Sept méditations en l'honneur de saint Joseph · Alphonse de Liguori
Méditation pour le premier mercredi, ou bien pour le premier des sept jours : Sur le voyage à Bethléem où naquit Jésus
Considérez les doux entretiens que durent avoir ensemble, durant ce voyage, Marie et Joseph, touchant la miséricorde de Dieu, qui envoyait ainsi son fils au monde pour racheterlogenre humain; et touchant l'amour de ce fils qui venait dans cette vallée de larmes pour expier, par ses souffrances et par sa mort, les péchés des hommes. Considérez ensuite la peine de Joseph quand il se vit, en cette nuit où naquit le Verbe divin, repoussé partout avec Marie dans Bethléem, en sorte qu'ils furent contraints de chercher asile dans une étable. Quelle fut la peine de Joseph en voyant sa sainte épouse, jeune personne de quinze ans, sur le point d'accoucher, tremblant de froid dans cette grotte humide et ouverte de plusieurs côtés! Mais quelle dut Cire ensuite sa consolation quand il entendit Marie l'appeler et lui dire : Venez, Joseph, venez adorer notre Dieu enfant, qui vient de naître dans cette étable. Admirez sa beauté; contemplez dans celle crèche, sur ce foin, le roi de l'univers. Voyez comme il tremble de froid, lui qui embrase d'amour les Séraphins ! Voyez comme il pleure, lui qui est la joie des cieux!
Or, considérez ici quel fut l'amour, et l'attendrissement de Joseph, alors qu'il vit de ses propres yeux le fils de Dieu fait enfant ; qu'il entendit en même temps les anges chanter autour du Seigneur nouveau-né, et qu'il vit la grotte remplie de lumière! Alors, Joseph à genoux et pleurant d'attendrissement : Je vous adore, dit-il ; ouï, je vous adore, mon Seigneur et mon Dieu. Quel n'est pas mon bonheur d'être après Marie le premier à vous voir nouveau-né! et de savoir que vous voulez dans le monde être appelé mon fils et estimé tel ! Permettez donc que moi aussi je vous donne ce nom, et que, dès maintenant, je vous dise : Mon Dieu el mon lils, je me consacre tout à vous. Ma vie ne sera plus à moi, elle sera toute à vous ; elle sera uniquement employée à vous servir, ô mon Seigneur. Combien plus encore s'accrut la joie de Joseph quand il vit arriver celle nuit même les bergers, invités par l'ange à venir voir leur Sauveur nouveau-né ; et plus tard les saints mages venus de l'Orient pour rendre leurs devoirs au roi du ciel, au Dieu fait homme pour sauver ses créatures.
PRIÈRES.
Mon saint patriarche, je vous prie, au nom des peines que vous éprouvâtes lorsque vous vîtes le Verbe divin né dans une étable, en un tel état de pauvreté, sans feu, sans linge, et lorsque vous l'entendîtes pleurer par la souffrance que lui causait la rigueur du froid ; je vous prie, dis-je, de m'obtenir une vraie douleur de mes péchés, par lesquels j'ai été cause des larmes qu'a versées Jésus. Mais, au nom de la consolation que vous éprouvâtes lorsque, pour la première fois vous vites Jésus enfant, né dans une crèche, si beau, si gracieux, en sorte que dès cet instant votre cœur commença de brûler d'un plus ardent amour envers cet aimable et bien-aimé enfant, obtenez-moi la grâce de l'aimer moi aussi d'un grand amour sur la terre, pour être admis un jour à le posséder dans le ciel.
Et vous, ô Marie, mère de Dieu et ma mère, recommandez-moi à votre fils, et obtenez-moi le pardon de toutes les offenses que j'ai commises envers lui, et la grâce de ne plus l'offenser.
Et vous, mon bien-aimé Jésus, pardonnez-moi pour l'amour de Marie et de Joseph, et accordez-moi la grâce de pouvoir un jour vous voir en paradis pour vous y louer, et aimer votre beauté divine, et votre bonté qui vous a fait enfant pour l'amour de moi. Je vous aime, beauté infinie. Je vous aime, mon Jésus. Je vous aime, mon Dieu, mon amour, mon tout.
Source du texte : Bibliothèque Saint Libère
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