Lettres et allocutions (1936) · Pie XI
Lettre au cardinal Jean Verdier, légat pontifical
PIE XI, PAPE CHER FILS, SALUT ET BÉNÉDICTION APOSTOLIQUE.
C'est avec un soin particulier et une grande faveur que Nous Nous intéressons à tout ce qui concerne le développement de la religion catholique et les progrès de l'œuvre civilisatrice des peuples dans les lointains pays- de Missions. Aussi avons-Nous appris avec bonheur que Notre Vénérable Frère le vicaire apostolique de Sénégambie, ainsi que ses religieux et ses fidèles, demandaient que Nous leur accordions un légat pour la consécration de la nouvelle église cathédrale, dans la célèbre cité maritime de Dakar.
De fait, Nous n'avons rien tant à cœur que de voir se développer le plus possible la foi et la piété de Nos chers Fils demeurant parmi les nations infidèles ; rien ne peut en même temps Nous consoler davantage que de voir le nombre des chrétiens, augmentant de jour en jour, remplir des églises toujours plus grandes. C'est d'ailleurs une vérité historique bien connue, que plus s'épanouissent dans le peuple les magnifiques vertus découlant de la religion, plus aussi se fortifient et s'accroissent les bienfaits de la civilisation. Aussi, Nous rendant bien volontiers aux désirs et aux souhaits qui Nous ont été exprimés, Nous est-il agréable, très cher Fils, de vous choisir et constituer Notre légat, vous qui portez si haut l'honneur et la dignité de Prince de l'Eglise et qui gouvernez l'illustre archîdiocèse de Paris, au cœur de cette très noble nation française qui a eu le mérite d'introduire au Sénégal, avec la civilisation, les lumières supérieures de la foi et les lois sacrées de l'Evangile. Ainsi, comme Nous l'avons déjà fixé précédemment, vous instituant par ces Lettres Notre légat, vous tiendrez Notre place, en présidant aux rites sacrés et aux cérémonies qui se dérouleront pour la consécration de la cathédrale.
On ne pouvait mieux faire que de fixer cette célébration en
PIUS PP. XI
la fête du 2 février, qui commémore la première Présentation du divin Enfant Jésus au Temple par les mains de la Bienheureuse Vierge Marie, alors que retentissent les paroles du vieux prophète Siméon : Lumen ad revelationem gentium. En effet, Nous nourrissons cette grande espérance qu'une telle légation apostolique s'accomplira d'une manière bienfaisante et heureuse et produira parmi les populations du continent africain de très abondants fruits de salut. En outre, pour que cette célébration serve davantage au bien des âmes, Nous vous concédons de bénir, à la fin de la messe solennelle, en Notre nom et par Notre autorité, tout le peuple présent, en lui accordant, pour les péchés commis, l'Indulgence plénière, aux conditions habituelles de l'Eglise.
Et comme messagère et gage des grâces divines, ainsi que de Notre particulière bienveillance, Nous voulons cordialement vous accorder dans le Seigneur la Bénédiction apostolique, à vous, très cher Fils, au zélé vicaire apostolique de Sénégambie, aux Pères du Saint-Esprit et à leurs compagnons d'apostolat, enfin à tous ceux qui assisteront à ces prochaines solennités.
Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 12 janvier 1936, en la fête de la Sainte Famille de Jésus, Marie, Joseph, quatorzième année de Notre Pontificat. PIE XI, PAPE.
LITTERAE APOSTOLICAE S. Augustinus, E coelestis patronus dioecesis Constantinianae et Hîpponensis Regîorum constxtuitur (1).
P I U S P P. XI Ad perpetuam rei memoriam.
Source du texte : Bibliothèque Saint Libère
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