Léon XIV, pape augustinien · Lire saint Augustin →

    Sept méditations en l'honneur de saint Joseph · Alphonse de Liguori

    Méditation pour le deuxième mercredi, ou pour le deuxième des sept jours : Sur le voyage en Égypte

    Les saints mages ayant informé Hérode que le roi des Juifs venait de naître, ce prince barbare ordonna de mettre à mort tous les enfans qui se trouvaient alors dans les environs de Bethléem. Ainsi, comme Dieu voulait pour le moment préserver son fils de la m o r l, il envoya un ange avertir Joseph qu'il eût à prendre l'enfant et la mère et à s'enfuir en Egypte.

    Considérez ici la prompte obéissance de Joseph, qui, quoique l'ange ne lui eût pas prescrit le temps du départ, n'éleva aucune difficulté, ni quant au temps, ni quant au mode d'un pareil voyage, ni quant au lieu où il pourrait s'établir en Egypte, mais se disposa sur-le-champ à partir. Ainsi, à l'instant même il en fit part à Marie, et la nuit même, comme le veut Gerson, recueillant les pauvres outils de sa profession qu'il pouvait porter, et qui devaient lui servir en Egypte pour alimenter sa pauvre famille, il se mit en chemin avec son épouse Marie. Les voilà seuls, sans guide, faisant route vers l'Egypte, c'est-à-dire entreprenant un voyage d'une longueur de quatre cent milles, à travers les montagnes, des chemins âpres et de vastes déserts.

    Or, quelle dut être la peine de Joseph dans ce voyage, quand il voyait souffrir ainsi sa chère épouse, peu faite à la marche, portant entre ses bras ce cher enfant que Marie et Joseph, tout en fuyant, se passaient l'un à l'autre, dans la continuelle appréhension de rencontrer à chaque pas les soldats d'Hérode, et cela par le temps le plus rigoureux de l'hiver, avec l'incommodité du véniel de la neige. De quoi pouvaient-ils se nourrir dans ce voyage, si ce n'est d'un morceau de pain qu'ils avaient emporté de la maison ou qu'ils avaient reçu en aumône? La nuit où pouvaient-ils reposer, si ce n'est dans quelque mauvaise hutte, ou en rase campagne à découvert, ou tout au plus sous quelque arbre? Joseph était bien tout résigné à la volonté du Père Éternel, qui voulait que son fils commençât dès son enfance à souffrir pour expier les péchés des hommes; mais le cœur tendre et aimant de Joseph ne pouvait pas ne pas ressentir une peine bien vive en entendant Jésus pleurer à cause du froid et des autres incommodités qu'il éprouvait.

    Considérez enfin combien Joseph dut souffrir pendant un séjour de sept années en Egypte, au milieu d'une nation idolâtre, barbare et inconnue; puisqu'il n'avait là ni parens ni amis qui pussent l'assister. Aussi S. Bernard disait-il que pour nourrir son épouse et ce divin enfant qui pourvoit à la nourriture de tous les hommes et de tous les animaux de la terre, le saint patriarche était contraint de travailler jour et nuit.

    PRIÈRES.

    Mon saint protecteur, au nom de cette prompte soumission que vous montrâtes toujours à la volonté de Dieu, obtenez-moi de votre Jésus la grâce d'une soumission parfaite aux divins commandemens. Obtenez-moi dans le voyage que fait mon ame vers l'éternité, au milieu de tant d'ennemis, la grâce de ne jamais perdre la compagnie de Jésus et de Marie, jusqu'à mon dernier soupir. Ainsi accompagné, toutes les peines de cette vie et la mort môme me seront douces et agréables.

    O Marie, mère de Dieu, au nom des souffrances qu'étant si jeune et si délicate, vous dûtes éprouver dans votre voyage en Egypte, obtenez-moi la force de supporter avec patience et résignation toutes les incommodités et toutes les choses fâcheuses qui m'arrivent.

    Et vous, mon bien-aimé Jésus, ayez pitié de moi. O Dieu, vous l'innocence même, vous qui êtes mon Seigneur et mon Dieu, vous avez voulu dès votre enfance tant souffrir pour moi, et moi pécheur, qui tant de fois ai mérité l'enfer, comment ai-je pu cire si peu résigné et si impatient quand il s'est agi do souffrir quelque chose pour vous? Seigneur, pardonnez-moi. Je veux à l'avenir supporter tout ce que vous voudrez, et dès ce moment je m'offre à porter toutes les croix que vous m'enverrez. Soutenez-moi donc par votre grâce, autrement je ne vous serai pas fidèle. Je vous aime, mon Jésus, mon trésor, mon tout, et je veux vous aimer toujours; je veux, pour vous être agréable, souffrir tout ce qu'il vous plaira.

    Source du texte : Bibliothèque Saint Libère

    Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.

    Lire la suite de Sept méditations en l'honneur de saint Joseph

    8 chapitres dans l'app Lectio, avec plus de 500 œuvres des Pères de l'Église et des saints. 3 chapitres par mois sans compte, 15 avec un compte gratuit.