Sur le ministère du prêtre · Saint Thomas d'Aquin
Des sacrements de l'Eglise
Après avoir parlé des offices ecclésiastiques, nous allons nous occuper des sacrements, qui sont au nombre de sept, savoir: le Baptême, la Confirmation, la Pénitence, l’Eucharistie, l’Extrême-Onction, l’Ordre et le Mariage. Et d’abord du Baptême, qui est le premier en ordre et de nécessité, XVII dist., Verum. Il est la porte ou le fondement des sacrements, extra de près., non bapt. venions; d’où il rémeterio ecclesiso, im rao si possent discerni de consec. dist. II, Quotidie } sicut m ulier sepulti deberent ex humari, et ejici extra quæ p a titu rm enstruum, si vult com m unicœmeLerium, extra de sepulcris sacris, cœ- cari et intrare ecclesiam ex devotione, non m eteria in quibus corpora m ortuorum ex - est prohibenda, sed si ex reverentia vult abscommunicatorum suntscpultadebent recnn* tin e re, est laudanda, u t V. dist. A d ejus ciliari aspersione aquæ benedictæ, sicut fit in vota. Ex negligentia tamen nunquam sadedicationibus ecclesiarum, extra de cons. cerdos debet omittere, u t extra, de cele. eccl. vel ait. Consuluisti. Soli etenini catho- m is. Cum creatura.
licet sepeliendi sunt apud ecclesias ut fideles cuntes et reduntes orent pro ipsis, ut XIII. De sacramentis Ecclesiaslieis. q. 2. Nonœstimemus. U trum autem celebrare Viso de offîciis ecclesiasticis, videndam quotidie, vel ex reverentia aliquando absti- est de sacramentis ecclesiasticis, quæ sunt nere sit melius sacerdoti, hoc relinquitur septem, scilicet baptism us, confirm atio, intentioni suæ, ut faciat in quo Deo credat pœnitentia, eucharistia, ex trém a u n c tio, magis vel melins placere, e t p onitur exem - ordo, conjugium seu matrimoninm. Et primo plum de Zachæo, et C enturione, quorum d eb ap tism o, qui ordine prior e st, et neunus placuit rccipiendo, alte r propter reve- cessarinm est XVII. dist. Verum. Est enim rentiam abstineudo, dicens : Dom ine, non janua seu fundam entum sacram entoram, sum dîgnus, ut intres sub tectu m mcnra, extra de près, non bapt. Veniens. Unde suite que si quelqu’un étoit ordonné sans avoir été baptisé, il ne recevrait pas le caractère sacerdotal, ut I, qu. 1, Si quis cmfugerit. C’est pourquoi si un prêtre venoit à découvrir qu’il n’est pas baptisé, il devrait se faire baptiser et ordonner de nouveau, extra de près., non bapt. veniens. Or ce sacrement consiste en deux choses, dans l’élément de l’eau et la forme des paroles, ut I, qu. 1, Detràhe, et extra de Bapt. et ejus eff., Non ut apponeres. C’est avec de l’eau qu’il faut baptiser, et non avec une autre liqueur, et quelle que soit cette eau, elle est suffisante, que ce soit de l’eau de la mer, ou de pluie, ou de fontaine, ou de glace fondue. La forme des paroles est celle que le Seigneur lui-même a donnée aux Apôtres : « Je te baptise au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit, » extra de Bapt. et ejus eff., Non ut apponeres. Il ne faut omettre aucune de ces paroles, et si l’on omet quelqu’une des trois personnes, il n’y a point de baptême, de cous., dist. IV. in Synodo. Il ne faut pas non plus omettre le mot ego, extra de Bapt. et ejus eff., Si quis puerorum. Si néanmoins le prêtre altère les paroles par ignorance de la langue latine, le sacrement est valide malgré cela, de cons., dist. IV, Retulerunt. Pour remplir son office, il doit plonger le sujet trois fois dans l’eau, suivant l’usage de notre pays, ut de cons., dist. IV, De terna. Il doit exprimer verbalement la forme des paroles, et plonger l’enfant dans l’eau en prononçant les paroles, ut I, qu. 1, Detràhe. Quant aux autres paroles qui sont employées avant et après l’onction de l’huile et du saint chrême, elles ne sont pas de la substance du baptême, mais bien pour la solennité. Si néanmoins le prêtre les omettoit par mépris, il pécherait grièvement, parce que c’est la pratique générale de l’Eglise qui les a mises en usage, de cons., dist. IV, Sive parvuli; et les coutumes générales de l’Eglise doivent être observées comme les Evangiles, ut II dist., EcclesiasCicarum. Le prêtre doit bien prendre garde de faire lui-même la triple immersion dans l’eau baptismale, à cause du danger que pourrait courir l’enfant; il le livre ensuite aux assistants, et doit savoir qu’il en est le père spirituel et le compère de son père et de sa mère, comme aussi ceux qui mettent la main sur lui, pendant l’immersion, XX, qu, 1, Omnes. De sorte que la fille suivant la chair du prêtre ne pourrait contracter mariage avec un sujet baptisé par lui, et si le mariage avoit été contracté et consommé, il seroit dissout comme contracté entre les enfants de deux compères, extra de cogn. spir,, Ex iüteris. Si à raison de la nécessité ou du danger de mort de l’enfant on ne peut pas observer la forme solennelle, le prêtre alors doit avoir de i’eau dans une fontaine ou dans un vase, et y plonger l’enfant trois fois en disant : « Je te baptise au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit; » si ensuite il trouve une occasion favorable, il suppléera ce qu’il a omis, extra de sac. une., part. Pastoralis, et c. Presbyler. S’il arrive que dans une éminente nécessité un enfant ait été baptisé par une femme ou un laïc, comme il se fait quelquefois en l’absence d’un prêtre, en pareil cas comme il y a un doute probable, il faut le rebaptiser en se servant de cette formule : « Si tu es baptisé, je ne te baptise pas, mais si tu n’es pas baptisé, je te baptise, etc., » ut extra de Bapt. et ejus eff., De quibus. Si l’on trouve un enfant sur une place publique ou dans un cimetière, et qu’on doute s’il a été baptisé, comme il arrive souvent à l’égard des enfants trouvés et abandonnés, il faut aussi le baptiser sous condition, parce que le doute est légitime, de cons., dist. IV, Parvulos. S’il se présente pour être baptisée une personne adulte, et que le prêtre ne puisse la plonger dans l’eau à raison de sa taille, il répandra de l’eau sur eUe en disant : « Je te baptise, etc., » et le baptême sera ainsi donné validement. On n’impose pas de pénitence à un adulte pour les péchés commis avant le baptême, parce que dans ce cas le baptême suffit pour la rémission des péchés, soit originels, soit actuels, ut de cons., dist. IV, Sine pœnitentia. Il faut cependant avoir la contrition, parce que sans cela on n’obtiendroit pas le pardon des péchés actuels, ut de cons., dist. IV, Omnis. L’adulte doit répondre sur sa foi par lui-même, et non par un autre, quand le prêtre l'interroge sur les articles de foi en disant : « Croyez-vous en Dieu, etc., croyez-vous en Jésus-Christ? etc...., » ut de cons., dist. IV, Parvulus. Mais les enfants répondent par des représentants, parce qu’ils ne peuvent le faire par eux-mêmes, de cons., dist. IV, Parvulus. En administrant le baptême, le prêtre doit avoir au cou un orarinm ou étole, XIII dist., Eccles. Il doit aussi avoir un cierge allumé, pour signifier par cette lumière matérielle « la lumière qui illumine tout homme qui vient au monde, » X, qu. 1, sicut XXI dist., afin d’augmenter par là la foi des assistants, similiter extra de cel. Mis., Sane. Le prêtre doit avertir ses paroissiens d’envoyer leurs enfants, la semaine avant la Passion, pour apprendre le Symbole, de cons., dist. IV, avant le baptême, etc., ante 20 Mes. Si le prêtre se trouve dans un pays où il ne puisse avoir de l’eau ni de fontaine, ni de ruisseau ou toute autre, qu’il cherche à en trouver en creusant la terre, et s’il ne peut s’en procurer, il implorera le secours du Père de tout don, ut XX dist., De quibus. Car lorsque le prêtre a fait son possible et abandonné à Dieu ce qu’il ne peut faire, Dieu y supplée lui-même, ut XX dist., Qui quœritur. Les enfants présentés au baptême répondent par la bouche d’autrui, im m ergera, tune sacerdos fundat aquam XIII. dist. Eccles. Habcat etiam cereuin acsuper corpus ejus dicens: « Ego baptizo te in censum ut ostendatur sub Vypo luminis nomine Patris, et Filii, et Spiritus sancti,» corporalis lux illa quæ illum inât omnem et sic recipit baptismum. Tali enim adulto horainem venientem in hunc mundum, non imponitur pœ nitentia de commissis sicut XXI. dist. Clericos vel cler os > ut ex ante baptismum : sufficit enim tali pecca- hoc apud homines fides augeatur : sim ito ri baptismi sacram entum ad remi&sio- liter ex tra, de cel. mis. Sane. Admoneat nera peccatorum omninm tara originalinm autem sacerdos parochianos su os, ut in quam actualinm, ut deconsec. dist. IV. septimana ante passionem domini nostri Sine pcenitentia. R equiritur tam en in eo m ittant puerossuos, ut instruaeur desymcordis contritio, sine qua non conseque- bolo, de consecrat. distinct. IV. Ante bap~ re tu r veniam de actualib us peccatis ut de muni. etc. Ante XX dics. Credo quod si sacons. dist. IV. Omnis. Et talis adultus cerdos sit in tali loco, quod non possit hadebet respondere de fide per se non per bere aquam de fonte., vel de riv o, vel a lin m, cum sacerdos quæ rit de articuüs a lin d, defodiat terram, si possit inveuire, fidei dicens : Credis in Deum patrem T, et si non poterit habere, im plorandaest etc. Credis, et in Jesum C bristum, etc. bonorum omninm largitoris gratia, ut XX. ut de conse. dist. IV. Parvulus. Sed par- dist. De quibus. Si enim sacerdos facit vuli respondent per alios, quia per se quod p o test, et quod non p o testco mm ittit non possunt hoc proferre, de cons. distinc. D eo, tune ipse supplet defectum ut XXII IV. Parvulus. Haheat autem sacerdos ora- dist. Qui quœritur. Parvuli delati ad bapr iin n, sive stolara ad colinm cum baptizat tism um respondeant p er alios, quia per se parce qu’ils ne peuvent le faire eux-mêmes ; il en est de même des muets, des sourds et des malades qui eu sont empêchés, ut de cons., dist. IV, Parvuli. On peut quelquefois baptiser un enfant au moment de sa naissance, dans la crainte que la mort, qui peut survenir, ne le fasse mourir païen et n’empêche qu’il soit racheté par le baptême, ut de cons., dist. IV, Beaîi. Mais le baptême général ne doit se donner que le samedi saint ou le samedi de la Pentecôte, ut de cons., dist. IV, Duo tempora. Personne ne peut se baptiser soi-même, mais celui qui baptise doit être différent de celui qui est baptisé, ut extra de Bapt. et ejus eff., Debitum. Deux choses sont nécessaires pour le salut, la foi et le sacrement ; lorsqu’une de ces deux choses manque par nécessité absolue, Dieu y supplée : il supplée à la foi dans l’enfant, et au sacrement dans l’adulte; quand les deux choses manquent, l’ame est damnée pour l’éternité, ut de cons., dist. IV, Firmissime. Les parrains qui répondent de la foi de l’enfant dans le baptême, sont obligés d’instruire l’enfant quand il a grandi dans la foi et la charité, ut. de cons., dist. IV, Vos autem omnia. Le prêtre doit veiller à ce qu’un mari ne tienne pas sur les fonts de baptême un enfant de sa femme, soit qu’il en soit le père ou non, comme aussi qu’une femme ne tienne pas l’enfant de son mari ; si néanmoins la chose est arrivée par ignorance ou méchanceté, il ne faut pas les séparer pour cela, ut XXX, qu. i, et extra de cogu. spir., c. Si quis. Néanmoins si un père ou une mère ont baptisé leur enfant à l’article de la mort, ne pouvant avoir personne pour le faire, il ne faut pas les séparer, et ils n’ont péché en rien, ut XXX, qu. 1, Ad limina. Celui qui a porté un enfant sur les fonts de baptême peut aussi le présenter à la confirmation, puisqu’on peut être parrain de plusieurs filleuls, de cons., dist. IV, in Caiechismo. Mais celui qui n’est pas baptisé ne peut présenter personne ni au baptême ni à la confirmation, ut de cons., dist. IV, in Baptismale.
Source du texte : Bibliothèque Saint Libère
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