité de Dieu, parce que comme Dieu malgré tout ce qui s’écoule de lui, demeure toujours le même, de même le reflu des créatures vers lui ne le fait pas surabonder ; parce que, comme le dit saint Augustin, c'est une perfection qui n’est pas sujette à l’accroissement. »
Nous pouvons encore dans le sens mystique remarquer trois choses relativement à cet ange, savoir l’effusion de la grâce divine, son influence et son reflux. Il est dit en premier lieu dans ce passage : l’ange Gabriel fut envoyé de Dieu. Pour prouver cela d’une manière évidente, il importe de savoir, que cet ange qui prévint en l’annonçant la conception de la Vierge, est la figure de la grâce qui prévient en nous toute conception de la bonne volonté. «La grâce de Dieu, dit saint Augustin, nous prévient dans notre bon vouloir, et elle suit ce bon vouloir pour qu’il ne soit pas inutile. » L’Apôtre confesse qu’il est prévenu de cette grâce lorsqu’il dit, I Cor., chap. XV : « C’est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis. » Quant à ce qu’on lit, que cet ange est envoyé de Dieu, ceci signifie que toute grâce découle de Dieu ; et saint Jacques dit, chap. I : « Tout don parfait, etc... » Mais il faut observer que la grâce procède de Dieu, comme le tableau procède de l’artiste ; c’est pourquoi elle nous reforme ; c’est pour cela que le Commentaire des paroles suivantes du Psaume IV : « La lumière de votre visage a été imprimée sur nous, etc... » s’exprime comme il suit, « a été imprimée sur nous, » parce que l’image de la nouvelle création par laquelle est reformée l’image créée, savoir notre ame ; c’est la grâce de Dieu qui est déversée dans l’ame qui doit être réintégrée dans son état primitif. Et encore, comme le rayon vient du soleil, de même, dit le Commentaire du premier chapitre de saint Jacques, « c’est elle qui nous élève à la connoissance et à l’amour de Dieu. » «L’esprit raisonnable, dit saint Augustin, est apte, à cause delà ûnesse qu’il a reçue lorsqu’il a été créé, à connoltre le vrai et à aimer le bon, cependant s’il n’est pas réchauffé, illuminé d’un rayon de la lumière intérieure, il n’acquerra jamais la sagesse non plus qu’il n’acquerra pas l’effet de la charité. Elle féconde encore nos bonnes œuvres, comme la source alimente le ruisseau. » C’est pour cela qu’il est écrit, Psaume II : « Il sera comme l’arbre qui est planté sur le bord des eaux, » c’est-à-dire des grâces, ajoute le Commentaire.
On remarque là en second lieu l’influence de la grâce. L’ange étant entré où elle étoit lui dit : « Je vous salue ; » cette entrée de l’ange désigne l’influence de la grâce. On lit au livre de la Sagesse, ch. IV : « La grâce et la miséricorde de Dieu sont dans ses saints. » Mais il faut noter que la grâce est dans l’essence de l’ame, et les vertus sont dans ses puissances. Car comme par la puissance intellective l’homme participe à la connoissance divine par la vertu de foi, et que par la puissance de volonté il participe à l’amour divin par la vertu de charité; de même aussi par la nature de l’ame il participe selon une certaine similitude à la nature divine par une certaine création nouvelle ou régénération; et comme de l’essence de l’ame découlent ses puissances, qui sont des principes opérant; de même aussi, c’est de la grâce que découlent les vertus dans les puissances de l’âme, et ce sont ces vertus qui font agir les puissances de l’ame. Mais, de ce qu’après être entré, il lui dit : «Je vous salue; »ce qui veut dire, qu’il ne vous arrive aucun mal, ces paroles signifient l’effusion de la grâce qui délivre l’ame de tout mal. L’homme encourt par le péché trois a sole, ut dicit Glossa Jacob., I, ideo per quod gratia est in essentia animæ, virtutes ipsam ad Deum cognoscendum et aman- in potentiis. Sicut enim per potentiam indum elevamur. Augustinus : « Spiritus teilectivam homo participât cognitionem rationalis ex dolo creationis habilis est ad divinam per virtutem fidei et secundum cognoscendum verum et amandum bonum, potentiam voluntatis amorem divinum per tamen nisi radio interioris lucis fuerit per- virtutem charitatis; ita etiam per natufusus et caiore succensus, nunquam conse- ram animæ participatsecundum quamdam quetur sapientiæ, sive charitatis effcctum.» similitudinem naturam divinam per quam-Item, « sicut rivulus a fonte, ideo per ip dam recreationern sive regenerationem ; sam in bonis operibus fœcundamur. » Un et sicut ab essentia animæ fluunt polentiæ de in Psalm. II : « Erit tanquam lignum ejus, quæ sunt operativa principia, ita quod plantalum est secus decursus aqua- etiam ab ipsa gratia efïluunt virtutes in rum. » Glossa, id est gratiaruxn. Secundo potentias animæ, per quas potentiæ monotatur divinæ gratiæ influentia ibi. Et in- ventur ad actus. Quod autem ingressus gressus angelus ad eam ait : Ave. Per dixit, Ave, quod sonat sine væ, hoc signihune ingressum gratiæ influentia designa- ficat quod per tluxnm gratiæ liberatur tur. Sap IV : u Gratia Dei et misericor- anima ab otnni væ. Est enim triplex væ dia in sanctis ejus. » Notandum autem quod per peccatum incurrit homo, videli-VI.
espèces de maux ; ce sont, la faute, le châtiment et la misère. On lit dans l’Apocalypse, chap. VIII : « J’ai vu un autre ange qui voloit à travers les cieux et qui crioit d’une voix éclatante, disant malheur! malheur! malheur! aux habitants de la terre. » Malheur à cause de la faute qu’ils ont commise, malheur à cause du châtiment qu’ils ont mérité, malheur à cause de la misère qu’ils ont encourue. La grâce nous délivre de ce triple malheur ! L’Apôtre dit, E phes, chap. II : « C’est par la grâce de Jésus-Christ que vous avez été sauvés, et il nous a ressuscites avec lu i, et nous a fait asseoir, etc... » Le Commentaire ajoute : « Nous avons une ferme espérance que cela aura lieu. »
On remarque ici en troisième lieu, ces paroles, « et l’ange s’éloigna d’elle. » « L’ange, dit le vénérable Bède, après avoir reçu le consentement de la bienheureuse Vierge, regagna les régions célestes ; et c’est là la figure du reflux de la grâce que produit l'action de grâce pieuse.» On lit dans l’Ecclésiastique, ch. I : « Les fleuves retournent à la mer d’où ils sortent pour y couler encore.' » « La mer, dit saint Bernard, est le principe des fontaines et des fleuves, et Jésus-Christ est le Seigneur des sciences et des vertus. L’eau d’un fleuve demeure-t-elle stagnante, elle se corrompt; de même le cours des grâces cesse complètement, là où il n’y a pas de reflux. Reversez donc dans celui qui est au-dessus de vous, tout ce que vous avez de dévotion, tout ce que vous avez d’amour, tout co que vous avez d’affection, pour que, s’il y a en vous quelque grâce, elle soit rapportée à lui, et que ce ne soit pas votre propre gloire que vous recherchiez, mais la sienne. » Et encore : « L’ingratitude est un vent brûlant qui tarit la source de la piété, qui dessèche la rosée de la miséricorde, et qui arrête le courant des grâces. »
Sixièmement, il est dit dans le Psaume LXXIII : « Mais Dieu notre roi a opéré avant les siècles le salut au milieu de la terre; » c’est-à-dire, comme l’ajoute saint Bernard, « dans le sein de la Vierge Marie, qui est appelée, avec un à-propos admirable, le milieu de la terre. C’est en effet vers ce centre que se portent les regards, et de ceux qui sont dans les cieux, et de ceux qui sont dans l’enfer, et de ceux qui nous précédèrent. C’est là aussi que se portent nos regards, c’est là que se porteront les regards do ceux qui viendront après nous, les regards des enfants de nos descendants, et des enfants de leurs enfants; ceux qui sont dans le ciel y portent leurs regards pour y trouver de nouvelles forces ; ceux qui sont dans l’enfer y portent les leurs pour être délivrés (le ce lieu ; les Prophètes qui nous devancèrent dans la vie, les y portent pour être trouvés justes, ceux qui nous suivent en font autant pour être glorifiés. » Et encore : « C’est avec justice que tous les regards se fixent sur vous, parce que c’est de vous, en vous et par vous que la main bienfaisante du Créateur a recréé tout ce qu’elle avoit créé une première fois. » Il nous importe de savoir que ce sacrement a été consommé pour la première fois, lorsque la Vierge eut dit : « Voici la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon votre parole. » Ces paroles touchent à trois choses infiniment recommandables dans la bienheureuse Vierge; ce sont le mystère de l’humilité, le désir de la charité et le mystère de la crédulité ou de la foi. Elle dit d’abord : « Voici la servante du Seigneur; » et Bède ajoute : « Elle ne s’enorgueillit pas de ses rares mérites, mais elle se rappelle sa condition, elle se rappelle la bonté divine, et elle confesse qu’elle est la servante du Seigneur, elle qu’il a choisie pour être sa mère. » Aussi dit-elle d’elle-même : « Il a regardé l'humilité de sa servante; » et saint Augustin ajoute: «Que veut dire ce mot, il a regardé, sinon il a approuvé ? » Le même saint ajoute : « Humilité vraimen t bienheureuse qui a renouvelé le ciel, qui a purifié le monde, qui a ouvert le paradis, et qui a délivré les âmes des saints des ténèbres de l’enfer. Humilité autem rex nostor ante sæcula operatus est fuit, cum Virgo diceret : « Ecce ancilla salutem in medio terræ, » ut dicit Bernar- Domini, fiat mihi secundum verbum dus, id est « Virginia Mariæ utero, quæ tuum. » Ubi tria commendabilia de beata mirabili proprietate medinm terræ appel- Virgine tanguntur, mysterinm humilitatis, latur. Ad ipsum enim respicinnt et qui in desiderinm charitatis, et mysterinm crecœlis habitant, et in infemo, et qui nos dulitatis. Primum ibi : « Ecce ancilla Dopræcesserunt, et nos qui sumüs, qui se- mini, « ubi dicit Beda : » Non singuiariquontur et nati natorum, et qui nascen- tate meriti se extollit, sed suæ conditionis ab illis ; qui sunt in cœlo ut resartian- ns et divinæ dignaticnis per omnia raelur, qui in inferno ut eripiantur, qui præ- mor, illius ancillam se esse fatetur, cujus cesserunt Prophetæ ut fideles inveniantur, mater eligitur. » Unde de seipsa dicit : qui sequuutur ut glorificentur » Idem : « Respexit humilitatem ancillæ suæ. » Au- «Merito in te respicinnt oculi omnis crea- gustinus : « Quid est respexit, njsi approturæ, quia in te, et de te, et per te beni- bavit ? » Idem : « Vere beata linmilitas gna inanus conditoris quidquid creaverat quæ cœlum innovavit, mundum purificarecreavit. » Sciendum vero, quod istud vit, paradisum aperuit, et sanctorum anisacramentum tune primum consiimmatum mas de inferno liberavit. Vere beata huvraiment bienheureuse qui est devenue la porte du ciel, l’échelle du paradis, par laquelle Dieu est descendu sur la terre. » La seconde chose qu’on y remarque, ce sont ces paroles : « Qu’il me soit fait, etc.» Le Commentaire ajoute : « C’est avec le plus parfait dévouement qu’elle désire voir s’accomplir la promesse de l’ange. » Mais le désir qu’elle avoit de voir la promesse de l’ange s’accomplir, et la volonté de Dieu se faire en elle, procède de la charité. C’est ce qui fait dire à saint Bernard : « Marie, par l’ardeur de son désir, par la ferveur de son amour, par la pureté de sa prière, atteignit cette source sublime.» Le même saint Bernard dit encore en expliquant cette parole : « Dieu parla autrefois aux saints Pères, et dans diverses circonstances, et de diverses manières. » L’Ecriture rapporte qu’il y en eut qui entendirent la parole de Dieu, d’autres qui parlèrent sous son inspiration, d’autres enfin qui recueillirent cette parole par l’Ecriture. Mais il a parlé à l’oreille de Marie par la bouche de l’ange, à son cœur par la foi, à sa bouche par son propre aveu, ses mains touchèrent ce Verbe de Dieu, il s’incarna dans son sein, elle le porta dans ses bras, elle l’offrit de ses propres mains; c’est pourquoi elle dit : « Qu’il me soit fait. » La troisième chose que l’on remarque ici, ce sont ces paroles : « Selon votre parole. » Saint Bernard ajoute : « Que votre Verbe ou parole se fasse en moi, non pas par la déclamation, non pas en figure, ni imaginairement en songe, mais qu’il se fasse par l’inspiration spirituelle, par l’incarnation personnelle et par l’incarnation corporelle dans mon sein. Qu’il se fasse généralement pour tout le monde, mais qu’il se fasse spécialement en moi, conformément à votre parole. » Elle fut grande cette foi, et c’est pourquoi elle mérita immensément devant Dieu ; c’est pour cela qu’il est écrit, S. Luc, chap. II : « Vous êtes bienheureuse, vous qui avez cru, parce que de grandes choses s’accompliront en vous. » « Marie fut plus heureuse, dit saint Aumilitas, quæ porta coeli efficitur, paradisi in ore per confessionem, in manu per scala constituitur, per quam Deus ad ter- contractationem, in ventre per incarnatioram descendit. » Secundum ibi : ' « Fiat nem, in gremio per sus tentât ionem, in mihi. » Glossa: «Cum magna dévotions brachio per oblationem, ideo dicit, Fiat promissum angeli optât adimpleri. » Quod mihi. » Tertinm ibi : «Secundum verbum autem optando desiderabat secundum pro tuum. » bernardus : « Fiat mihi verbum missum angeli, voluntatem Dei in se ad non declamatorie prædicatum, vel figuraimpleri ex charitate processit : unde Ber- liter aut imaginarie somniatum, sed spirinardus : « Maria vehementia desiderii, tualiter inspiratum, personaliter inoamafervore dilectionis, puritate orationis fon- tum, corporaliter invisceratum. Fiat quitem attingit sublimem.» De hoc verbo di dem generaliter omni mundo, sed mihi cit idem Bernardus : « Multifarie multis- specialiter secundum verbum tuum. » Maque modis olim Deus locutus est patribus gna fuit ista credulitas, et ideo magna et aliquibus in aure, aliis in ore, aliis in apud Deum promeruit : unde dictum est manu verbum Domini fuisse memoratur. ei, Luc., II : Beata quæ credidisli, quo-Mariæ autem factum est in aure per ange- niam perficientur in te. » Augustinus : icam salut&tiouein, in corde per ûdem, « Beatior fuit Maria concipiendo fidem gustin, en concevant la foi île Jésus-Christ qu’en concevant sa chair. L’union maternelle de la chair n’eût été d’aucune utilité, s’il n’y avoit pas eu pour Marie plus de bonheur à porter Jésus-Christ dans son cœur que dans sa chair. » Nous devons observer que saint Bernard fait allusion à cette parole de la manière suivante : « Vous venez d’entendre que vous concevrez et que vous enfanterez un fils ; vous venez d’entendre que cela n’aura pas lieu par l’homme, mais par le Saint-Esprit. L’ange attend votre réponse ; il est temps pour lui de retourner vers celui qui l’a envoyé. Nous attendons, nous aussi, ô notre Maîtresse ! le Verbe de la miséricorde, nous que presse malheureusement la sentence de la damnation. C’est ce que vous demande, ô pieuse Vierge marie! Adam en pleurs, avec sa malheureuse postérité, c’est ce que vous demandent Abraham, David et les autres saints, c’est ce qu’attend le monde entier. Et ce n’est pas sans raison, parce que la consolation des malheureux dépend.de ce que vous allez répondre ; la rédemption des captifs, la délivrance de ceux qui sont condamnés, enfin le salut du genre humain tout entier en dépendent. Hâtez-Vous, Vierge sainte, de répondre! Ô Reine! faites entendre cette réponse qu’attendent la terre, l’enfer et le ciel. Le Roi et le Seigneur de toutes choses attend, lui aussi, votre réponse, avec la même ardeur qu’il désire votre gloire! Répondez et concevez le Verbe, faites entendre le vôtre, et recevez le Verbe divin ; prononcez un verbe passager, et embrassez le Verbe éternel ! Pourquoi tardez-vous, pourquoi tremblez-vous? Croyez, confessez et recevez. Ouvrez, bienheureuse Vierge, votre cœur à la foi, vos lèvres pour l’aveu, et vos entrailles au Créateur. Voici que le Désiré des nations est là dehors, il frappe à la porte, levez-vous, courez, ouvrez-lui. Levez-vous par la foi, courez par la dévotion, ouvrez par la confession. Voici, dit-elle, la servante du Seigneur, qu’il me soit fait, etc... »
Christi, quam concipiendo carnem Christi. tivorum, liberatio damnatorum, salus de-Materna propinquitas nihil in carne pro- nique totius generis tui. Da Virgo responfuisset, nisi felicius corde Christum quam sum festinanter. O Domina, responde verbume gestasset. » Notandum, quod huic bum quod expectat terra, inferi et superi. verbo alludit Bernardus in hunc modum : Ipse quoque omnium Rex et Dominus « Audisti quia concipies et paries Filium, quantum concupivit decorem tuum, tanaudisti quod non per hominem, sed per tum desiderat responsum tuum. Responde Spiritum sanctum. Expectat angelus res- verbum, et suscipe verbum, profer tuum, ponsum tuum. Tempus enim est ut rever- et suscipe divinum; emitte tranàtorium tatur ad eum qui misit illum. Expectamus et amplectere sempitërnum. Quid tardas, et nos, o Domina, verbum miserationis, quid trépidas? Crede, confltere et suscipe. quos miserabiliter premit sententia dam- Aperi, beata Virgo, cor fidei, labia connationis. Hoc supplicat a te, u pia Virgo fessioni, viscera creatori. Ecce desideratus Maria, flehilis Adam cum misera soboie cunctis gentibus foris stat, et puisât ad sua, hoc Abraham, hoc David, hoc cæteri ostium, surge, curre, aperi. Surge per fisancti flagitant, hoc totus mundus expec dem, curre per devotionem, aperi per contat. Nec immerito, quia ex tue ore depen- fessionera. Ecce, inquit, ancilla Domini, det consolatio miserorum, redemptio cap- Fiat mihi, » etc.
Source du texte : Bibliothèque Saint Libère
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