Règles pour le vénérable monastère de Sainte-Marie (Regina Cœli) · Alphonse de Liguori
Première partie : Des exercices de la communauté
Chapitre I : De l'office divin
I. Toutes les sœurs se rendront à l'office, excepté celles qui sont malades ou occupées à une affaire qui ne puisse sans dommage se différer. Celles qui manqueront à l'office ou n'y seront pas dès le commencement s'en accuseront publiquement, au moment où se fait l'aveu des fautes en commun, et recevront de l'abbesse la correction et la pénitence accoutumées en pareil cas.
II. Les matines depuis le à octobre jusqu'à Pâques se récitent le soir vers les vingt-quatre heures (1). Il reste
(1) Manière de designer en Italie cinq ou six heures du soir, la saison.
cependant à l'arbitraire de l'abbesse de prolonger ce délai d'autant de jours qu'il lui semblera convenable, pourvu toutefois qu'il ne passe pas la fin du mois. De PAques jusqu'au mois d'octobre, cette partie de l'office se récitera le matin vers les huit heures, demi-heure avant, ou demi-heure après, suivant la diversité du temps.
III. Pour les matines, on sonnera deux fois la cloche à un quart d'heure d'intervalle, afin que les religieuses puissent se revêtir ; mais aux fêtes doubles, on sonnera trois fois. Les matines achevées, il est aussi donné un quart d'heure pour repos, pour que les religieuses puissent lire quelque sujet de méditation. Qu'elles fassent cependant attention à ne pas trop s'éloigner du chœur, parce qu'au signal qui sera donné, après le quart d'heure achevé, elles devront retourner promptement pour faire l'oraison mentale, après laquelle se diront les petites heures, dans l'ordre suivant. Depuis l'Exaltation de la sainte Croix, en septembre, quand se termine le silence du jour, jusqu'au premier samedi de carême, on dira successivement les quatre Heures, savoir : Prime, tierce, sexte, none. Depuis le premier samedi de carême jusqu'à Pâques, none ne se dira plus avec les trois autres Heures, mais avec les vêpres, avant d'aller au réfectoire, excepté les jours de dimanche auxquels on ne jeûne pas. De Pâques à la fête de la Croix, en mai, on dira de nouveau les quatre Heures ensemble aussitôt après l'oraison mentale. Mais de la fête de la Croix, en mai, à celle de septembre, none se dira dans le jour après la terminaison du silence, excepté les jours de jeûne, qui tombent dans cet intervalle, dans lesquels, à cause de leur longue durée, le silence ne peut être observé. Alors none se dira conjointement avec les autres Heures, après lesquelles se célébreront les messes auxquelles assisteront les religieuses, selon leur dévotion particulière, et puis chacune ira vaquer à son office; l'infirmière se rendra à l'infirmerie, la ménagère à la dépense, la portière à la porte, et ainsi des autres offices. Mais si ces sœurs se trou veut sans occupation à leur poste, elles emploieront le temps qui leur restera de la matinée jusqu'au signal du repas, en saintes méditations, lectures spirituelles ou autres exercices spirituels ou manuels, dans les lieux et de la manière qu'il leur conviendra, et d'après l'approbation de leur directeur.
IV. Les sœurs converses diront au lieu de matines douze Pater noster, et pour chaque autre Heure d'office sept Pater, Ave et Gloria Patri, et à la fin de prime et de complies, elles ajouteront le Credo el le Miserere si elles le savent.
V. Celle qui manquera à dire l'office aux heures indiquées, dira en outre de l'office trois Pater noster, à moins qu'elle ne soit malade, ce qui dispense de dire l'office.
VI. En disant l'office on ne doit ni parler, ni rire, ni se permettre aucun acte inconvenant.
VII. Pendant qu'on récite l'office, aucune sœur ne sera appelée sans la permission de l'abbesse, à laquelle il appartient de juger si la chose est urgente ou non.
VIII. Celles [qui sont désignées pour dire les leçons ou les répons doivent les connaître auparavant, autrement si elles se trompent, elles seront corrigées de leur négligence. Celles qui ne savent par bien l'office doivent s'attachera l'apprendre.
IX. L'office chanté n'aura lieu que la nuit de Noël, les trois jours de la semaine sainte, et de plus à la fête de l'Assomption, en commençant par les vêpres de la veille.
X. L'office de grâces, c'est-à-dire l'action de grâces que rendent après le dîner et le souper les religieuses qui ont assisté au repas, ne doit être omis par personne, qu'elle n'en soit empêchée légitimement et n'en ait la permission de la mère, qui jugera si la cause est juste.
XI. Pour ce qui est des oraisons vocales qui ne sont point ordonnées par la règle, il faut éviter de les augmenter pour la communauté; en outre, pour celles qui sont déjà introduites, il est déclaré qu'il n'y a aucune obligation de les réciter, et il reste au pouvoir de l'abbesse de les supprimer en partie ou totalement. Ce dernier parti serait mieux, parce que de telles dévotions, chacune peut les pratiquer en particulier, et qu'ainsi on ôte à la communauté la charge de réciter un si grand nombre de prières, ce qui peut conduire à négliger l'observance des règles qui sont obligatoires.
Source du texte : Bibliothèque Saint Libère
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