Léon XIV, pape augustinien · Lire saint Augustin →

    Traité de l'amour de Dieu · Saint François de Sales

    Orayson dedicatoire

    Trks-sàinctk Mere de Dieu, vaisseau d’incomparable eslection, Reyne de Ja souveraine dilection, vous estes la plus aymable, la plus amante et la plus aymée de toutes les creatures. L’amour du Pere celeste prit son bon playsir en vous de toute eternité, destinant vostre chaste cœur à la perfection du sainct amour, affin qu’un jour vous aymassiez son Fils unique de l’unique amour maternel, comme il L’aymoit éternellement de l'unique amour paternel. O Jésus mon Sauveur! à qui puis-je mieux dedier les parolles de vostre amour, qu’au cœur tres-aymable de la bien-aymée de vostre ame ?

    Mais, ô Mere toute triomphanteI qui peut jetter ses yeux sur vostre Majesté, sans voir à vostre dextre (i) celuy que vostre Fils voulut si souvent, pour l’amour de vous, honnorer du tiltre de pere, le vous ayant uny par le lien celeste d’un maryage tout virginal, à ce qu’il fust voslre secours et coadjuteur en la charge de la conduitte et éducation de sa divine enfance? O grand S. Joseph, espoux tres-aymé de la mere du bien-aymé! hé! combien de fois avez-vous porté l’amour du ciel et de la terre entre vos bras, tandis qu’embrasé des doux embrassemens et baysers de ce divin Enfant, vostre ame fondoit d’ayse, lorsqu’il prononçoit tendrement à vos oreilles (ô Dieu, quelle suavité !) que vous estiez son grand amy et son cher pere bienaymé?

    On mettoit jadis les lampes de l'ancien temple sur des fleurs de lys d’or. O Marie et Joseph, pair sans pair (2), lys sacré d’incomparable beauté entre lesquels le Bien-aymé se repaist, et repaist tous ses amans ! helas! si j’ay quelque esperance que cet escrit d’amour puisse esclairer et enflammer les enfans de lumiere, où le puis-je mieux colloquer qu’emmy (3) vos lys? lys esquels1 le soleil de justice, splendeur et candeur de la lumiere eteraelle, s’est si souverainement récréé qu’il y a prattiqué les delices de l’ineffable dilection de son cœur envers nous. 0 Mere bien-aymée du Bien-aymé! ô Espoux bien-aymé de la Bien-aymée I prosterné sur ma face devant vos pieds qui portèrent mon Sauveur, je vous dedie et consacre ce petit ouvrage d’amour à l'immense grandeur de vostre dilection. Hé! je vous conjure par ce cœur de vostre doux Jésus, qui est le Roy des cœurs, que les vostres adorent, animez mon ame, et celle de tous ceux qui liront cet escrit, de vostre toute puissante faveur envers le Sainct-Esprit, affin que nous immolions meshuy2 en holocauste toutes dos affections à sa divine bonté, pour vivre, mourir et revivre à jamais emmy les flammes de ce celeste feu que Nostre-Seigneur vostre Fils a tant désiré d’allumer en nos cœurs, que pour cela il ne cessa de travailler et souspirer jusques à la mort et la mort de la croix.

    V IV E JE SUS

    Source du texte : Bibliothèque Saint Libère

    Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.

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