Lettres et allocutions (1925-1926) · Pie XI
Allocution consistoriale du 30 mars 1925
prononcée au Consistoire du 3o mars 1 9 2 5.
VÉNÉRABLES FRÈRES,
En tout temps Nous sommes heureux de vous voir réunis ici, mais aujourd'hui votre présence Nous est particulièrement agréable; car, avant de combler les vides dans votre Sacré-Collège, Nous avons à vous entretenir de certains faits qui Nous invitent à rendre, en cette assemblée, de très spéciales actions de grâces à Dieu, auteur de tout bien. Nous bannirons momentanément tous les sujets de tristesse : les principaux Nous viennent des persécutions qu'ont à subir les catholiques, que ce soit près de Nous ou dans des pays lointains.
C'est à Dieu seul que Nous devons une consolation qu'on pouvait à peine espérer au milieu des troubles qui se prolongent encore en certaines régions. Nous voulons parler des foules de pèlerins qui, des diocèses de l'Italie ou d'autres nations, même très éloignées, sont déjà accourues à Rome plus nombreuses chaque jour, ou sont annoncées comme devant se succéder sans interruption au cours de l'Année Sainte.
Nous ne devons pas, non plus, en qualité d'évêque de Rome, passer sous silence Nos fils les plus proches, qui, en cortèges englobant l'ensemble des fidèles des différentes paroisses, après s'être préparés à gagner l'indulgence jubilaire par l'assistance aux prédications dans leurs églises respectives, ont visité, plusieurs dimanches de suite, les basiliques patriarcales en récitant des prières et chantant des hymnes.
Parmi les pèlerins que Nous avons, jusqu'à ce jour, admis en Notre présence, auxquels Nous avons adressé des paroles dictées par Notre affection paternelle et à qui Nous avons distribué la sainte Communion, Nous avons été heureux de remarquer non seulement des personnes que leur situation ou leur fortune place aux premiers rangs de la société, mais encore une multitude de gens du peuple, de condition très modeste, dont la vue Nous a d'autant plus touché que le voyage leur avait occasionné de plus gros sacrifices pécuniaires et qu'ils le désiraient depuis plus longtemps. Nous adressons Nos félicitations à tous les pèlerins : leur attitude à Rome a été si recueillie et si fervente qu'ils ont vraiment été un sujet d'admiration pour le monde, les anges et les hommes.
Nous espérons, et c'est l'objet de Nos ardentes prières, que ceux qui se proposent de faire le pèlerinage de Rome, malgré la longueur du voyage par terre ou par mer, ne verront pas leur pieux dessein contrecarré par les événements politiques.
Un autre motif de joie très vive est le plein succès du projet d'une Exposition missionnaire que Nous vous avons annoncé en cette noble enceinte, et que Nous avons conçu en vue d'accroître les bienfaits de l'Année Sainte. Cette Exposition a dépassé toutes les espérances; car les visiteurs y affluent de plus en plus nombreux, se promettant d'en retirer le profit que Nous souhaitions. Nous renouvelons à ce sujet Nos sentiments de bienveillante gratitude aux religieux missionnaires, ainsi qu'à tous ceux qui ont contribué à la réalisation d'une si grandiose entreprise, soit qu'ils aient donné leurs conseils, soit qu'ils aient eu en cette œuvre un rôle principal ou secondaire. Non moins grande est Notre reconnaissance envers les gouvernements, qui ont facilité, assuré, et quelques-uns même effectué à leurs frais, l'expédition du matériel destiné à l'Exposition; également envers les Compagnies maritimes, les commandants de navires, sans oublier les humbles porteurs, gui ont travaillé avec tant d'ardeur, parfois même sans rémunération, au transport, quelquefois très long, d'une quantité si considérable d'objets.
Divers motifs, vous le savez, Vénérables Frères, et Nous vous l'avons déclaré à plusieurs reprises, Nous ont poussé à organiser cette Exposition. Nous Nous proposions — et pour Nous le résultat n'était pas douteux — de mettre en pleine lumière les bienfaits des missions et des hérauts de l'Evangile, qui ont été si utiles au genre humain en dissipant les ténèbres du paganisme et en civilisant les peuples; Nous voulions aussi faire affluer de toutes parts les secours les plus efficaces en faveur de la propagation de la foi, et enfin proposer un sublime idéal au cœur généreux des jeunes gens, à qui il pourrait inspirer la résolution de s'inscrire dans les rangs de la sainte milice chargée de porter aux infidèles la doctrine du Christ.
Mais, par-dessus tout, les objets réunis en cette Exposition offrent au visiteur qui sait réfléchir une démonstration de l'unité et de l'immortalité de l'Eglise catholique : celle-ci non seulement n'a jamais cessé, conformément à la mission qu'elle tient de son divin Fondateur, d'instruire toutes les nations, mais encore elle a enseigné et continue d'enseigner à tous les peuples une seule et même foi, conservée intacte sous la seule direction du Pontife romain. Il est, en effet, nécessaire que le nom de Jésus soit connu de toutes les nations, afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur la terre et dans les enfers; car il doit régner.
Les joies que nous venons de décrire nous permettent, en demeurant dans le même ordre d'idées, d'aborder un autre événement non moins réconfortant. Comme vous le savez, Vénérables Frères, il y a, cette année, seize cents ans que fut tenu le fameux Concile de Nicée, premier des Conciles œcuméniques, où plus de trois cents évêques d'Orient vengèrent la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ des assertions impies proférées par les hérétiques, et délivrèrent en même temps l'Eglise de toute superstition païenne, sous la présidence d'Osius, évêque de Cordoue, ainsi que de Vite et Vincent, prêtres romains, légats du Siège Apostolique, qui, au nom et de par l'autorité du Pape Sylvestre, signèrent avant tous les autres Pères les actes et décrets de l'Assemblée. Aussi, exécutant un projet que Nous méditions depuis longtemps, Nous voulons et ordonnons qu'un événement d'une si haute importance et si digne d'être célébré dans tout l'univers catholique soit commémoré comme il convient, principalement à Rome. Et c'est avec raison, car seul le Siège Apostolique, qui donna aux très sages décrets du Concile la consécration de son autorité souveraine, fut, pour les chrétiens de tout l'Orient, un appui inébranlable et un défenseur invincible de leur foi. Nous adresserons prochainement au cardinal secrétaire de la Sacrée Congrégation pour l'Eglise orientale Nos instructions relatives à la célébration de ce centenaire. En attendant, Nous Nous réjouissons que ces fêtes viennent pour ainsi dire couronner celles qui furent célébrées vers la fin de l'année dernière à l'occasion du XVI centenaire de la première dédicace de la basilique du Latran, événement qui, Nous l'avons déjà dit, symbolisait le triomphe officiel du Christ Sauveur sur le paganisme et l'heureuse conversion de la ville de Rome au christianisme.
Des considérations que Nous venons de vous exposer, Vénérables Frères, il résulte clairement que toute gloire de l'Eglise rejaillit sur le Christ Sauveur. Et voici que le jour prochain, où, s'il plaît à Dieu, des hommes et des femmes qui menèrent une vie très pure seront élevés sur les autels, apportera une gloire nouvelle au Christ, fondateur de l'Eglise, et à l'Eglise elle-même. Et, sans nul doute, grâce à leur patronage, le Seigneur très miséricordieux, après avoir multiplié les intercesseurs, accordera libéralement ses dons de paix et d'unité en telle abondance qu'enfin, un jour, tous les peuples jouiront de la tranquillité, et tous ceux qui s'en seraient écartés reviendront se réfugier dans le sein de l'Eglise leur Mère.
Et maintenant, Nous allons adjoindre à votre Sacré-Collège deux illustres évêques du clergé espagnol, qui, par leur zèle dans l'administration de leurs diocèses, se sont spécialement signalés à l'attention de Nos prédécesseurs et à la Nôtre.
Ce sont :
E U S T A C H E I L U N D A I N Y E S T E B A N, archevêque de Séville;
VINCENTIUS Archiepiscopus Granatensis.
CASANOVA Y MARZOL,
Quid vobis videtur ?
Ilaque auctoritate Dei omnipotentis, beatorum Aposlolorum PeU*i et Pauli ac Nostra creamus et renunliamus Sanctae Romanae Ecclesiae
PRESBYTEROS CARDINALES EOSTACHIUM ILUNDAIN Y ESTEBAN, VIN CENT I ™ CASANOVA Y MARZOL.
Cum dispensationibus, derogationibus et clausulis necessariis et opportunis. In Nomine Patris et Fi ^ lii et Spiritus jjc Sancti. Amen.
VINCENT CASANOVA Y MARZOL, archevêque de Grenade.
Que vous en semble?
C'est pourquoi, en vertu de l'autorité de Dieu Tout-Puissant, des bienheureux apôtres Pierre et Paul, et en vertu de Notre propre autorité, Nous créons et proclamons de la Sainte Eglise Romaine
CARDINAUX PRÊTRES EUSTACHE ILUNDAIN Y ESTEBÀN; VINCENT CASANOVA Y MARZOL.
Avec les dispenses, dérogations et clauses nécessaires et opportunes. Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Ainsi soit-il.
EPISTOLA
AD EMUM P. D. IOANNEM, TITULO S. MARIAE T R A N S TIBER1M, S. R. E. PRESB. CARD. TACCI, SACRI CONSILII PRO ECCLESIA ORIENTALI SECRETARIUM :
De apparandis solemnibus in sextum dedmum plenum saeculum a concilio Nicaeno.
Source du texte : Bibliothèque Saint Libère
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