Lettres et allocutions (1908-1910) · Saint Pie X
Lettre à M. le comte Medolago Albani (22 novembre 1909)
président de I a Union economico-sociale » d'Italie. [22 novembre 1909. ]
ILLUSTRE MONSIEUR LE COMTE,
On a lu ici et médité le nouveau statut pour la Fédération des Unions et des Ligues professionnelles. Bien que Nous soyons intimement persuadé que les partisans de cette modification sont animés d'excellents sentiments, il est pourtant absolument impossible de l'accepter et encore moins de l'approuver. D'abord, en effet, les raisons alléguées dans le mémoire Nous convainquent qu'on ne pourra pas ainsi obtenir la fin visée de rendre le statut pratiquement acceptable pour les catholiques incertains et qui font les délicats, non plus que d'avoir pour la Fédération une représentation auprès du Gouvernement. En outre, il n'est ni loyal ni digne de dissimuler, en la couvrant d'un drapeau équivoque, sa qualité de catholique comme si c'était une marchandise avariée et de contrebande. De plus, avec l'idée de « justice chrétienne », très large et dangereuse, on ne sait jamais à quel point on pourrait arriver pour l'esprit des Ligues qui adhéreraient et, par conséquent, pour les personnes qui pourraient être portées par les élections à la direction.
Que l'Unioifaéconomico-sociale déploie donc courageusement le drapeau catholique et s'en tienne fermement au statut approuvé le 20 mars dernier. Pourra-t-on obtenir ainsi le but de la Fédération? Nous en remercierons le Seigneur. Notre désir sera-t-il vain? Il restera toujours les Unions partielles, mais catholiques, qui conserveront l'esprit de Jésus-Christ, et le Seigneur ne manquera pas de nous bénir.
. Ayez la bonté, Monsieur le Comte, de transmettre cette décision à Messieurs les membres de la Commission, auxquels, comme à vous, j'accorde de tout cœur la bénédiction apostolique,
PIE X, PAPE. [Traduit du texte italien -publié par VOsservatore Romano du 8 décembre 1909.]
Source du texte : Bibliothèque Saint Libère
Texte non relu : il vient de la numérisation d'une édition ancienne, des fautes de lecture peuvent subsister.