Lettres et allocutions (1931) · Pie XI
Lettre apostolique à Mgr Élie Dalla Costa, évêque de Padoue, sur saint Antoine de Padoue
sur le V I J centenaire de la mort et de la canonisation
de saint Antoine de Padoue.
PIE XI, PAPE VÉNÉRABLE FRÈRE, SALUT ET BsNÉDICTIOX APOSTOLIQUE.
Les fêtes de saint Antoine, qui se célébreront avec bonheur au cours de cette année, marquant le septième centenaire de la pieuse mort du thaumaturge de Padoue, et qui se poursuivront l'année prochaine, après sept siècles révolus depuis le jour mémorable de sa canonisation, ne manqueront pas, Nous en avons confiance, d'augmenter singulièrement la piété des fidèles et de procurer le salut des âmes. Nous savons qu'au siège même de votre dignité épiscopale deux Comités ont été constitués pour promouvoir activement et organiser avec soin les solennités religieuses et civiles de ce centenaire. Non seulement tous les membres de la glorieuse famille du patriarche d'Assise qui vénèrent cette fleur de sainteté, gloire et ornement de son Ordre, mais encore les autorités et les notabilités municipales, dans une très noble émulation spirituelle, prêtent, avec une généreuse spontanéité, leur concours à ces Comités. Et Nous savons aussi, Vénérable Frère, que vous avez envoyé à tous les évêques du monde catholique une lettre, par laquelle vous les invitez fraternellement à participer à cet heureux centenaire et à en faire la célébration dans leurs diocèses.
Mais s'il e*t opportun de procéder ainsi dans le monde entier, il est bien plus convenable encore qu'au Portugal et surtout à Lisbonne, qui donna le jour à saint Antoine, de particuliers hommages de piété et d'exultation lui soient rendus, tout comme à Padoue. Aussi apprenons-Nous avec joie que Notre bien-aimé Fils le patriarche de Lisbonne a décidé de célébrer, avec le concours de toutes les classes de la société, les fêtes centenaires en l'honneur de saint Antoine dans sa patrie. Et Notre joie a été encore plus grande en recevant dernièrement la nouvelle que, par une entente amicale, des délégués de Padoue se rendraient dans la capitale du Portugal pour représenter leur ville à l'occasion des fêtes, et que réciproquement une délégation de Lisbonne irait à Padoue pour y représenter le Portugal.
Dès lors, comment n'aurions-Nous pas confiance que saint Antoine, invoqué partout à la fois par de communes et ardentes prières, remplira les âmes de foi et de charité chrétienne et entraînera ses dévots, loin des préoccupations contingentes et terrestres, vers les biens célestes et éternels? -
Comment ne serions-Nous pas certain que do grands bénéfices en découleront non seulement pour les individus, mais pour la société civile?
De même que sain* Antoine, par sa sagesse chrétienne et ses suaves vertus, assainit, parfuma son siècle agité et partout infecté de mœurs dissolues, ainsi il y a lieu d'espérer qu'à la faveur de cette commémoration, qui vivifiera les esprits et les cœurs, notre siècle aussi — trop souvent oublieux de Dieu et de l'éternelle béatitude, sans cesse ballotté par la tempête des passions et cherchant la grandeur humaine de façon désordonnée — sera, par un si grand exemple, entraîné vers les réalités encore plus grande et plus nobles pour lesquelles nous sommes nés et destinés.
Cependant, pour que Nos vœux et Nos espoirs ne soient pas frustrés, il est indispensable que non seulement des honneurs extérieurs et solennels soient rendus au thaumaturge de Padoue, mais que tous s'efforcent autant que possible d'étudier et d'imiter ses magnifiques vertus. C'est à cette intention que saint Augustin nous avertit bien à propos : « La charité, où qu'elle soit, est obligée d'agir; la foi elle-même agit par amour. »
On sait bien, Vénérable Frère, que la plupart des fidèles entourent saint Antoine d'un culte populaire fort enthousiaste et lui adressent des prières en très grand nombre; mais n'est-ce pas surtout et en premier lieu dans le dessein d'obtenir de lui des biens temporels et même souvent des choses extraordinaires et tout à fait prodigieuses, puisque aussi bien ils ne connaissent et ne voient en saint Antoine que le thaumaturge et ignorent la plupart du temps les remarquables aspects de sa sainteté?
Aussi, en vertu de la charge apostolique dont nous sommes investi par la grâce de Dieu, jugeons-Nous opportun d'esquisser, à grands traits, la figure de ce héros de sainteté et de rappeler ses vertus, faisant Notre l'avertissement de l'évêque d'Hippone : « Il faut s'empresser d'imiter les exemple qu'on a tant de joie à célébrer. » Il vous appartiendra d'ailleurs, Vénérable Frère, ainsi qu'aux membres de la hiérarchie qui ont pour saint Antoine un culte particulier, de vous faire autour de vous, et dans la sphère de vos attributions, les porte-parole de cet enseignement, d'illustrer et de proposer en exemple ce que Nous avons brièvement traité dans cette lettre.
Notre prédécesseur d'heureuse mémoire, Léon XIII, disait : « Parmi les grands hommes dont la vertu et les hauts faits ont couvert de gloire le Portugal, c'est à bon droit qu'il faut compter le très renommé saint Antoine, appelé de Padoue en raison du lieu de sa mort. La célébrité de ses prodiges répandue en tout pays a fait grandir aussi partout le renom du Portugal, et de Lisbonne en particulier, qui l'honore comme un de ses citoyens. » Notre Saint y naquit d'une famille illustre. Il apportait des qualités naturelles tout à fait remarquables. La noblesse de son rang, comme les avantages de la fortune, lui eussent permis de prévoir et même de s'assurer un avenir qui ne manquerait d'aucune joie ni de plaisir et auquel l'auréole et les avantages de la gloire humaine ne feraient pas défaut. Néanmoins, à la première fleur de rage, avec joie et magnanimité, il renonça aux biens de famille, aux promesses d'avenir, aux appels des passions, et tout ce qui semblait un fardeau retardant son ascension vers Dieu. Ainsi il demanda humblement à revêtir l'habit religieux de la Congrégation des Chanoines de Saint-Augustin; par la suite, désireux d'une plus grande perfection, il entra avec toute l'ardeur de son âme dans l'Institut naissant de l'Ordre séraphique. Sous cette règle, il fît aussitôt de tels progrès qu'il semblait s'avancer, chaque jour d'un pas plus rapide, vers le sommet de toutes les vertus.
Parmi les ornements de la sainteté, dont il travaillait de toutes ses forces à revêtir son âme, brille avant tout l'éclat d'une chasteté absolue, qui le faisait regarder, par tout le monde, avec une profonde admiration, comme un ange sous forme humaine.
Ce n'est pas à dire qu'Antoine n'ait senti l'attrait des passions, n'ait expérimenté dans son àme et dans ses sens les mauvaises tendances qui, comme un triste héritage, proviennent, on ne sait que trop, de la nature déchue par la tache originelle et affectent tout le genre humain. L'histoire rapporte même que, étant encore jeune homme, il se lamentait de sentir, en opposition à la loi de son esprit, cette autre loi dont l'Apôtre des Gentils gémissait véhémentement. Mais il entreprit une lutte si énergique et si persévérante qu'ayant vaincu et dompté les mouvements de la concupiscence et les tendances déréglées de la nature déchue, il garda intact le lis de la pureté. Qui pourra dire les joies supérieures qui, après une telle victoire, inondèrent l'âme du chaste jeune homme?
Mois Antoine n'obtint pas seulement des consolations célestes, comme prix incomparable du triomphe remporté sur les fausses joies des sens; il lui fut encore donné de jouir de la vision et des suaves caresses de Celui qui paît parmi les lis.
La tradition nous dit en effet que, tandis qu'Antoine menait, dans son couvent, une vie toute de retraite, de prière et d'étude des Saintes Lettres, un jour L'Enfant Jésus, auréolé de clarté et avec le plus doux sourire, descendit soudain du ciel, et non seulement daigna apparaître, mais serra saint Antoine dans ses bras d'enfant, se donnant l'un à l'autre des caresses et des baisers.
Aussi, de nos jours encore, en souvenir de cet événement extraordinaire, les images de saint Antoine de Padoue présentent-elles, d'une façon bien juste et significative, à la piété populaire le jeune Saint FranciscaiD, tenant d'une main un lis blanc, symbole de son innocence, et de l'autre l'Enfant Jésus qu'il presse sur sa poitrine avec ferveur.
En méditant sur cet épisode, chacun s'efforcera, selon Nos vives exhortations, d'en déduire les conséquences pratiques et d'en dégager la méthode et les règles grâce auxquelles Antoine garda intacte sa pureté et parvint au faîte de la sainteté.
A cette fin, il cultiva avant tout l'humilité et le renoncement, fondements de toutes les vertus, sans quoi personne ne peut s'engager avec confiance dans le chemin de la perfection et encore moins atteindre au but.
En effet, bien qu'il fût pour tous un objet d'admiration et qu'il eût reçu de son séraphique Père et Maître le titre honorifique d'épîscopus, il s'estimait cependant un serviteur inutile, et observait jalousement sa résolution de fuir les 'hautes charges et les dignités et de ne rechercher que les emplois inférieurs et la bienheureuse solitude. Qu'on n'aille pas croire toutefois qu'une telle recherche de l'humilité dénotait un esprit timide et faible. Certains critiques, de nos jours, surestimant la valeur de la force humaine, tiennent à tort et à travers de ces raisonnements-là, quand ils traitent des héros du catholicisme.
Or, en plus d'une occasion, lorsque les circonstances l'exigeaient, Antoine fit preuve d'une force et d'un courage remarquables, témoin l'épisode de sa rencontre avec Ezzelin de Uomauo. La domination tyrannique de ce violent despote «'exerçait sur Padoue et les villes voisines. Antoine lui fit des représentations véhémentes au nom do la justice et de la charité, et s'employa à apaiser les populations armées les unes contre les autres et à obtenir l'élargissement de plusieurs captifs.
Ce simple trait montre combien l'humilité chrétienne, loin d'affaiblir et d'énerver la dignité et la force de l'âme, l'augmente au contraire et la porte à son maximum.
Il y a d'autres moyens encore, qu'Antoine mit en œuvre pour conserver sa pureté filiale et atteindre une parfaite sainteté de vie. Il pratiqua le détachement et le mépris des richesses, à la suite de saint François d'Assise, qui avait conclu des fiançailles mystiques avec la pauvreté évangélique. Il repoussa, pour ainsi dire, toutes les commodités de la vie; et pour se réserver et se consacrer plus librement au service de Dieu, non seulement il se dépouilla autant que possible des biens terrestres, mais il se renonça lui-même.
A une âpre mortification des sens il joignait avec vigilance la fuite des tentations. Mais surtout, se défiant de sa propre vertu, il se consuma, jour et nuit, en des prières si ferventes qu'on peut dire réellement que toute sa vie ne fut qu'une perpétuelle supplication adressée à Dieu.
Il savait à la perfection que TOUS avons constamment besoin des secours d'en haut, alors que nous sommes incapables par nous-mêmes de concevoir quoi que ce soit comme venant de nous, et que notre suffisance n'est pas ailleurs qu'en Dieu.
Et de même, en effet, qu'une contrée privée de la lumière et de la chaleur du soleil est enténébrée et stérile, de même l'esprit humain, s'il n'est réchauffé et illuminé de la céleste rosée de la grâce implorée par la prière, reste inapte â repousser les mouvements dépravés des passions, incapable de nourrir la foi et la charité, impuissant à réaliser ces ascensions sublimes par lesquelles on tend aux biens supérieurs. Encore qu'il suivît à la lettre l'avertissement divin selon lequel il faut toujours prier et ne point défaillir, en ne cessant d'élever son âme et de témoigner par la prière sa charité envers Dieu, saint Antoine, prévoyant sa mort prochaine, ne désirait rien tant, ne poursuivait rien tant que d'entretenir, loin des hommes et des choses contingentes, un commerce plus étroit avec Dieu et de s'y récréer.
On rapporte à ce propos que, comme il se trouvait alors dans un lieu sylvestre et silencieux, près du couvent de Camposanpiero, apercevant un arbre énorme et robuste, il exprima le souhait d'y voir construire une cellule suspendue, où il pourrait vaquer de toute son âme et de tout son esprit aux choses de Dieu et passer de la sorte, en toute sérénité, le temps qui lui restait à vivre.
Son vœu lut réalisé, et après avoir fait joyeusement l'ascension du petit nid ainsi préparé, il y mena quelque temps une vie plus angélique qu'humaine, tout adonné à la prière et à la contemplation, brûlant de l'amour divin, pressentant et commençant déjà sa béatitude éternelle.
Mais si saint Antoine se distingua, comme nous l'avons montré, par de telles vertus et do tels mérites, aucune note de sainteté ne fut pourtant chez lui plus éminente que le zèle et l'ardeur apostoliques qui le consumaient et qui, trouvant leur foyer dans la perfection intérieure de son àme, y puisaient aussi leur force et leur élan.
Dès les premières années de sa vie religieuse, comme il apprenait les gestes admirables des premiers martyrs franciscains qui, en portant le culte catholique aux nations barbares de la Mauritanie, avaient versé leur sang pour le nom du Christ, lui-même, cnllaminé du désir d'etre apôtre et martyr, sollicita avec insistance la permission de participer à ces saintes expéditions» d'annoncer et d'étendre le règne du Christ par son travail et, au besoin, par son sang.
Il l'obtint, mais en approchant des côtes d'Afrique la fièvre le saisit et sa santé languissante l'obligea à rentrer dans sa patrie. Mais le bateau, qui faisait voile vers le Portugal, poussé par un vent contraire, aborda en cette terre d'Italie que, par la volonté du ciel, le nouvel apôtre de la charité et le héraut de la parole divine allait parcourir et illuminer.
C'est surtout en terre italienne que sou courage et son ardeur se signalèrent et qu'il se dépensa en des travaux exténuants; mais ce fut aussi en de nombreuses provinces françaises.
D'ailleurs, sans faire acception de races ou de nationalités, Antoine embrassait d'un même zèle actif tous les hommes, que ce fussent ses compatriotes portugais, les Africains, les Italiens, les Français, tous ceux enfin qu'il voyait dans l'indigence de la vérité catholique.
Mais surtout il engagea contre les hérétiques, Albigeois, Cathares et Patarins, qui à cette époque faisaient d'énormes ravages et s'efforçaient d'éteindre la lumière de la vraie foi dans les âmes chrétiennes, une lutte si véhémente et si fructueuse qu'il mérita d'être appelé « le marteau des hérétiques ».
Cependant, si la sublime véhémence et la sévérité de son éloquence triomphaient des hérésies de tout genre et des mœurs dépravées, son cœur se faisait tout paternel pour tous les aveugles avides de lumière divine, pour les égarés cherchant le sentier de la vérité, pour « les enfants prodigues » souhaitant le pardon et l'étreinte du Père céleste.
Il ne recherchait, dans ses discours, ni la faveur populaire, ni la bienveillance des riches et des puissants, ni les applaudissements, ni la gloriole humaine; il ne se faisait pas gloire de sa doctrine et ne l'étalait pas à la façon des marchands; mais, avec le plus grand respect et le plus grand soin, il exposait cette divine science, qu'il avait puisée dans le fréquent commerce des Saintes Ecritures.
Dès lors, rien d'étonnant que le titre d' « Arche du Testament » lui a t été décerné, en signe d'honneur, par Notre prédécesseur Grégoire IX.
Rien d'étonnant qu'il ait ramené au bien un si grand nombre d'égarés et excité à la vertu, par sa parole et par son exemple, ceux chez qui la foi et la charité étaient en veilleuse. Encore qu'il dédaignât, Nous l'avons dit, la gloire et les applaudissements des hommes, il s'attachait tellement l'esprit de ses auditeurs que ceux-ci, en foule, l'écoutaient, oublieux du temps et de leurs occupations, et, touchés par ses discours, se prenaient de toutes leurs forces à honnir leurs crimes.
La renommée étonnante du prédicateur de l'Evangile se répandit dans toutes les directions. D'immenses multitudes accoururent en foule vers lui, non seulement des contrées voisines, mais aussi des villes et des villages très éloignés. Son auditoire était si vaste que sa voix, pourtant si ardente, parvenait à peine aux derniers rangs. Il fallait voir les soldats, au moins quelque temps, se défaire de leurs armes, les paysans quitter leurs champs, les commerçants leurs boutiques et les artisans leurs ateliers, pour aller l'entendre et ensuite, revenus chez eux, se sentir irrésistiblement attirés â la pratique d'une vie plus parfaite.
Dieu ne refusa pas à ce prédicateur apostolique les signes et les prodiges dont il se sert pour soutenir son Eglise, spécialement dans les temps difficiles, comme aussi pour sceller et confirmer divinement la doctrine et les œuvres de ses hérauts.
Par ces miracles, il plut â Dieu de convaincre souvent les hérétiques qui se dressaient contre la doctrine catholique et de ruiner leurs efforts, et aussi d'apaiser les conflits et les haines qui divisaient les cités.
C'est pourquoi Notre prédécesseur Grégoire IX, dans les Lettres décrétales par lesquelles il canonisait Antoine de Padoue, s'exprimait ainsi : «... Pour manifester miraculeusement sa puissance et procurer miséricordieusement notre salut (Dieu) honore souvent en ce monde ceux de ses serviteurs qu'il couronne toujours dans le ciel, faisant en leur souvenir des signes et des prodiges, pour confondre la malice des hérétiques, rassurer la foi des catholiques, exciter au bien les fidèles trop assoupis. Ainsi, les hérétiques, dégagés des ténèbres qui les aveuglaient, reviennent au droit chemin; les juifs et les païens, connaissant la vraie lumière, courent au Christ, qui est lumière, voie, vérité et vie. »
Que tout le monde ait donc les yeux fixés sur ce phare de sainteté dont se glorifie l'Eglise catholique! Que tous prennent modèle sur sa vie et sur ses vertus!
Que les jeunes gens, ceux surtout qui militent dans les rangs de l'Action catholique, apprennent de saint Antoine à se détourner des mirages du monde et à s'adonner avec piété et pureté de cœur à tout ce qui est noble et grand !
Que les ouvriers dos Missions apprennent de lui à ne pas se laisser vaincre par l'adversité ni éblouir par les succès, mais à être embrasés toujours d'une flamme apostolique!
Que les orateurs sacrés enfin apprennent à puiser leur science dans les Livres Saints et à se préparer au grave devoir de la prédication, en se conformant eux-mêmes aux préceptes et aux exemples de Jésus-Christ!
Surtout, Nous souhaitons que tous ceux qui ont embrassé la vie religieuse, et en premier lieu ceux qui appartiennent à la célèbre famille de l'Assisiate, ambitionnent, dans une sainte émulation, la laudes egregiaque promerita, nobili quadam conlentione, aemulentur.
gloire et les mérites extraordinaires de cet illustre Saint de la famille franciscaine.
Il ne Nous reste plus, Vénérable Frère, qu'à bien prier pour l'heureux accomplissement du programme des solennités religieuses que vous allez célébrer, en mettant en commun vos idées et vos efforts.
Nous éprouvons une particulière complaisance et Nous ne ménageons pas Nos encouragements à l'endroit des pieux et nombreux pèlerinages qui se proposent de venir au tombeau de saint Antoine cette année et l'année prochaine, comme aussi de la Journée missionnaire et de la Semaine sociale, qui se tiendront à Padoue au mois de septembre; enfin du Congrès eucharistique, qui marquera l'apothéose des solennités antoniennes.
Dieu fasse, par l'intercession et la protection de saint Antoine, que tout ce que Nous avons voulu rappeler à l'esprit des fidèles par cette Lettre à vous destinée, soit de la part de tous l'objet de méditations constantes, et soit mis activement en pratique!
Enfin, Vénérable Frère, comme gage des faveurs célestes et de Notre paternelle bienveillance, Nous vous donnons cordialement dans le Seigneur la Bénédiction apostolique, ainsi qu'à tous les vôtres,
ACTES DE S. PIE XI — VII
PIUS PP. XI.
à tous ceux qui participeront aux solennités de Padoue, à toute la bien-aimée famille du patriarche d'Assise, et spécialement aux gardiens dévoués de l'admirable basilique et des restes sacrés du saint thaumaturge.
Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 1 mars 1931, dixième année de Notre Pontificat.
PIE XI, PAPE.
MÉDAILLE DE LA SAINT-PIERRE EN 1 C)3 1 • (Œuvre de M l S T R U Z Z l. ) Le revers évoque l'inauguration de la station radiophonique de la Cité du Vatican par le message pontifical, On en lit la date en exergue, et en légende le texte suivant : Auribus percipite omnes qui habiiatis orbem.
CH1ROGRAPHUS
AD EUM P. D. ALFRIDUM ILDEFONSUM TIT.
SS. SILVESTRI ET MARTINI S. R. E. PRESB.
CARD. SCHUSTER, ARCHIEPISCOPI MEOIOLA-
NENSIUM : de Actione Catholica tuenda.
Source du texte : Bibliothèque Saint Libère
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