Léon XIV, pape augustinien · Lire saint Augustin →

    Préparation et action de grâces à l'usage des prêtres qui célèbrent la messe · Alphonse de Liguori

    Pour la préparation à la messe

    Deuxième considération : Pour le lundi

    De bons théologiens disent que d ’après ce texte, les prêtres sont obligés de se souvenir de la passion et de la mort de Jésus-Christ, en célébrant la messe. Et il semble que l’apôtre exige la même chose de ceux qui communient: « Quotiescumque manducalis panem hunc, et ca- » licem bibelis, mortem Domini annunliabilis. » ( I. Cor. xi.) S. Thomas dit que le Rédempteur nous a laissé le très-saint sacrement, précisément afin que le souvenir des biens qu’il nous a obtenus et de l’amour qu’il nous a témoigné, fut continuellement en nous. « Ul autem » tanti beneficii jugis in nobis manerel memoria, corpus * suum in cibum, et sanguinem in polum fidelibus de- » reliquit. » (Opusc. 57. lect. 4.) C’est pour cela que le même saint docteur appelle le sacrement de l ’autel « pas- » sionis memoriale. »

    Considérez donc, mon cher prêtre, que cette victime sainte que vous allez sacrifier est ce même Seigneur, qui a donné son sang et sa vie pour vous.

    Mais la messe n ’est pas seulement le mémorial du sacrifice de la croix, elle est encore le même sacrifice, car la victime et le sacrificateur sont le même, c’est-à-dire le Verbe incarné. Il n ’y a de différence que dans la manière dont il est offert, c’e s l-à -d ire que sur la croix ce fut un sacrifice sanglant, au lieu que sur l’autel il est non sanglant : dans le premier Jésus-Christ m ourut réellement, et dans le second il meurt d’une manière mystique. <* Una cadcmquc est lioslia, sola offerendi ratione » diversa. » (Trident, sess. xxii. c. 2.) Imaginez-vous en célébrant que vous êtes sur le Calvaire pour y offrir à Dieu le sang et la vie de son fils. El en communiant figurez-vous que vous succès le sang précieux qui sorl des plaies du Sauveur.

    Considérez encore que l'œuvre de la rédemption se renouvelle à toutes les messes tellement que si Jésus-Christ n ’était point mort une fois sur la croix pour le salut du monde, une seule messe obtiendrait au monde les mêmes biens que nous obtint la mort du Rédempteur. «Tantum valet celebralio missæ, » écrit Disccpolus, « quantum mors Christi in cruce. » En sorte que par le sacrifice de l ’autel, tous les mérites de la passion s’appliquent aux hommes, et plus abondamment aux prêtres qui l'offrent.

    C’est pourquoi S. François d ’Assise, qui ne voulut point monter au sacerdoce parce qu’il s’en estimait indigne, prévient les prêtres qu’ils doivent se détacher de toutes les choses du monde, et s’attacher uniquement à aimer et à honorer leur Dieu qui les a tant aimés et honorés. Et il ajoute qu’ils sont malheureux ces prêtres, qui ayant Jésus-Christ si près d’eux sur l’autel, ne laissent point d’être attachés à quelque objet mondain. Voici les paroles du saint: « Videte, sacerdotes, dignitatem ves- » (ram, et sicul super omnes, propter hoc myslerium, » honoravil vos Dominus, ita et vos diligite eum, el ho- » norale. Magna infirmilas, quando Jesum sic præsçnlem » habetis, et aliud in loto mundo curalis. »

    AFFECTIONS.

    Seigneur, je suis indigne de paraître devant vous; mais rassuré par la bonté avec laquelle vous avez daigné me choisir pour votre ministre, malgré mon indignité, je viens ce malin vous offrir votre fils. Je vous offre donc, ô mon Dieu, l’agneau sans tache pour l’expialion de mes péchés et de ceux de tous les hommes. « Ecce agnus Dei, » voilà l’agneau que vous vîtes un jour immolé pour votre gloire et pour notre salut, sur l’aulcl de la croix. Pour l ’amour de celle victime qui vous est si chère, appliquez ses mérites à mon ame, el pardonnez-moi toutes les fautes graves et légères que j’ai commises jusqu’à ce jour, j’en suis affligé de tout mon cœur, parce que c’est vous, bonté infinie que j’ai offensé.

    Et vous, mon Jésus, venez, et lavez par votre sang toutes mes souillures, avant que je vous reçoive ce matin. « Domine, non sum dignus, ut inires sub Icclum meum; » sed lanlum die verbo cl sanabilur anima mea. »> Je suis indigne de vous recevoir; mais vous, médecin céleste, vous pouvez guérir toutes mes plaies par une seule parole.

    Venez et guérissez-moi.

    « Erravi sicul ovis quæ periil.» Je suis la brebis qui a voulu se perdre de plein gré en s’éloignant de vous, mon Rédempteur ; mais vous êtes le bon pasteur qui avez donné la vie pour me sauver. « Quere servum tuum quia man- » data tua non sum oblilus. » Cherchez-moi, mon Jésus, ne m’abandonnez point. Cherchez-moi, et liez-moi élroiicmcnl sur vos épaules, car je me propose de vous aimer et de vous servir autant que je le pourrai.

    Vous avez dit : « Oves meæ voccm meam audiunt et » non rapict cas quisque de manu mea. » Vous m’appelez à votre amour; voilà que je quitte tout, et que je viens à vous,ô ma vie, je veux vous obéir en tout. Je renonce à tous les plaisirs du monde, puisque vous voulez daigna1 ce malin me donner votre chair sacrée en nourriture.

    Je vous aime, ô mon Jésus, par-dessus tous les biens, et je désire vous recevoir pour vous aimer davantage. Vous vous donnez tout à moi, je me donne tout à vous. Vous serez toujours mon tout, mon unique b ien, m on uni (¡ue amour. O Marie ma mère, obtenez-moi une partie de celle humilité et de celle ferveur, avec lesquelles vous reçûtes Jésus dans vos saintes communions.

    Source du texte : Bibliothèque Saint Libère

    Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.

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