Léon XIV, pape augustinien · Lire saint Augustin →

    Lettres et allocutions (1924) · Pie XI

    Lettre à M. le baron Louis de Pastor, à l'occasion de ses soixante-dix ans

    LE MINENT M. LE BARON LOUIS DE PASTOR, AMBASSADEUR EXTRAORDINAIRE DE LA REPUBLIQUE AUTRl*

    CHIENNE PRÈS LE SAINT-SIEGE ; à l'occasion de ses soixante-dix ans.

    CHER FILS, SALUT ET BÉNÉDICTION APOSTOLIQUE,

    Lorsque, à la fin de ce mois, dans la plénitude de vos facultés physiques et morales vous célébrerez le soixante-dixième anniversaire de votre naissance, vos élèves et vos confrères de jadis à l'Université à'Innsbrurk — Nous avons appris récemment leurs projets — vous fêteront, de concert avec tous ceux dont vous avez conquis l'affection et l'admiration, par des témoignages très particuliers de respect et de joie. Dans cet hommage, destiné à rappeler vos mérites, serait-il convenable que le Pontife romain, que Nous-même, qui jugeons à un si haut prix et votre personne et vos travaux, qui sommes lié à vous par des relations déjà anciennes. Nous gardions le silence ou Nous Nous laissions devancer par d'autres?

    A tous ceux, quels qu'ils soient, qui suivirent jadis durant de nombreuses années votre enseignement dans la célèbre Université, il appartient de vanter votre connaissance profonde du passé alliée à la finesse, à l'acuité du jugement et à un incorruptible amour de la Vérité. A eux aussi de s'estimer très heureux d'avoir, sous votre direction, puisé le même goût de l'étude et les mêmes méthodes de recherche et de critique, et de s'en être pour ainsi dire imprégnés.

    De son côté, le Siège apostolique profite de la circonstance qui lui est offerte pour adresser par Notre intermédiaire un éloge public à l'Histoire des Pontifes romains, le principal de vos écrits et un ouvrage de tous points parfait. Il exalte cette œuvre comme si elle relevait de sa juridiction, comme un travail couvé dans son sein; n'est-ce pas à votre intention que Notre prédécesseur d'immortelle mémoire, Léon XIII, ordonna pour la première fois d'ouvrir les Archives, d'où furent mis à jour les innombrables documents qui sont la parure de votre histoire?

    Et vous, Notre cher Fils, vous avez apporté à une si grande entreprise une telle pénétration d'esprit, de telles ressources d'excellente doctrine, que personne peut-être ne s'est jamais trouvé pareillement disposé et préparé à une tâche de ce genre. En effet, dans les volumes qui, l'un après l'autre, ont paru jusqu'à ce jour, non seulement toutes vos affirmations, même les plus minimes s'appuient sur l'autorité des textes et la confiance qu'on leur doit, mais, par une investigation jamais en défaut et toujours sûre des causes et des conséquences, \ c u s démêlez jusqu'au fond tous les événements, et, s'il subsiste quelque doute ou quelque point controversé, vous levez les difficultés par des interprétations judicieuses et pénétrantes. A vous voir embrasser si merveilleusement dans vos exposés les caractères particuliers et caractéristiques de chaque époque, ne dirait-on pas que vous peignez des chefs-d'œuvre d'exactitude et d'art? Comme en outre une clarté souveraine du style et de la phrase rehausse l'exposition des faits, il en résulte une telle perfection qu'elle entraîne et ravit d'admiration l'esprit des lecteurs et des érudits.

    Nous n'ignorons pas davantage l'immensité des matériaux qui vous parviennent d'ailleurs, de presque toutes les bibliothèques et archives de l'Europe. Chaque jour ils augmentent, et de même augmentent au delà de votre attente les volumes que vous avez à écrire.

    Quel autre vœu pourrions-Nous formuler à votre intention en ce jour favorable, cher Fils, si ce n'est que Celui dont Nous sommes le Vicaire prolonge votre vie le plus longtemps possible, affermisse vos énergies physiques et intellectuelles, bien mieux, qu'il les accroisse toujours davantage pour que le pouvoir et le temps de mener votre œuvre à bonne lin ne vous fasse point défaut? Cette œuvre, à mesure qu'elle progresse, par la vérité de ses découvertes, met en lumière et fait mieux resplendir la vertu divine de l'Eglise. Poursuivez donc, avec votre invincible ardeur coutumière, la tâche, très lourde à achever, mais très utile, que vous avez entreprise : pour elle ne manqueront pas Nos approbations ni celles de tous les gens de bien ; elle vous méritera la récompense des grâces célestes.

    En gage de ces faveurs et en témoignage de Notre paternelle bienveillance, Nous vous accordons, cher Fils, Très affectueusement la Bénédiction Apostolique.

    Donné à Rome, près de Saint-Pierre, le 8 janvier 1924, de Notre Pontificat la deuxième année.

    PIE XI, PAPE,

    EPISTOLA

    A D P E R I L L U S T R E M VIRUM L U D O V I C U M V I C E C O M I T E M D'HENDENCOUR, PRAESIDEM G E N E R A L E M SOGIE-

    TATIS VINCENTIANAE : de eiusdem sodalitii incrementis.

    Source du texte : Bibliothèque Saint Libère

    Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.

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