Léon XIV, pape augustinien · Lire saint Augustin →

    Lettres et allocutions (1936-1937) · Pie XI

    Lettre apostolique à l’occasion du VIe Congrès catholique de Malines

    A Notre cher Fils le cardinal Joseph-Ernest Van Roey,

    archevêque de Malines.

    NOTRE CHER FILS, SALUT ET BÉNÉDICTION APOSTOLIQUE.

    L'annonce du VI* Congrès catholique de Malines, que le zèle pastoral de l'épiscopat belge a soigneusement préparé et dont vous Nous faites part en des termes qui expriment si bien le ferme espoir du succès, Nous fait assister d'avance à un de ces grands événements qui marquent une date mémorable dans la vie religieuse et sociale de la noble Belgique. Vous voulez, en effet — en cette heure particulièrement grave dans l'histoire du monde civilisé, — vous qui avez l'honneur de vous trouver à l'avant-garde de la civilisation, faire comme une halte sur le chemin montant de votre multiforme activité, et en vous assemblant des différents secteurs faire le dénombrement de vos forces et surtout la revue consciencieuse de votre objectif, de votre programme, de votre travail. Car vous vous rendez bien compte qu'au moment où les forces du mal se réunissent pour mieux prendre l'essor et s'élancer à l'attaque, rien ne serait plus -dangereux que la dispersion et l'isolement ; et il est, au contraire, de toute nécessité, Nous dirons même de stricte obligation, de serrer les rangs et de se donner fortement la main, en faisant appel, s'il le faut, aux trésors d'énergie spirituelle que les vertus chrétiennes mettent à la disposition de toutes les bonnes volontés, pour faire les sacrifices que la cause commune exigerait.

    Ceci est d'autant plus nécessaire et les sacrifices demandés doivent être acceptés d'autant plus volontiers que les catholiques n'ignorent pas les sources inépuisables et toujours renouvelées dont l'Eglise est l'heureuse dépositaire pour la solution de toute question sociale, morale, religieuse, en tout temps et en tous lieux, grâce aux doctrines infaillibles de Celui qui, seul, a des paroles de vie éternelle et peut, dans la mêlée des idées et des passions qui troublent la société, ramener la lumière dans les esprits et la paix au sein des masses. L'éternelle vérité des principes qui sont à la base du christianisme et la souplesse infinie avec laquelle l'Evangile s'est toujours adapté au progrès et aux différentes conditions de vie créées à l'humanité au cours des siècles sont la meilleure garantie de la parfaite modernité sociale du catholicisme; et la longue série des documents pontificaux concernant les problèmes de cette nature en est la preuve évidente.

    Cette constatation Nous rassure de la manière la plus absolue au sujet de Nos chers Fils les Belges, dont la foi bien trempée est à l'épreuve des luttes et des sacrifices, et loin de fléchir dans les difficultés n'a jamais cessé de surnager aux dissensions mêmes. C'est d'elle qu'ils puiseront sûrement la lumière et la force pour retrouver la conscience unanime de leurs devoirs à l'heure actuelle et pour envisager dans leurs Congrès les différentes manifestations de la vie catholique dans un esprit d'union qui doit les porter à une vaste convergence des efforts sur tous les terrains et à former une puissance cohérente de régénération morale pour leur patrie bien-aimée.

    Le travail que-le Congrès va accomplir dans ses différentes sections d'étude et dans l'heureuse coordination qui s'ensuivra sera la base et le point de départ de cet autre travail particulier, patient» quotidien, auquel toutes les organisations — aucune exceptée — et tous les catholiques- dignes de ce nom se feront un devoir de consacrer leurs énergies. Et cela, sous la conduite éclairée de leurs pasteurs, avec cet esprit d'obéissance, cette discipline spontanée, cet enthousiasme persévérant que l'importance d'une telle œuvre requiert absolument de tout véritable disciple du Christ, de tout enfant de l'Eglise, et dont les Belges ont su donner en maintes occasions de si beaux exemples. Ce- sera une nouvelle preuve donnée au monde que leur dévouement à la cause de l'Evangile n'est pas fictif et leur attachement à leurs pasteurs n'est pas un vain mot. Ils auront ainsi, une fois de plus, bien mérité de la Belgique et de l'Eglise : ils auront sauvegardé celle-là du danger d'une catastrophe ; ils auront donné à celle-ci la preuve réelle de leur amour, qui est celle du renoncement et du sacrifice.

    Dans le ferme espoir que le Congrès de Malines réalisera cet objectif et donnera au monde une manifestation grandiose de vitalité et de fraternité catholique, Nous implorons avec ardeur sur ses participants et sur ses travaux les plus abondantes faveurs du ciel, et en élevant dans ce but Nos vœux et Nos prières au Cœur sacré de Jésus à qui la Belgique est consacrée, Nous envoyons de tout cœur à vous-même, cher Fils, aux dignitaires et pasteurs qui vont présider avec vous à ces assises solennelles, enfin au clergé et à. tous nos chers Belges, la Bénédiction apostolique.

    Donné à Castel-Gandolfo, près Rome, le 2 septembre 1936, quinzième année de Notre Pontificat.

    PIE XI, PAPE.

    Source du texte : Bibliothèque Saint Libère

    Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.

    Lire la suite de Lettres et allocutions (1936-1937)

    28 chapitres dans l'app Lectio, avec plus de 500 œuvres des Pères de l'Église et des saints. 3 chapitres par mois sans compte, 15 avec un compte gratuit.