Mes résolutions · Saint Léonard de Port-Maurice
Défiance de soi-même et confiance en Dieu
I. Je pose pour fondement de toutes mes résolutions la défiance de moi-même, puisque toutes mes chutes dans les péchés et les défauts, grands ou petits, auxquels j'ai été sujet, sont provenues de mon orgueil, de ma vanité, de ma suffisance, de ma présomption intérieure et de ma confiance en ma propre habileté. Je le reconnais pourtant clairement, et une triste expérience me force de l'avouer, je ne puis pousser un soupir vers Dieu, ni avoir une bonne pensée, ni former le moindre mouvement salutaire, sans une nouvelle grâce et un nouveau secours de la part de Dieu. Par conséquent je confesse en toute vérité que je suis un ignorant, un être impuissant, désagréable, impropre à quoi que ce soit, ne possédant rien et n'étant capable de rien. J'aurai soin de faire précéder par cette pensée de mon néant toutes mes actions, au moins les principales, telles que prêcher, confesser, donner des avis et autres semblables. Instruit par une expérience manifeste, je confesse et je reconnais que tout bien vient de Dieu, que Dieu en est le principal agent et qu'à lui seul en est dû tout l'honneur et toute la gloire. Ces bonnes résolutions elles-mêmes, je les considère comme dos étincelles de la miséricorde de Dieu, et je sais très-bien que sans sa grâce actuelle, je n'en ferais rien, que dis-je? j'agirais tout à rebours. Aussi, me défiant de moi-même, je me propose d'invoquer dans toutes mes actions, grandes ou petites, spirituelles ou temporelles, si pas toujours extérieurement, au moins intérieurement, l'assistance de Dieu, en répétant maintes fois : Mon Jésus, miséricorde!
CONFIANCE EN DIEU.
IL Après m'être bien pénétré des pensées de défiance do moi-même, je m'exciterai à une entière confiance en Dieu, j'espérerai dans son secours divin, et avec une foi vive je me tiendrai assuré que sa toute-puissance veut bien m'assister. Bien plus, je tiens comme indubitable que si je réclame souvent son assistance par l'invocation ; Mon Jésus, miséricorde, il me donnera les moyens les plus efficaces pour pratiquer ces saintes résolutions. Je les prends en effet pour sa plus grande gloire, pour l'accomplissement de sa très-sainte volonté, pour procurer son bon plaisir, et pour obéir à ces inspirations par lesquelles il me presse continuellement, surtout pendant cette retraite, où je me propose aussi de correspondre efficacement à sa grâce, comme si c'était son dernier appel. J'espère que je ne serai plus infidèle comme je l'ai été par le passé ; tout au contraire, plein de confiance dans sa divine assistance, je pratiquerai ponctuellement toutes ces choses, et s'il m'arrive d'y manquer, j'en ferai pénitence, ainsi que je l'ai dit plus haut.
Il y a trois actions principales dans la journée, dont je tâcherai surtout de m'acquitter avec toute l'exactitude, la diligence et l'attention possibles, savoir : la sainte Messe, l'Office divin et l'Oraison mentale.
Source du texte : Bibliothèque Saint Libère
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