Règlement pour les filles et femmes pénitentes · Saint Jean Eudes
Chapitre II : De leur sortie
C'est ici que commence le chapitre premier, dans l'édition de 1737.
On ne les gardera pas toujours dans le Monastère, mais, après qu'elles seront suffisamment instruites et solidement établies en la crainte de Dieu, on les remettra entre les mains de leurs parents, ou bien on les placera en quelque honnête condition, ou bien on les mariera quand Dieu en suscitera l'occasion. S'il y en a quelques-unes qui ne veuillent point sortir de la maison, mais qui désirent d'y finir leur vie, on les y gardera, pourvu qu'elles aient les conditions requises d'humilité, de docilité, d'obéissance et d'une parfaite exactitude à tout ce qui leur est marqué, aimant et chérissant leur vocation plus que toute autre, comme un moyen que Dieu leur a donné pour opérer leur salut.
Si quelqu'une veut être religieuse, on l'enverra aux Monastères des Pénitentes qui sont aux autres villes; car jamais elles ne seront reçues religieuses en celui-ci, pour quelque qualité et talent qu'elles puissent avoir1.
S'il y en a quelqu'une qui soit tentée de sortir avant qu'elle soit suffisamment instruite et solidement rétablie en la crainte de Dieu, ou qui devienne opiniâtre et maligne, on fera tout ce qu'on pourra pour la retenir, premièrement, par voie de douceur et de remontrance, et si cela est nécessaire, l'on y emploiera la rigueur et quelque châtiment, comme la prison et quelques autres pénitences. Si après tout cela elle persiste à vouloir sortir, on lui ouvrira la porte, car on n'en retiendra aucune par force, et on la remettra entre les mains de ses parents ou de ceux qui l'ont amenée.
Source du texte : Bibliothèque Saint Libère
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