Lettres et allocutions (1936) · Pie XI
Discours aux élèves du Séminaire français de Rome (10 janvier 1936)
Ayant un double motif de vous exprimer, très chers Fils, Notre reconnaissance. Nous vous remercions d'abord, vous et Notre cher P. Frey, du cadeau si grand, si précieux, si délicat qu'il Nous offre en vous amenant en Notre présence, vous tous qui formez cette belle famille du Séminaire français, famille qui est une partie si qualifiée, si exquise, de la grande famille que le bon Dieu Nous a confiée, famille qui Nous est si particulièrement chère, comme vous le savez bien et comme tout le monde le sait : comme le savent surtout vos évèques auxquels Nous sommes toujours reconnaissant quand ils peuvent envoyer au Séminaire français quelques-uns des clercs en qui ils mettent leurs meilleures espérances.
Ensuite Nous avons à remercier Notre et votre cher P. Frey d'avoir su ajouter à ce cadeau auquel il semblait qu'on ne pût rien ajouter, cadeau que vous êtes vous-mêmes, chers Fils, ce pieux, beau et solide commentaire qui en augmente encore la valeur.
C'est vous dire, chers Fils, avec quels sentiments de joie paternelle Nous vous souhaitons la bienvenue dans cette maison du Père qui est votre maison ; à qui appartiendrait-elle donc sinon aux fils du Père et aux meilleurs des fils» ?
Nous venons de faire une allusion à l'adresse qu'on Nous a lue : tout ce que contient cette adresse Nous a plu profondément, tout ce qu'elle contient Nous a profondément et délicieusement touché ; il y a même un point qui Nous a tout particulièrement touché à propos de l'allusion qui a été faite à la dernière Encyclique sur le sacerdoce (Nous pouvons bien vous faire cette confidence paternelle) et qui vous concerne 'spécialement, chers Fils, et qui Nous rend content, vraiment content, mais ce sera le dernier mot que Nous vous dirons en cette circonstance.
Pour l'instant, Nous voulons profiter de l'occasion que l'allusion à l'Encyclique Nous offre pour vous dire tout entière la pensée 'déjà exprimée dans l'Encyclique et qui fut l'objet d'une grande réflexion de Notre part, comme Nous espérons qu'elle sera l'objet d'une particulière attention de la part de ceux qui liront, comme Nous savons que vous le faites vous-mêmes, chers Fils, cette Encyclique et qui concerne les rapports entre le sacerdoce et l'Action catholique. L'Action catholique a cette heureuse conséquence d'établir un contact plus fréquent, plus intime, entre les prêtres et les éléments qui la constituent, jeunes gens, hommes, femmes ; rapprochement personnel pourrait-on dire, puisque l'Action catholique par définition est la collaboration du laïcat à l'apostolat hiérarchique, mais contact qui entraîne la conséquence que vous tirerez vous-mêmes, comme Nous l'avons Nous-même tirée et que Nous ne saurions assez recommander à l'attention, à savoir qu'il rend nécessaire, qu'il nous oblige davantage à faire de toute la vie, de tout l'être, de toute la conduite du prêtre une véritable édification, une édification vivante. Vous avez déjà saisi l'importance de cette pensée ; cette considération produira un bien inestimable si elle reste toujours devant l'esprit, dans le cœur et l'intelligence de chaque prêtre, surtout de ceux qui sont appelés par la Providence à être assistants de l'Action catholique.
C'est là assurément l'un des fruits les plus grands et les plus précieux qui dérivent par une heureuse nécessité de l'Action catholique. Sachez que Nous ne saurons jamais assez remercier le bon Dieu de ce rapprochement des laïques et des prêtres, du laïcat et du clergé, qui les fait vivre pour ainsi dire d'une vie commune, dans la communauté du travail pour le royaume de Notre-Seigneur, pour la dilatation de ce royaume béni.
Voilà une première réflexion. Il y en a une autre qui montre ce que le prêtre qui collabore à l'Action catholique reçoit de ce rapprochement. Et ceci est un fait très consolant ; un fait d'un prix inestimable. Beaucoup 'de prêtres et d'évêques Nous ont appris quelle édification bienfaisante ils reçoivent eux-mêmes en retour reconnaissant, bienfaisant, dans cette collaboration intime avec les laïques d'Action catholique ; et c'est magnifique, car cela montre le travail de la grâce du bon Dieu.
Voilà, chers Fils, deux considérations que Nous pensons bien n'avoir pas besoin de vous recommander.
Et maintenant Nous voulons vous dire cette dernière parole à laquelle Nous avons déjà fait allusion et que l'adresse qu'on vient de Nous lire Nous a -suggérée dès sa première lecture. C'est que, chers Fils, Nous sommes très content, très consolé de cette allusion qu'on a faite à cette Encyclique sur le sacerdoce, parce qu'elle Nous permet de vous dire que tout ce que Nous avons écrit dans cette Encyclique, c'est précisément ce que vous faites, Nous le savions déjà, mais votre cher Père Recteur Nous a dit encore tout récemment, à sa grande consolation et à Notre plus grande consolation encore, combien chez vous on cultive l'esprit de piété, avant tout de piété, d'étude, de (recueillement que recommande l'Encyclique. On a parlé de « famille », de « maison de silence ». Il faut savoir ce qu'est la vie commune pour apprécier à sa juste valeur cet élément. Le silence est précisément l'une des grandes qualités que saint Ignace inculquait aux maisons de sa Compagnie : si vous voulez porter un jugement sur une maison, disait-il, lui qui s'entendait en ces matières, faites attention à la manière dont on y pratique le silence. L'esprit de silence, c'est-à-dire le recueillement, ce calme qui ne dérange rien ni personne, c'est là une invitation tacite mais continuelle à faire attention à tout ce qui mérite l'attention. Eh bien donc, Notre dernière parole c'est pour vous féliciter, chers Fils, de mettre déjà en pratique Notre dernière Encyclique. Nos félicitations sont d'autant plus cordiales encore et plus affectueuses, parce que de cette Encyclique vous avez déjà fait l'objet de vos lectures et de vos méditations, et que vous avez le propos non seulement de continuer ce que vous faites déjà selon la lettre et l'esprit de l'Encyclique, mais encore de faire toujours plus, toujours mieux, chers Fils. Et c'est là le souhait le plus fécond, le plus excellent, que Nous puissions formuler et qui répond le plus à vos dispositions et à vos intentions. Tout le monde, l'Eglise et le bon Dieu désirent que vous réalisiez ce vœu toujours plus, toujours mieux, suivant la direction dans laquelle vous "marchez déjà si bien.
Nous vous donnons la Bénédiction que Vous attendez, une grande Bénédiction pour tous, pour chacun, pour les bons directeurs qui s'occupent de vous avec tant de dévouement et avec une si profonde intelligence de ce qu'on leur demande dans vos rapports avec vous, avec une telle conscience de leurs responsabilités. Nous voulons aussi, chers Fils, cela va sans dire, en vous bénissant tous et chacun, bénir aussi vos études et plus encore ce qui passe avant les études, non seulement votre formation intellectuelle, mais encore votre formation morale, non seulement la formation d'intelligence et de sciences, mais encore la formation de sainteté.
Et puis Nous voulons bénir aussi avec cette belle famille tout entière que vous formez, vos familles personnelles, ces familles qui, Nous le pensons bien, vous sont si justement chères, plus chères à cette distance, plus chères en ce moment de l'année, en ces -jours plus particulièrement familiaux. Que Notre Bénédiction vous accompagne, chers Fils, non seulement durant toute cette nouvelle année qui s'ouvre devant vous, mais qu'elle vous suive aussi dans tout le cours des années que le bon Dieu vous réserve. Nous prions le bon Dieu qu'il veuille lui-même et comme lui seul peut le faire accompagner Notre Bénédiction de ses bénédictions et de sa grâce.
EPISTOLA Ad Emum P. D. Ioannem tit. S. Balbinae S. R. E. prèsbyteram cardînalem Verdier, archiepiscopurn Parisiensein, quem delegatum mittit ad cathedralem ecclesiam de Dakar consecrandam2.
P I U S P P. XI DlLECTE F l L I NOSTER, SALUTEM ET APOSTOLICAM BENEDICTIONEM.
Source du texte : Bibliothèque Saint Libère
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